Intégration accueil l’amalgame perpétuel

Le débat au sujet de l’intégration des immigrés est lancé depuis les années soixante. Les pays européens, chacun pour soit ont développé une certaine politique pour intégrer leurs populations fraîchement installées. Souvent, la politique de l’immigration signifiait tout simplement, l’absence totale de toute politique de l’immigration.

Au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes de la société, on parle souvent du « problème » que pose l’immigration. Au lieu de parler de la carence des autorités publiques et des responsables politiques on préféré culpabiliser les migrants. Les pays européens ont fait un appel massif aux travailleurs maghrébins mais n’ont rien prévu pour les accueillir convenablement et n’ont encore rien fait pour sensibiliser l’opinion publique autochtone.

En fuyant la réalité et leurs responsabilités, les gouvernements respectifs ont laissé le champ libre aux mouvements racistes, xénophobes et fascisants. Dans les pays à forte densité de travailleurs migrants, ces mouvements fascisants ont trouvé le cheval de bataille pour faire passer facilement leur message aux populations européennes qui eux côtoient quotidiennement les migrants. Ils ont pu vendre avec une facilité déconcertante leur idéologie raciste et xénophobe à une frange faible de la population qui se sent menacée dans son travail et dans son logement. Une frange de la population délaissée par les partis politiques, par les syndicats et par les autorités locales.

Pim Fortuyn le populiste, Philp De Winter le démagogue, Le Pen Jean(ne) d’Arc, et d’autres extrémistes de droite ont pris slogan principal la lutte contre l’immigration dosée par la préférence nationale et ethnique. Ils n’ont pas eu beaucoup de difficultés à puiser dans masse d’une population déçue et complètement délaissé par les politiciens.

Culpabiliser les migrants de tous les maux des phénomènes modernes des grandes cités et des grandes villes est à la portée de chaque raciste et xénophobe. L’aggravation de l’insécurité et de la délinquance, le car-jacking et les crises internationales interminables font le jeu des réactionnaires et des portes paroles de la haine comme les personnages citées ci-haut.

Isolement, formation des ghettos, manque de réhabilitation des quartiers délabrés, crise économique, chômage, climat de méfiance, manque de communication inter-communautaire, n’ont fait qu’agrandir le gouffre entre les différentes communautés qui partagent les mêmes problèmes de logement et de l’emploi.

L’intégration des migrants est remise en cause perpétuellement d’un côté par la venue de migrants fuyant leurs pays pour plusieurs raisons et de l’autre côté en faisant le lien entre l’augmentation de la délinquance, l’afflux d’immigrants clandestins, le terrorisme, les islamistes et le banditisme. Les premiers victimes de cet amalgame et de cette propagande simpliste, xénophobe et raciste sont les jeunes européens, d’origine migrante qui sont déjà de la troisième voir quatrième génération.
En conclusion, je pose la question suivante, comment peut-on parler d’intégration ou quoi que ce soit concernant les migrants ou ceux issus de l’immigration sans faire participer les intéressés ?. Quant est ce que les Européens se rendront ils compte qu’on ne peut ni intégrer ni désintégrer une communauté en créant seulement des textes de loi et en engageant une armée d’intégrateurs sans pour autant demander l’avis du public cible.

Notre apport au bien être est immense, notre contribution à l’économie européenne a été maintes fois prouvée. Aujourd’hui nous disons à haute voix, ‘nous avons assez d’ingurgiter des palabres des promesses et des discours. Aujourd’hui nous attendons des actes. des actes concrets de la part de nos amis Européens champions de la défense des principes fondamentaux des droits de l’homme, de la démocratie et de la justice. Aujourd’hui nous exigeons des mesures concrètes pour nous reconnaître comme partenaires à part entière et en tant que citoyens européens à part entière. Nous vous demandons l’application (et la réforme) immédiate des lois et des mesures strictes contre le racisme, la xénophobie, la discrimination raciale et l’appel à la haine.

Je lance un appel solennel aux socialistes, aux chrétiens démocrates, aux libéraux, aux verts et à tous les partis politiques démocratiques de cesser de nous considérer comme un « problème ». Chers amis démocrates, nous ne sommes pas un « problème », nous avons des problèmes. Chers amis, nous ne sommes pas une « menace », nous sommes menacés.

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 26 mai 2002

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