Les composantes de la communauté marocaine de Belgique

La communauté d’origine marocaine est composée de plusieurs catégories et groupes de personnes qui ont émigrés vers la Belgique pour des raisons économiques ou politiques. La communauté d’origine marocaine n’est certainement pas homogène. Elle est composée pratiquement d’une manière identique à la société marocaine. Elle est aussi diversifiée et variée et c’est là que réside sa caractéristique, sa richesse et son dynamisme. Le Maroc a eu une très longue histoire avec les pays riverains de la Méditerranée mais pour la Belgique notre histoire commune remonte à partir de la seconde guerre mondiale.

Il y a 12 catégories de personnes qui constituent l’ossature de la diaspora d’origine marocaine :

Les soldats marocains
Les enfants adoptés d’Agadir
Les mineurs de fond du Nord de la France
Les contingents
Le regroupement familial
Les étudiants
Les réfugiés politiques
Les Marocains d’Algérie
Les clandestins
Les régularisés
Les diplomates
Les pensionnés marocains

 Les soldats marocains

Les vétérans de la deuxième guerre mondiale enterrés à Gembloux

Les premiers marocains qui ont foulé le sol belge sont venus se battre contre les nazis en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. A cette époque, à Gembloux les Marocains ont réussi à stopper un temps l’avancée nazie. Ce succès a coûté des centaines de vies aux Marocains qui étaient en première ligne. Les premiers Marocains se sont sacrifiés et tombés pour la défense de la Belgique. Malheureusement, cette épisode héroïque et tragique est très mal connue par la population belge. Après près de trois jours de combat, du 14 au 16 mai 1940, l’objectif tactique est atteint, l’avance est stoppée, mais les pertes sont énormes. A Gembloux, sont envoyés les 1er, 2e et 7e régiments de tirailleurs. Les tirailleurs, planqués dans des trous individuels, feront face aux chars allemands, dans une lutte qui se terminera parfois par des combats au corps à corps.

Depuis quelques années, la communauté marocaine résidant en Belgique et des vétérans de la deuxième guerre mondiale commémorent, l’anniversaire de cette fameuse bataille près du carré musulman du cimetière de Gembloux.

Les enfants adoptés d’Agadir

Le lundi 29 février 1960 à 11h 45, un léger tremblement avait secoué la ville mais sans faire de dégâts importants. C´est exactement à 23 h. 40´15”, un séisme d´une magnitude de 6,7 sur l´échelle de Ritcher, devait détruire la ville d´Agadir. Le nombre des victimes s’élèvera à environ 15000 soit environ un tiers de la population, et environ 25 000 blessés. Tous les bâtiments furent détruits ou sévèrement endommagés, 95 % de la population de ces zones fut ensevelie. Dans le quartier de Talborjt, 90 % des bâtiments furent détruits ou gravement endommagés, la ville nouvelle et le front de mer ont été relativement épargnés, et détruits à 60 %. C’est le séisme le plus destructeur et le plus meurtrier de l’histoire du Maroc.

Conséquences, plusieurs milliers d’enfants ont été adoptés de part le monde. Beaucoup de ces orphelins ont été adoptés par des familles belges. Combien sont-ils ? On ne sait pas exactement le nombre exact ni ce qu’ils sont devenus. A ma connaissance aucune étude ni enquête à ce sujet.

Les mineurs de fond du Nord de la France

Depuis le protectorat français, beaucoup de Marocains travaillaient dans les charbonnages du Nord de la France, surtout après la Seconde Guerre mondiale. Pour des raisons politiques et économiques, vers la fin des années cinquante, la France était prête de céder à la Belgique un nombre de marocains mineurs de fond. Pendant les années 50 et début des années 60, les conditions de travail et les salaires dans les mines belges ont attiré beaucoup de travailleurs, marocains installés principalement au Nord de la France.

Pour en savoir un peu plus sur l’histoire de l’immigration et les charbonnages:
Education Citoyenne
Charbonnages et immigration en Belgique
http://www.faml.be/component/docman/doc_download/23-charbonnages-et-immigration-en-belgique

Les contingents

Le 17 février 1964, Léon Servais et Thami Ouezzani, les ministres belge et marocain du Travail, signent à Bruxelles une convention aux termes de laquelle « le Gouvernement du Maroc s’engage à faciliter l’émigration de ses ressortissants qui désirent s’installer en Belgique aux fins d’y occuper un emploi ».

Curieusement, le texte de cette convention ne sera d’ailleurs publié au « Moniteur » qu’en juin 1977. Et au bout du compte, très peu de Marocains arriveront chez nous par le biais de la convention bilatérale : moins de 3.500 ont été officiellement enregistrés en partance pour la Belgique, selon les chiffres du ministère marocain du Travail.

