Des élections presque parfaites

Le Maroc a mis presque 50 ans de gestation avant de commencer à se démocratiser. Les élections du 27 septembre ont démontré au Monde entier qu’un pays en voie de développement et par surcroît pays arabe, africain et musulman, peut aussi avoir les moyens et la volonté de faire partie du club des pays démocratiques.

La démocratisation du régime, de son administration et de son Parlement sont des gages solides et des conditions nécessaires pour pouvoir faire décoller son économie. Le Maroc possède actuellement tous les ingrédients pour réussir à se démocratiser en tournant définitivement le dos aux années de plomb.

Nous, Marocains de l’Etranger, nous pouvons être fiers de ce tournant historique. Seulement, nous regrettons infiniment de ne pas avoir eu la possibilité de participer activement à un événement aussi important dans l’histoire de notre patrie. Si les Marocains de l’Intérieur ont toujours lutté pour la démocratie et la liberté, les Marocains de l’Extérieur n’ont pas failli à leur devoir, ont aussi  contribué  largement,  politiquement et économiquement.

Le tord à notre égard a été encore une fois consommé, et ça c’est un fait.

Par contre, le Maroc est devenu aujourd’hui, par le truchement des élections législatives, un pays de droit et un pays en voie de démocratisation. Malheureusement, ce processus de démocratisation a écarté une partie de sa population d’un droit inaliénable qu’est le droit de vote et d’éligibilité que notre constitution garantit à chaque citoyen marocain.

Le manque de respect, de reconnaissance et de confiance envers nous est un fait indéniable.

Notre attachement à notre pays nous défend d’être rancunier. A cause des multiples déceptions, à l’avenir nous allons être très vigilants et surtout très critiques envers l’équipe gouvernante. Enfin, maintenant que le mal est fait et, à défaut de participer aux élections, nous exigeons du nouveau gouvernement marocain de nous faire participer à la construction de notre pays et, à relever ensemble tous les défis et tous les obstacles pour un meilleur bien-être de tous les citoyens marocains et, pour combattre l’analphabétisme, le chômage et la pauvreté et enfin, pour la mise à niveau de l’économie nationale.

L’histoire de l’immigration marocaine a connue la période des années de plomb et la période des années de l’alternance. Souhaitons que la période des années de transparence ne va pas nous occulter, nous oublier et nous écarter complètement. Les deux premières périodes reconnaissaient notre marocanité une fois par an, seulement et uniquement pendant les deux mois de vacances. Le reste de l’année ce sont les banques marocaines de l’étranger qui sont les plus représentatifs de notre communauté. Notre combat continue, pour le meilleur et pour le pire.

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 13 octobre 2002

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