Réception de Daarkom à l’occasion du nouvel an

Madame la ministre,
Monsieur l’ambassadeur,
Monsieur le sénateur,
Mesdames et messieurs,
Chers amis bonsoir,

Voilà 3 ans que j’ai accepté d’assumer la présidence de la maison des cultures Maroco-flamande. Avec une petite mais néanmoins enthousiaste équipe, nous nous sommes fixé comme objectif de donner corps à ce noble projet ; ce projet ambitieux. Nous lui avons tout d’abord donné un nom : “Daarkom”, ce qui veut dire “votre maison”. A ce moment-là, personne ne pouvait se douter que Daarkom deviendrait un projet si complexe et si difficile. Même les plus pessimistes d’entre nous n’auraient jamais imaginé que Daarkom allait devoir affronter  autant de tempêtes ! Parfois cela ressemblait à la procession d’Echternach : deux pas en avant, un pas en arrière.

Cependant, malgré toutes ces difficultés,  jamais nous n’avons baissé les bras ! Nous avons réalisé de belles choses  dans tous les domaines de la culture : une exposition, une conférence mais aussi des pièces de théâtre, des concerts et des spectacles de danse destinés à  un large public de tous horizons.

Aujourd’hui nous pouvons affirmer avec certitude que 2011 sera l’année de Daarkom. Nous vous donnons d’ores et déjà rendez-vous en septembre pour le lancement officiel de Daarkom.

Je voudrais maintenant dire haut et fort que Daarkom n’est pas un luxe mais une nécessité, je voudrais également dire à tous ceux qui doutent encore, que Daarkom ne veut pas être un lieu fermé ni un ghetto  dans un ghetto, mais une maison des cultures dont la porte reste grande ouverte. Dès lors nous aurions pu l’appeler « Daarna » et non pas « Daarkom », ou si vous préférez, « Notre maison » au lieu de « Votre maison ». Enfin au nom de la direction et du comité de gestion Je voudrais remercier de tout cœur la Communauté Flamande, le Royaume du Maroc  pour leurs efforts passés et futurs qui auront permis de réaliser un rêve partagé par beaucoup de monde.

Sans leur soutient Daarkom n’aurait jamais pu atteindre son objectif de base : à savoir un espace où chacun se sent chez lui tout en mettant l’accent sur l’autre, et où les cultures peuvent s’enrichir mutuellement.

Je vous souhaite pour 2011, et pour les années qui suivent, une excellente santé et beaucoup de réussite.

Merci de votre attention.

Larbi Khetouta

Réception de Nouvel An de Daarkom – Maison des Cultures Maroco-Flamande à Bruxelles
04/02/2011
Discours de Mme. Roos Pauwels, directrice

Chers amis,
Madame la Ministre,
Monsieur le Sénateur,

Soyez les bienvenus à cet apéritif de Nouvel An et merci de vous être déplacés pour l’occasion jusqu’au lointain Molenbeek.

Dans les jours et les semaines qui suivent la nouvelle année, il est d’usage d’échanger de bons vœux. Parfois, il s’agit d’une pure formalité, d’autres fois, cela englobe plus. Le plus beau vœu que l’on pourrait formuler pour Daarkom est de lui souhaiter d’avoir le courage et la force de donner vie à un projet culturel magnifique, mais très complexe.

Soyons clairs, personne ne peut nier que nous avons récemment connu des moments particulièrement difficiles. Depuis quelques mois, nous avons repris le fil avec une équipe restreinte ; un effectif qui suffit à peine à gérer un café multiculturel. Mais, il s’agit d’une équipe hardie et déterminée, et d’autant plus après ces derniers mois houleux, qui travaille dur et poursuit sa mission avec acharnement, à savoir faire de Daarkom ce que le projet mérite d’être.