C’est plutôt le téléphone arabe qui a le plus servi comme propagande à l’immigration marocaine vers la Belgique.

Le regroupement familial

Officiellement, l’immigration marocaine a duré en tout et pour tout de 1964 à 1974. Tous les Marocains arrivés en Belgique après 1974 sont venus rejoindre leurs familles dans le cadre du regroupement familial.

Faire venir la famille laissée au pays ou en ramenant dans le pays d’accueil la femme épousée dans le pays d’origine. On estime en effet que moins de 10 % des migrants marocains étaient mariés lorsqu’ils arrivèrent en Belgique au début des années 60.

Le regroupement familial aura eu pour principal effet de rajeunir et de féminiser le profil sociologique des Marocains : en 2001, les femmes représentaient 46,1 % de la population marocaine en Belgique. Chaque année, plusieurs centaines de Marocains sont admis légalement sur le territoire belge par la voie du regroupement familial et la constitution des familles. Au moment où les premiers arrivés sont aujourd’hui confrontés aux enjeux de la vieillesse, d’autres continuent tous les jours à entrer dans le cycle migratoire.·

Procédure de visa dans le cadre du regroupement familial
http://zimigri.free.fr/belgiquevisaregroupementproc.htm
Droit au regroupement familial: aperçu de la législation belge
http://www.coordeurop.org/sito/fr/06polstat/bel/06fr_pol_bel.html

Les étudiants

A côté des travailleurs marocains il y a eu depuis longtemps déjà une présence d’un grand nombre d’étudiants marocains en Belgique. Après leurs études la majorité des diplômés marocains optera pour y rester définitivement en Belgique. L’étudiant marocain comme son homologue travailleur, est victime d’un côté du mirage belge et de l’autre côté du système éducatif désastreux au Maroc sans perspectifs d’avenir. Et, c’est le rêve d’un avenir meilleur qui l’emportera en fin de compte.

Plusieurs d’autres raisons poussent l’étudiant marocain de préférer la Belgique au Maroc. Situation financière précaire des parents, absence de bourse, absence de soutien financier, salaires dérisoires par rapport à ceux en Belgique, la situation politique et sociale au pays d’origine.

Les réfugiés politiques

Depuis l’indépendance du Maroc en 1956, beaucoup de Marocains ont dû s’exiler pour des raisons d’opinion politiques. Ils ont dû fuir le Maroc parce qu’ils étaient victimes de la répression et de l’absence des droits de l’homme. Très peu d’entre aux ont pu obtenir le statut de réfugié politique. Un nombre important de ces exilés se sont installés en Belgique. Ce n’est qu’en juillet 1994 que Hassan II a proclamé l’amnistie. Mohammed VI a pris des initiatives allant dans le même sens. L’instance Équité et Réconciliation (IER) a été créée pour solder le passif des droits de l’Homme au Maroc. Pour des raisons de sécurité, même régularisés, la plupart d’entre eux vivait pratiquement dans la clandestinité.

Les Marocains d’Algérie

45000 familles Marocaines avaient été séparés brutalement de leurs familles et proches, un 18 décembre 1975, jour de l’Aïd Al Adha. C’est un drame inhumain et inoubliable de l’expulsion des marocains d’Algérie établis pour certains depuis plusieurs générations dans ce pays. En 1975, pour se venger de Hassan II (c’était la guerre ouverte entre les deux pays), Boumédienne, qui n’était pas à son premier crime, expulsait abusivement tous les marocains vivant en Algérie et séparait des familles mixtes en renvoyant le conjoint marocain. Ces centaines de milliers de citoyens et citoyennes Marocains étaient établis en toute légalité sur le territoire algérien, La plupart de ces familles vont s’y installer au Maroc mais beaucoup d’entre aux qui avaient des liens familiaux en Europe vont s’exiler en Europe. Beaucoup de ces compatriotes vont s’installer en Belgique.

Les clandestins

Les sans-papiers sont les individus qui se trouvent en situation illégale sur le territoire belge et vivent dans la clandestinité. Leur nombre est difficilement estimable en raison de leur caractère clandestin. A titre d’exemple, en 2000, lors d’une campagne de régularisation en Belgique, 32 000 dossiers, concernant environ 50 000 personnes, ont été introduits. Plus de 140 nationalités étaient représentées, avec une majorité de Congolais et de Marocains. Ces chiffres ne donnent qu’une faible idée de l’ampleur des clandestins résidant en Belgique. De part leur statut, les sans-papiers accèdent difficilement à l’aide sociale et se trouvent souvent forcés d’intégrer les filières de travail clandestin. Ces citoyens d’origine marocaine sont parmi nous, ils vivent parmi nous mais nous ne savons pas combien ils étaient, combien ils sont ni combien ils seront demain.

