Feuille de route, oui mais …

Tout le monde a accepté la “feuille de route” du “Quartette” avec un « oui mais ». Les Palestiniens qui n’ont plus rien à perdre ont annoncé qu’ils l’acceptaient, mais qu’elle soit strictement appliquée sans modification. Sharon a obtenu de son gouvernement une acceptation mais à condition qu’on tienne compte des “préoccupations” d’Israël.

Pour sa part, l’administration américaine pour des raisons géo-stratégo-politiques a promis de tenir compte de tous les « mais » parsemés dans la route de la paix sans pour autant modifier la feuille. M. Bush, comme ses prédécesseurs, pour des raisons de consommation domestique veut ménager et le choux et la chèvre.

C’est, finalement, comme les feuilletons interminables américains, chaque fois il y a des nouveaux artistes qui entrent en scène malheureusement on ne voit jamais la fin du tunnel. Dans notre cas concernant la Palestine nous ne sommes ni dupes ni amnésiques nous sommes devenus méfiants et très vigilants à cause des multiples déceptions mais nous gardons toujours une lueur d’espoir.

Depuis 1947 le Moyen Orient n’a jamais connu une situation pareille. En colonisant l’Irak, les Etats Unis se trouvent militairement et en masse au cœur du monde arabe. Ce n’est pas une base militaire comme ailleurs mais ils sont désormais maîtres des lieux politiquement et militairement. Ils sont une puissance étrangère qui domine gouverne et décide par la force de l’avenir de tout un peuple et veulent par dessus le marché contrôler et exploiter toute la région y compris ses richesses naturelles.

Pour mieux dominer le Moyen Orient, le problème palestinien parait comme un handicap de taille qu’il faut régler coûte que coûte avant de savourer les délices d’une victoire militaro-politico-économique pas seulement sur l’Irak mais sur le monde tout entier. Et c’est ainsi que petit à petit, Bush s’engouffre dans le bourbier israelo-palestino-arabe.

Ni la visite éclaire de Colin Powel ni la présence de Bush à Charm-El-Cheikh ou à Akaba n’ont pu convaincre les Arabes de donner un chèque en blanc à l’administration américaine pour mettre en œuvre la fameuse feuille de route malgré les bonnes paroles d’espoir des uns et des autres. Les dirigeants arabes fréquentables ont admis du bout des lèvres – pression américaine oblige – la formulation américaine concernant la lutte contre le terrorisme en faisant abstraction aux droits légitimes du peuple palestinien de défendre ses droits et ont oublié de faire mention aux centaines de colonies juives qui enveniment quotidiennement la vie des palestiniens.

Tout le monde sait que, au moment des élections aux USA, la Palestine sera les derniers des soucis d’un Président occupé pleinement à mobiliser des électeurs américains en vue d’un second mandat. Et, c’est devenu une tradition aux USA à travers les élections les lobbies pro-sionistes ont acquis un savoir faire satanique de monnayer chèrement leur soutien politique.
Mais, une autre tradition historique des USA nous rappelle que, s’ils n’arrivent pas à régler le problème pacifiquement à leur convenance, ils imposeront la pax americana (feuille de route) par l’emploi d’une force brutale incomparable en utilisant les moyens écrasants d’une armée qui possède le budget de guerre le plus gigantesque du monde à savoir 400 milliards de dollars.

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 15 juin 2003

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