L’absence politique

« Nous voulons, nous souhaitons et nous oeuvrons pour un Maroc Etat de Droit, avec, liberté d’expression et de presse, liberté de manifester pacifiquement, liberté de grève, respect des droits fondamentaux de l’homme, de la femme et de l’enfant, respect de la dignité humaine de tout un chacun et en particulier des immigrés subsahariens ».
Abdeslam Sarie dans l’édito du 609 de l’édition de Dounia News. 

En effet ! Nous souhaitons voir et vivre un Maroc Etat de Droit ; du moins le préparer pour nos enfants. Mais comment œuvrer ? 

Je vis au Maroc, je vois et je constate, avec frustration et, parfois, avec amertume, que les actions entreprises ne répondent nullement à la réalité du terrain. Les partis politiques, soit dorment profondément, soit font de la figuration en usant, pour le scénario, d’un langage dit progressiste, moderniste et militant – mise à part l’exception du PJD dont le programme reste très flou et incertain, mais qui est le seul parti à marquer une présence sur le t errain – soit font de la complaisance moyennant divers profits. 

Ben Barka

 

Les masses, les concernés, ceux pour qui ce remue-ménage est fait, le peuple est presque totalement absent à l’œuvre ; pas uniquement parce que le Makhzen le lui défend, l’intimide ou le terrorise, mais, aussi, parce que les partis politiques – enfin appelons-les ainsi – marginalisent ce peuple et se paient sa tête lors des campagnes et lors des élections. Comment peut-on prétendre à un Maroc Etat de Droit sans la participation du peuple ? L’élitisme tue le poussin dans l’œuf. 

La démocratie, la transparence, la dignité de l’humain, le combat de la corruption et du clientélisme, la sensibilisation de la Marocaine et du Marocain à la notion de la citoyenneté, la politisation ou l’éducation politique et syndicale du citoyen par la suite, etc., doivent, d’abord, commencer au sein des formations politiques, des syndicats, des associations et des ONG, parce que c’est à ce beau monde que revient la lourde – certes – tâche de mener à bien l’œuvre vers le Maroc Etat de Droit. Et ils ne peu vent le faire avec un « boulet-peuple » attaché à la cheville. 

Le Makhzen, tout makhzen, qu’il soit marocain, français, mexicain, pakistanais, ivoirien ou russe, ne fait jamais de cadeaux. Il change, évolue, assouplit ses positions, démocratise de plus en plus ses textes et ses comportements en fonction de la pression politique et responsable de la base. 

Et tant que cette base est ignorée, tant qu’elle n’est pas encadrée politiquement, tant qu’elle n’est pas mise au niveau – disons au diapason – du « génie intellectuel » de l’élite, rien ne se fera et le makhzen gardera ses habitudes ancestrales. 

Mohammed Mrini
05.03.06

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