Les régularisés

Première opération de régularisation

En 1974, à cause d’une crise économique conjoncturelle, l’état belge déclare la guerre aux migrants par la restriction de l’octroi de permis de travail. Ils ne seront plus accordés pour des emplois non-qualifiés. Seules certaines catégories sont encore admises : étudiants, cadres d’entreprise, travailleurs hautement qualifiés, professeurs, artistes, sportifs, etc.

Suite à une grève de la faim de travailleurs étrangers qui va aboutir à la «régularisation» de 7.448 personnes, la Belgique va déclarer solennellement l’arrêt officiel de toute nouvelle immigration de travail. Par contre, le regroupement familial reste toujours admis.

Seconde opération de régularisation

D’autre part, la régularisation menée par la Belgique entre 1999 et 2001 a dévoilé le fait que les Marocains étaient très largement présents parmi la population des sans-papiers. Ils constituaient la deuxième nation la plus représentée. Sur les 60.000 personnes concernées par une demande de régularisation, près de 13 % étaient de nationalité marocaine.

Troisième opération de régularisation

La Belgique a lancé en 2009 une nouvelle vague d’admissions d’immigrants illégaux. Mais le pays a affirmé que sa décision n’annonçait pas de régularisation massive. Le premier ministre a dévoilé les détails de l’accord sur la régularisation d’immigrants illégaux. Les illégaux ayant habité en Belgique pendant au moins cinq ans pourront faire leur demande de régularisation entre le 15 septembre et le 15 décembre 2009. Les premières estimations des bénéficiaires donnent le nombre de 50 000 à 100 000, mais les autorités ont choisi de limiter ce chiffre à 25 000. Affaire à suivre.

Les diplomates

Les relations bilatérales, entre la Belgique et le Maroc sont au beau fixe, particulièrement étroites, marquées par une grande confiance et un dialogue dense au niveau politique et économique. En Belgique il y a 2 ambassades et 3 consulats.

Il y a tout un petit monde diplomatique et consulaire qui vit en Belgique: employés, secrétaires, policiers, juristes, conseillers économiques, conseillers culturels, attachés militaires, attachés de presse, enseignants etc. Certains employés sont engagés sur place.

Ambassade du Maroc en Belgique
29, Boulevard Saint-Michel, 1040 BRUXELLES
Tel: 00 32 27 36 11 00
Fax: 00 32 27 34 64 68
Email: sifamabruxe@infoboard.be

Ambassade du Maroc en Belgique (C.E.)
COM.EUROPEENNE BRUXELLES DU MAROC
2, AVENUE F.D. RROOSEVELT – 1050 – BRUXELLES
Tél : 00 (32) 2 626 34 10
Fax : 00 (32) 2 626 34 34
Email : mission.maropc@skynet.be

CONSULAT GENERAL DU ROYAUME DU MAROC BRUXELLES
CONSUL GENERAL: Omar KENAAN
Avenue Van Volxem, 20 – 1190, Bruxelles
Tél. 32(0)2. 349.51.80 ou 349.51.81 Fax. 32(0)2.344.46.92
E-mail: consulatmarocbruxelles@hotmail.com

Consulat du Maroc en Belgique (Anvers)
68, Antwerpsesteenweg, 2660 Hoboken, Anvers
Tel: 00 32 38 30 57 51 / 58 15
Fax: 00 32 38 25 39 94
Email: Consmaranvers@yahoo.fr

Consulat du Maroc en Belgique (Liège)
54, Quai Saint Leonard, 4000 LIEGE
Tel: 00 32 42 27 41 59
Fax: 00 32 42 27 55 64
Email: cons.mm@skynet.be
http://www.consulmaroc-liege.be

Les pensionnés du Maroc

Ces dernières années un nouveau phénomène a pris une nouvelle ampleur et une allure inaccoutumé dans le cadre du regroupement familial comme nous l’avons connu auparavant. Le regroupement traditionnel pratiqué depuis toujours consistait principalement à faire venir du Maroc époux ou épouse et enfants. Aujourd’hui on constate de plus en plus un regroupement familial d’ascendants. On fait venir en Belgique des parents et des grands parents restés seuls ou malades. Certains ancêtres sont déjà pensionnés avant qu’ils viennent s’installer en Belgique.

Auteur : Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 7 février 2010

Article paru dans DN n° 105 : Semaine du 1 au 7 février 2010. Se connecter à la revue de presse Dounia News.
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