Hommage à nos martyrs

Abdelkrim Elkhatabi

Abraham Serfaty, est décédé le jeudi 18 novembre 2010 à Marrakech à l’âge de 84 ans. Il restera l’un des plus célèbres opposants à l’ancien roi du Maroc Hassan II. Il a également été aussi un fervent défenseur de la cause palestinienne. Rendons à cet homme illustre, un hommage solennel pour sa bravoure et son combat contre le colonialisme français et contre toutes les injustices.

Justement, c’est l’occasion pour moi de rendre hommage à nos militants exemplaires et historiques comme Abdelkrim Khattabi qui a combattu vaillamment les Espagnoles et les Français. Un fervent hommage à tous les militants assassinés et disparus comme Mehdi Ben Barka et Elmanouzi Houcine.

Rendons hommage aux militants combattants, morts ou vivants tels Allal Ben Abdellah, Abderrahim Bouabid, Abdellah Ibrahim, El Amaoui Noubir, Amin Abdelhamid, Driss Benzekri, Driss Elyazami et beaucoup d’autres. La liste est longue et risque de devenir exhaustive.

Rendons également hommage aux morts et aux survivants de Tazmamart comme Marzouki Ahmed victime récemment des barbouzes qui l’ont bien malmené à Bruxelles il y a deux semaines.

Mehdi Ben Barka

Rendons aussi un grand hommage à toutes les femmes et tous les hommes qui ont milité et ont souffert dans le silence et dans l’anonymat et à tous ceux qui luttent encore aujourd’hui pour défendre le droit des handicapés, des femmes, des étudiants, des ouvriers, des paysans, des enfants, de l’environnement, de la démocratie de la liberté d’expression et de la justice.

Je rends hommage à tous les combattants de l’ombre, qu’on n’a jamais connu et qu’on ne connaîtra jamais. Ce n’est que le top de l’iceberg. Chaque village et chaque ville a eu son Tazmamart et ses martyrs. Chaque village et chaque ville a eu ses veuves et ses orphelins, victimes de kidnapping et de disparitions de leurs parents et proches parents. Combien d’étudiants innocents ont payé chèrement leur engagement dans le mouvement estudiantin.

Hommage à tous ceux qui ont combattu contre l’occupant français et espagnole pendant le protectorat et hommage à tous ceux qui ont fui leur pays par peur des représailles d’un Makhzen sans pitié pendant la période des années de plomb. Hommage enfin à tous les journalistes qui ont payé chèrement leur audace et leur engagement de dire et d’écrire librement la vérité telle quelle.

Ces dizaines de milliers de militants sont nos héros historiques et notre fierté. Ils méritent aussi leur place dans les manuels scolaires et pour pérenniser leur mémoire donnons leur des rues, des boulevards, des routes, des aéroports, des ports, des bâtiments officiels, des écoles, des universités, des centres culturels, et des bibliothèques. Ils ont droit à des statues dans tous les jardins publics partout au Maroc pour qu’on puisse les voir, les entendre, les écouter afin de perpétuer leur charisme et suivre leur exemple pour un monde meilleur et pour un Maroc moderne, indépendant et démocratique.

Malheureusement, le Makhzen avec son amnésie sélective laisse peu de place et peu de mémoire à nos martyrs. Heureusement, il y a toujours des hommes et des femmes honnêtes, écrivains, artistes, journalistes, chercheurs et historiens qui luttent contre l’amnésie historique.

Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 28 novembre 2010