La plénitude de notre rôle dans la société

La communauté marocaine en Belgique est subdivisée en multitudes de petites associations et organisations très variées, disparates et hétérogènes. Ces minuscules associations ont attiré une multitude de personnes qui se sont regroupé souvent par hasard, sans affinité et généralement aux intérêts complètement contradictoires voir opposés.

La plus part de ces organisations sont devenues des asbl donc avec une structure hiérarchisée. Leur mission principale est de ce fait de défendre les intérêts matériels et moraux de ses adhérents. Au lieu de s’arrêter à leur mission principale, certaines associations ont la prétention de défendre les intérêts de toute la communauté marocaine de Belgique. D’autres associations encore plus prétentieuses osent proclamer sans gêne représenter la communauté marocaine de Belgique.

Une chose est certaine, à part une seule organisation créée par les autorités marocaines et qui est totalement domestiquée et asservie, les organisations marocaines de Belgique sont autonomes et indépendantes vis-à-vis de ceux qui détiennent les pouvoirs politique et économique, c’est-à-dire l’Etat, les partis politiques et le patronat. L’émiettement, l’éparpillement et le fractionnement multidisciplinaire et multirégionalistes prouve qu’il n’y a aucune dépendance mais une totale liberté par rapport aux institutions officielles belges et au Makhzen.

Par contre, les intérêts particuliers de certains individus sans scrupules sont diamétralement opposés aux intérêts des autres membres. Les discussions interminables, les différents coups fourrés, la manipulation à outrance et finalement le non respect des statuts et de ses objectifs a amoindri considérablement le rôle de l’organisation dans la société et l’a rendu complètement stérile.

Contradiction flagrante avec la réalité, au lieu de devenir un champ d’apprentissage et contribuer au processus démocratique c’est à dire permettre au Marocain adhérent de participer et de militer pleinement afin de s’épanouir et se développer dans une ambiance d’indépendance et de liberté d’expression lui permettant de défendre ses intérêts ses droits et ses acquis dans la joie et l’espérance, nos associations sont devenues un champ d’affrontement et de luttes intestinales dans la confusion la plus totale, provocant désillusion et déceptions.

Pas seulement le Maroc traverse actuellement une phase cruciale de son histoire, le monde entier est en plein bouleversement et la Belgique n’échappe pas à ce phénomène. La vie associative marocaine n’échappe pas à ce phénomène. En tant que militant associatif de terrain engagé depuis longtemps dans la lutte sociale éducative et syndicale je reste encore convaincu que nos diverses associations et organisations malgré tout ont encore un rôle à jouer dans la société belge. Les occasions et les événements ne manquent pas.

Nous devons doubler notre vigilance tout en restant attentif et ne pas hésiter à se dresser s’il le faut avec d’autres militants de la société civile et ce, afin de défendre les grands idéaux de liberté et de démocratie surtout à l’intérieur de nos associations contre les apprentis dictateurs et contre les éléments improductifs qui ne défendent que leurs intérêts personnels et contre les gourous qui veulent nous téléguider et contre ceux qui se prennent pour des Dalaï Lama des Marocains de l’étranger et veulent nous imposer leur manière rétrograde de voir les choses et nous enfermer dans des carcans.

Il ne faut surtout pas se recroqueviller sur soi et s’enfermer dans une sorte de «tour d’ivoire» au contraire dans une société en pleine évolution il faut nouer des contacts et multiplier des rapports avec la vie associative dans un esprit de respect mutuel en favorisant la solidarité, l’entraide et le travail collectif principalement au niveau de la commune ou de la ville en s’accaparant de la plénitude de notre rôle dans la société.

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 29 juin 2003

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