On chasse le naturel et il revient au galop

La revue de presse Dounia News n’a pas certainement pas disparue. Après plusieurs semaines d’absence imposées par des circonstances aléatoires, elle est définitivement de retour. Après un combat acharné contre un virus inconnu et terrible, le PC après avoir souffert et moi avec, a été complètement nettoyé, moi complètement lessivé,  et c’est la revue de presse Dounia News qui a pris le dessus et est sortie victorieuse de ce combat virtuel.

Première conséquence de cette expérience, la revue de presse devient une revue hebdomadaire. Elle sortira tous les lundis matin. Fidèle à son engagement, elle privilégiera comme d’habitude les dossiers des droits de l’homme, les relations Euro-Maghreb, la société civile, la promotion de la communication entre les deux rives de la méditerranée. Le second changement consiste à l’amélioration de certaines rubriques adaptées à la nouvelle mouture.

Pendant que les scandales financiers continuent à émerger que ce soit à Nador ou à Casablanca et que les négociations sans fin euro-marocaines sur la pêche stagnent, un second Forum Parlementaire Euro-Méditerranéen à eu lieu à Bruxelles le jeudi 8 et le vendredi 9 février 2001. Le Forum a été co-présidé par le président de la Chambre des Représentants, M. Abdelouahed Radi, et Mme Nicole Fontaine, Présidente du Parlement Européen.

Ce Forum est constitué par les parlementaires des pays méditerranéens associés au Processus de Barcelone et les parlements des Etats membres de l’Union européenne ainsi que le Parlement européen.

Presque tous les intervenants se sont retrouvés pour dire que le processus de Barcelone n’a pas donné le résultat tant escompté de part et d’autre de la méditerranée. Les pays du Sud craignent à forte raison que l’Europe ne donne plus d’importance aux relations avec les pays l’Est en minimisant le rôle des relations avec les pays de la méditerranée.

La méditerranée, la mare nostrum, qui devait avoir comme vocation d’être le havre de paix, de prospérité et de fraternité, une mer de promotion de la tolérance et de la solidarité entre le peuple est devenue un tunnel sans fin. Malheureusement, l’Europe sécuritaire a réduit le rôle politique et économique du bassin méditerranéen à son strict minimum. Le bassin méditerranéen est devenu une poubelle de déchets nucléaire traversé quotidiennement par les patéras de la mort. Les cadavres de malheureux aventuriers, sont repêchés tous les jours par la guardia civil.

Mur de Berlin

Depuis la tombée du mur de Berlin, d’autres murs ont été construit par les mêmes politiciens. Des murs plus hauts, plus vastes et plus sophistiqués pour se défendre du déferlement des cohortes des pays du sud de la Méditerranée avec qui on s’est réuni à Bruxelles. Depuis le lancement du processus de Barcelone en 1995 les bonnes intentions des Européens sont restées au niveau des intentions et les attentes de partenaires du Sud sont toujours en attente.

Dans son allocution, la Présidente du Parlement Européen, Mme Nicole Fontaine n’a pas caché que le chemin parcouru par le processus a été très difficile. Elle a dit entre autre « .. les résultats ne paraissent pas à la hauteur des espérances ». Plus tard elle donnera plus de détails sur les critiques formulés à l’égard de la mise en oeuvre pratique du processus de Barcelone. Elle a dit entre autre « En second lieu, l’instrument précieux que constituent les accords d’association a connu des lenteurs .. ». « En outre, l’application du programme MEDA a été affecté par la complexité des procédures … »

Dans son discours, Monsieur Abdewahad Radi a pratiquement confirmé les dires de Mme Fontaine. J’ai retenu deux phrases qui résument à elles seules toute la déception des pays du sud. « Les relations entre bon nombre de pays dans la région sont caractérisées par la méfiance, voire la peur, au lieu de la tranquillité et l’espérance. Le fossé ne cesse de se creuser entre le Nord et le Sud et la prospérité reste la chose la moins bien partagée. » Fin de citation.

La délégation tunisienne s’est fâchée après l’intervention de l’Euro-parlementaire Boujnah. C’est une intervention dans les affaires intérieures tunisiennes et c’est inadmissible de parler de la situation des droits de l’homme en Tunisie. Une autre remarque pertinente concernait toutes les délégations du Sud et attirait leur attention sur le fait qu’il n’y avait pas beaucoup de femmes. Silence.

Mr Obiols a fait remarquer qu’après quarante ans d’indépendance il n’y avait que huit années durant que les frontières entre le Maroc et l’Algérie étaient ouvertes. Pas de réactions. En tout cas c’est le conflit du Moyen Orient et de la crise Israélo-Palestinienne qui a attiré le plus d’attention de la part des intervenants. Toutes les délégations arabes ont dénoncé l’intransigeance israélienne dans la poursuite de la violence dans les territoires occupés. Les Européens étaient plus nuancés dans leurs discours.

Il y a eu beaucoup d’intervenants et interventions. Les discours étaient tous différents mais disaient pratiquement la même chose, chacun parlait pour soi ou au nom de son parti ou de son gouvernement. Finalement, dans le dialogue Nord Sud il y avait en fait peu de dialogue mais beaucoup de monologues.

Au même moment, les Américains font le charme au Maroc. Une manne financière de 3,5 millions de DH pour le traitement de déchets à Casablanca et 2,5 millions à un projet de génération de l’électricité à Jorf Lasfar ont été alloué comme appui américain à des projets d’infrastructure.

Pendant que les parlementaires européens et sud-méditerranéens se réunissent à Bruxelles, de milliers de personnes manifestent à Madrid contre une loi inhumaine voulant créer une discrimination flagrante contre la communauté migrante vivant en Espagne.

En fin de compte, la déclaration finale a été présentée de telle sorte que tout le monde y trouve satisfaction. Le troisième Forum Parlementaire Euro-Méditerranéen aura lieu sans doute en Italie.

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 12 février 2001

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