L’imbroglio des prénoms à caractère marocain

Qu’on le veuille ou non, qu’on l’aime ou pas, qu’on soit nationaliste, séparatiste, régionaliste, béni oui-oui, adorateur ou détracteur le Maroc, par rapport aux autres pays arabes ou maghrébins a su relever beaucoup de défis, et a marqué des avancées importantes à son actif, par exemple « la réforme du code de la nationalité ». Néanmoins, par rapport aux pays européens et par rapport à d’autres pays démocratiques, le Maroc traîne dans pratiquement tous les domaines, avance doucement et fait souvent du surplace pour éviter la marche arrière.

Les derniers temps, beaucoup d’organismes internationaux l’ont très mal noté entre autres, dans son développement économique, dans le cadre des droits de l’homme et de la femme, dans la lutte contre la corruption, dans la lutte contre le trafic et les trafiquant, dans sa lutte contre l’immigration clandestine, dans le développement humain, dans la lutte contre l’analphabétisme et la pauvreté, dans la lutte contre la sécheresse, dans la lutte contre le logement insalubre et dans la lutte contre l’insécurité.

Dernier rapport en date, et pas des moindres, celui des Nations Unies (Lire le rapport concernant le Maroc, ci-dessous), critique sévèrement le Maroc pour sa pratique discriminatoire par rapport aux populations Amazigh ou Berbère, concernant le refus de certains prénoms qui figurent dans la liste officielle des « prénoms à caractère marocain » avec la mention « refusé ». (Voir la liste ci-dessous, seulement en Arabe)

En ce qui nous concerne, citoyens d’origine marocaine, nous avons les mêmes difficultés à inscrire nos enfants via les différents consulats en Europe, à l’état civil marocain . Par exemple, notre communauté en Belgique est constituée de 80 % au moins de citoyens d’origine berbère. Cependant, malgré que nous vivons depuis presque un demi siècle en Europe, les autorités consulaires refusent catégoriquement des prénoms donnés aux enfants d’origine marocaine, estimant que ces noms ne sont pas de caractère marocain.

C’est une injustice flagrante, c’est une pratique discriminatoire, raciste et xénophobe vis-à-vis d’une population qui a participé et participe encore au développement économique et à la coopération au développement de notre pays d’origine. Inscrire ses enfants et choisir les prénoms qui leur convient est un droit inaliénable et en contradiction flagrante avec les conventions internationales.

Nos enfants et nos petits enfants sont victimes d’une liste arbitraire et injuste qui date sans aucun doute du temps du despote Basri. Les noms amazigh et berbères sont des noms marocains à caractère marocain et ils sont aussi légitime et conformes que les noms d’origine arabe. Les noms berbères font partie intégrante de notre histoire, de notre culture et de notre identité marocaine. Justement c’est ce qui doit en principe faire la richesse de notre culture au pluriel.

Cette liste qu’on a voulu escamoter son existence est illégale et non constitutionnelle. Le choix du prénom d’un nouveau-né pour tous les Marocains et tous les citoyens européens d’origine marocaine, doit être un choix libre et indépendant que seuls les parents ont droit de donner à leurs descendants. Les citoyens d’origine marocaine sont émancipé et affranchi et n’ont pas besoin d’un paternalisme étatique pour choisir un quelconque prénom.

Je demande solennellement aux responsables politiques, à la société civile à l’intérieur comme à l’extérieur, au Conseil Consultatifs des MRE, aux organisations de la défense des Droits de l’homme et de la femme, à la vie associative en Europe, de faire en sorte d’exiger des autorités marocaines la levée du bouclier et le retrait purement et simplement de cette liste humiliante et dégradante.

En ce qui concerne notre communauté d’origine marocaine, étant donné que l’inscription sur l’état civil marocain est obligatoire, il est quasiment impossible sinon irréaliste d’imposer une telle liste pour les différents pays européen. Un même prénom est écrit et prononcé différemment d’un pays à l’autre. La liste qu’on nous propose est francophone, mais ne propose rien pour ceux qui vivent dans les pays non francophones. Soit que nos responsables de l’intérieur ignorent nos difficultés soit qu’ils font abstraction de notre existence et nous ignorent complètement. Mais comme dit le dicton « Loin de la vue, loin du coeur ». En tout cas, sans entrer dans les détails, pour comprendre un tout petit peu la complexité et les difficultés que nous rencontrons avec nos différentes administrations locales, voici une liste non exhaustive des branches linguistiques :

Branche balto-balkanique
Sous-branche balte
Sous-branche slave

Branche germanique
Sous branche néerlandophone
Branche italo-celtique
Sous-branche italique

Langues romanes
Sous-branche celtique

Branche thraco-illyrienne

Branche arménienne

Branche helléno-phrygienne

Branche tokharienne

Branche indo-iranienne
Sous-branche indo-aryenne
Sous-branche iranienne

Langues anatoliennes

En principe, l’écriture linguistique d’un prénom doit nécessairement respecter avant tout l’orthographe du pays de résidence, et les consulats marocains doivent respecter à la lettre la manière dont le prénom est transcrit par les autorités locales du pays de résidence. L’administration marocaine et les services consulaires doivent prendre en considération et accepter d’office la sémantique, la phonétique et la syntaxe des prénoms du pays de naissance. Il faut que le Maroc, pays en voie de développement et surtout, pays en voie de démocratisation se débarrasse une fois pour toutes de cet imbroglio des prénoms à caractère marocain.

Lire le rapport concernant le Maroc : http://www2.ohchr.org/tbru/cerd/CERD-C-MAR-CO-17-18.pdf

Liste des prénoms acceptés ou refusés : http://www.maec.gov.ma/fr/guide_consulaire/list_person.pdf

Pour recevoir la liste des prénoms (en Arabe seulement),
veuillez contacter l’asbl Hiwar pour vous envoyer par poste la version papier :
adresse postale : Hiwar, 25 rue Grisar – 1070 Bruxelles ou par email : info@hiwar.be

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 12 septembre 2010

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Réaction à l’article
 » L’imbroglio des prénoms à caractère marocain  » paru dans DN n° 136 : Semaine du 6 au 12 septembre 2010 sous la rubrique ‘Zone de liberté d’expression’.

Cher Abdeslam

J’aimerai bien réagir sur l’article concernant la liste des prénoms « autorisées » par les autorités de l’etat civil’. Pour être bien precis, il s’agitt d’une réaction primaire et sans analyse approfondie. La liste jointe à l’article porte des noms israilites (lire juifs). Les noms bérbere qui figurent sur la liste portent la mention Accepté. Berbere en coeur et reins je ne vois vraiment pas ou réside le problème?

Met vriendelijke groet
M.Azzougarh
Strategisch beleidsadviseur onderwijs Gemeente Dordrecht
078 6396322
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Prénoms Amazigh au Maroc
(Paru dans DN n° 150 : Semaine du 13 au 19 décembre 2010)

L’Etat reconnait les noms Amazigh ou Berber, mais le choix des parents reste toujours limité. Human Rights Watch a dit, la directive de la politique du Maroc de libéralisation reconnaissant l’Amazigh, ou le Berber, pour donner des noms à des nouveaux-nés a des résultats positifs. Le gouvenement marocain, reconnait enfin que les noms Amazigh sont aussi de caractère marocain.

Lire la suite en Anglais ou en Arabe :
http://www.hrw.org/en/news/2010/12/14/moroccowestern-sahara-more-freedom-name-their-children

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