Ce que nous espérons en premier lieu, c’est de pouvoir compter sur la confiance et le soutien de tous ceux qui sont associés de près ou de loin au rêve de Daarkom. Aux responsables politiques et aux gens de média, nous demandons avec insistance de ne pas considérer Daarkom comme une banale structure culturelle de plus dans le paysage, mais comme une « nécessité ». Qui plus est, il n’est pas correct de conclure qu’un départ laborieux est une raison suffisante pour douter de la nécessité, de la légitimité ou de l’opportunité de Daarkom. Il y a peu, un collègue me faisait remarquer à juste titre, et à partir d’une préoccupation compréhensible : « Un parcours difficile, est-ce donc devenu inadmissible ? »

Nous avons pleinement conscience que le défi à relever est complexe. Dans le monde culturel, le terme de « défi » est galvaudé, mais dans le cas de Daarkom, on peut absolument l’interpréter dans son acception littérale.

Nous nous trouvons face à une mission jamais réalisée auparavant. Nous voulons créer aussi rapidement que possible et avec l’expertise nécessaire un biotope au sein duquel deux communautés peuvent entrer en dialogue dans le respect mutuel de l’identité de chacun.

Deux communautés d’une grande diversité ethnique sont pour la première fois liées structurellement sur le plan culturel, artistique et social. Celui qui remet en question l’implantation d’une Maison des Cultures maroco-flamande à Bruxelles parle en son nom propre. Ceux qui tentent d’étiqueter Daarkom de « palais brillant dans un lieu de la ville où il n’a pas sa place (sic) » confirment malheureusement ce que l’on entend par le « néo-colonialisme ».

Nous avons l’ambition de fonder une maison des cultures pour un public diversifié dans un beau lieu, bien aménagé, situé au centre-ville, à proximité d’autres institutions intéressantes. Une belle maison – avec nos remerciements à l’équipe de construction – où l’on se sent bien, où l’on se sent chez soi. Celui qui nie l’importance de cette maison, nie l’identité culturelle de l’une des plus grandes communautés bruxelloises et ne saisit pas la signification de ce lieu symbolique pour une métropole contemporaine comme Bruxelles.

Daarkom n’a pas vocation à être un biotope isolé à l’attention de la seule communauté marocaine, mais une maison de dialogue, où différences et diversité ne sont pas perçues comme un poids, mais comme une richesse. Une maison où les communautés peuvent établir des liens et des échanges, où les oppositions sont muées en discussions, où un pont est jeté entre la population flamande et les autres communautés, avec l’accent sur la Flandre et le Maroc.

La richesse des patrimoines culturels flamand et marocain est réunie dans un fonctionnement inspirant, dans un esprit purgé de tout préjugé, ouvert à la force de la différence et à l’écoute de la meilleure façon de convertir l’incompréhension en une énergie susceptible de générer de l’harmonie entre les personnes et de faire des étincelles. Art, culture, événements, fêtes et argumentations sont les ingrédients avec lesquels nous tenterons de mettre en évidence qu’une pensée solidaire est un bien plus beau signal que l’accentuation des discordances.

Ouvrir le bâtiment Daarkom n’est pas un but en soi, mais la recherche d’un moyen de se trouver. Il ne s’agit pas seulement de la manière de participer au réseau social, mais de celle dont nous réfléchissons et travaillons ensemble et déterminons – dans l’égalité – ce dont il doit être question.

Même si Daarkom est active depuis quelques années en tant qu’organisation, et même si sa patience a été mise à rude épreuve avec le report sempiternel des travaux, aujourd’hui, nous sommes fin prêts à nous lancer. Pas de but en blanc, mais pas à pas.

Rome n’a pas été construite en un jour, Daarkom non plus. À présent que chaque passant de la rue Fossé aux Loups peut voir et entendre l’équipe d’ouvriers travailler d’arrache-pied aux rénovations du bâtiment de la Gaîté en cours depuis des mois, j’espère que nous pouvons porter sur l’avenir un regard positif et ouvert.

Pour conclure, je souhaite que tout le monde puisse prendre conscience que la création d’une nouvelle structure culturelle est un travail de longue haleine. Il faut que ce projet puisse croître, évoluer et obtenir l’espace requis pour expérimenter des choses et prendre racine afin de se consolider. Entre-temps, il va de soi que nous sommes impatients de voir les portes de notre palais brillant s’ouvrir à tout le monde, quelle que soit la couleur de sa peau ou sa langue véhiculaire.

Voilà pourquoi nous tendons la main à tout le monde qui souhaite nous aider et nous soutenir pour faire de ce rêve une réalité.

Bonne et heureuse année !

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