LES FÊTES RELIGIEUSES DANS LES TRADITIONS

Les sociétés musulmanes qui sont d’esprit profondément religieux, accordent une valeur particulière à la qualité religieuse des individus. De même, l’Islam qui est une religion « révélée », s’intéresse à tous les actes, mêmes les plus ordinaires, de l’individu. En somme, il est à vrai dire une civilisation complète qui n’a pas manqué de donner aux rapports sociaux, à la politesse, à la bienséance, qui en sont les manifestations les plus fréquentes et les plus apparentes, son caractère particulier.

Le Coran, et la Tradition prophétique (hadiths) sont par certains côtés des codes de politesse très étudiés, très suivis et ils confèrent aux règles de la bienséance musulmane une autorité indiscutable et une immuabilité évidente.

LES FÊTES RELIGIEUSES, LE PELERINAGE.

La petite fête : l’Aïd-el-séghir

L’Aïd-el-séghir est la petite fête qui célèbre la rupture du Jeûne. Le premier jour, on fait hors des remparts, à la m’çalla une prière en commun que dirige l’Imam. Ce jour et les deux jours suivants, on rend des visites, on échange des vœux et on fait des aumônes aux pauvres. En principe, chacun doit donner une mesure d’un repas quotidien par membre de sa famille. Cette aumône est dite «zakat de la fitra : c’est une sorte de purification », c’est-à-dire purification de la fortune acquise, qu’elle soit grande ou petite.

La grande fête : l’Aïd-el-Kebir et le pèlerinage.

La fête passée, ceux qui ont l’intention d’accomplir le pèlerinage de la Mecque font leurs préparatifs afin de se trouver dans le lieu Saint au moment de l’Aïd-el-kébir, la grande fête. Elle a lieu deux lunaisons et dix jours après la rupture du Jeûne.

Le pèlerinage n’est obligatoire que pour ceux qui ont les moyens de l’effectuer, mais tout marocain qu’il soit estime au plus haut prix le bonheur et l’honneur d’aller visiter les lieux saints au moment de l’Aïd-el-kébir et d’accomplir les rites compliqués du pèlerinage. L’essentiel de ces rites consiste en une procession circumambulatoire autour de la Kaaba, la station à Arafa tout près de la Mecque et l’égorgement d’un animal « propre ». Soulignons encore une fois que tous ces rites ne sont valables que si le croyant est en état de pureté légale et déclare les observer dans une intention pieuse.

Le pèlerinage achevé, une visite au tombeau du prophète à Médine s’impose, mais n’a rien d’obligatoire. Après quoi le pèlerin rentre dans son pays. Il a alors le titre de Hadj dont on fait précéder son nom ou son prénom. C’est un titre envié qu’on ne manque jamais de donner à ceux qui l’ont mérité, soit qu’on leur parle, soit qu’on parle d’eux.

Le retour des pèlerins est l’occasion de réjouissances familiales auxquelles les amis sont toujours invités.

Pendant que le sacrifice des victimes s’accomplit près de la Mecque, la même cérémonie se déroule dans tous les pays musulmans. Après une prière en commun. Généralement en plein air ; les fidèles, une fois rentrés chez eux, égorgeant un mouton par foyer. Les réjouissances, non publiques, comme pour l’Aïd-el-séghir, se poursuivent pendant trois jours. C’est alors que les musulmans se pardonnent leurs torts réciproques, s’adressent des vœux de bonheur, se congratulent et se rendent visite. Nous pouvons trouver là quelque analogie avec les coutumes du premier de l’an chez les chrétiens. Ceux-ci et les juifs sont les bienvenus s’ils présentent leurs compliments aux marocains à cette occasion.

L’Aïd-el-séghir et l’Aïd-el-kébir sont les deux fêtes vraiment et uniquement religieuses de l’Islam. Cependant il en existe encore deux autres, de moindre importance selon l’orthodoxie, mais très vivante dans les mœurs, dont il faut parler ici. Ce sont l’Achoura et le Mouloud.

L’Achoura

L’Achoura a lieu le 10 du premier mois de l’année, c’est-à-dire une lunaison après l’Aïd-el-kébir. Il serait trop long de dire ce qu’elle représente, de démêler ce qu’il y a de paganisme inconscient, de traditions historiques et de rites orthodoxes dans cette fête extraordinaire qui fait sortir également les foules d’obédience chiite. Celles-ci expriment leur deuil en s’auto flagellant le dos dans les rues et sur les places. Ces manifestations extérieures sont liées à une période revêtant un caractère pénible et grave pour l’histoire des musulmans au cours de laquelle l’Imam Hussein, petit-fils de Mohamed, prophète de l’Islam, fut assassiné pour des raisons politiques par le pouvoir omeyyade sunnite à Karbala en Irak.

Retenons également que c’est à l’occasion de cette fête que l’on distribue des jouets aux enfants et qu’on achète des aromates et les produits magiques propres à guérir tous les maux.

Le Mouloud

Le Mouloud ou nativité du prophète Mohamed, sorte de Noël musulman, est célébré le douzième jour du troisième mois. C’est une commémoration tout simplement qui ne comporte qu’une prière en commun.

CHATAR Saïd

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