Guichet unique ou guichet de dernière chance

Le « guichet unique » est une très ancienne revendication des Marocains de l’Etranger. Depuis plus de trente ans que nous revendiquons un guichet unique. Malheureusement nous n’avons jamais été ni entendu ni compris des décennies durant par les différents gouvernements successifs. Le guichet unique est une revendication légitime et démocratique. Elle est née après les multiples péripéties et plaintes vécues par nos concitoyens à cause de la lenteur et de la lourdeur des démarches administratives. Cette revendication s’est heurtée à un « Niet » catégorique de la part d’une administration jalouse de ses privilèges et ses prérogatives. 

La bureaucratie, les interventionnismes et la corruption n’ont fait que créer des obstacles insurmontables en entravant l’investissement. Le petit investisseur marocain qui voulait investir son argent pour assurer son retour définitif ou pour faire vivre sa famille a connu des années durant l es formalités bidons, les démarches compliquées, le bakchich, les pressions diverses, des textes juridiques incompréhensibles, détournements de fonds, décisions arbitraires et autres obstacles. 

Aujourd’hui, le Maroc prétend avoir tourné une page. Malheureusement, on ne voit pas d’amélioration dans ce domaine, au contraire, tout est encore immuable. La corruption gangrène encore l’économie marocaine et aggrave les conditions d’octroi des différentes autorisations nécessaire pour édifier une entreprise. Au lieu des discours nous avons besoin d’actes. Des actes une fois pour toutes, capables de simplifier et de faciliter les démarche, harmoniser les textes juridiques, écourter les délais d’attente. Créer une entreprise au Maroc n’est pas à la portée d’un Marocain de l’étranger. Il faut être malin et intelligent, sournois et hypocrite, menteur et téméraire, juriste et économiste, malhonnête et maffiosi. Peu de Marocains de l’Etranger ont réussi l’examen de passage. Inscription au Registre de Commerce, enregistrement au greffe, numéro d’identification fiscale, affiliation à la CNSS, à la patente, formulaire de la commune, certificat de la province, attestation du Ministère, formulaire des départements divers, copie certifiée conformes des documents, documents en double et triple exemplaire, et entre temps bakchich à gauche et bakchich à droite et tracasseries douanières, inspection de santé, inspection de l’agent de quartier, du policier de service et du gendarme en civil. 

Jusqu’à maintenant le Marocain de l’Etranger qui veut investir dans son pays ne connaît pas ses droits en matière d’avantages légaux accordés à l’investisseur. Les aides de l’Etat, de la Province, de l’UE, les possibilités de crédits avantageux etc. Il a toujours opéré à l’aveuglette, sans accompagnement et en même temps en luttant contre un ennemi redoutable qu’est l’administration.

Cher pays bien aimé, avec ou sans guichet, nous estimons avoir le droit et le devoir de participer à l’édification d’un Maroc nouveau. Un pays de droit, de démocratie et de liberté, un pays de joie et de bonnheur. Pleure oh pays bien aimé. Tu réfutes tous ceux qui t’aiment et t’adorent et tu chérisses tous ceux qui te haïssent et t’exploitent. Tu dois savoir que le mal du pays est notre pain quotidien et que notre compagnon fidèle est notre nostalgie. Oui nous sommes parti, mais nous ne t’avons jamais quitté. Malgré la distance qui nous sépare, ton image est restée gravée à jamais dans notre esprit. Nous t’avons toujours porté dans la meilleure place de notre coeur. Pourquoi alors, tu nous le fais regretter à chaque fois que nous voulons te rendre visite et que nous voulons te toucher avec affection. Pays mon bien aimé, quand est-ce que tu vas comprendre que nous sommes aussi tes enfants et que nous attendons avec impatience notre petite part de ton amour et de ta tendresse.

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 17 février 2002

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