Les processus démocratiques maroco-tunisiens et le grand capital

Le grand désordre international engendré par la crise géo financière profonde et générale qui tenaille durement aussi bien les pays capitalistes que ceux de la rive sud du bassin méditerranéen, a mis les peuples et les gouvernements en effervescence. Les gouvernants de tous les pays qui ont, bon gré mal gré, participé à cette catastrophe financière, économique, sociale et environnementale à laquelle le monde doit faire face aujourd’hui, sont complètement désœuvrés.

Le statu quo qui est maintenu au niveau international par des accords et des alliances entre la gent de la haute finance et ses holdings d’une part et les Etats des pays capitalistes de l’autre, ne finit pas de se fragiliser depuis la chute du mur de Berlin. La rupture de ce statu quo tenu par une corde raide risque d’être rompu à tout moment. Cet état de chose dangereux pourrait mener à une grande catastrophe comme ce fut le cas durant les années 28-29 qui avait conduit au nazisme et par conséquent à la deuxième guerre mondiale.

C’est précisément parce qu’ils se gardent, autant que possible, d’une troisième guerre mondiale, que ces Etats qui sont au service du grand capital, travaillent à provoquer des conflits mineurs et des guerres régionales, à conclure entre eux de nouveaux arrangements politiques, économiques et militaires tout en continuant à renflouer les holdings et les banques en milliards de dollars. Et tout cela se fait aux dépens des travailleurs, des salariés, des chefs de P.M.E et P.M.I et autres entreprises qui voient toujours mieux et plus clairement à quoi les réduisent la domination du capitalisme géo financier et ses grands monopoles qui illustrent assez bien « Gargantua » et « Pantagruel » dans la « guerre picrocholine » où François Rabelais qui vécut entre le 15ème et le 16ème siècle de notre ère, décrivait les guerres féodales qui avaient eu lieu en Europe médiévale.

Face à ce désastre, les forces démocratiques à l’échelon international en général et du monde arabo-musulman en particulier sauront-ils être à la hauteur des attentes des peuples ? Vont-elles mettre le doigt sur l’origine du mal, prendre le taureau par les cornes et se frayer un chemin à travers la jungle des spéculateurs des temples boursiers ? Se contenteront-elles uniquement de mettre les bulletins de vote dans l’urne tout en continuant à subir et à essayer de s’adapter tant bien que mal à cet environnement qui souffre de crise financière endémique ?

A propos, les résultats des élections législatives anticipées au Maroc et en Tunisie qui viennent de confirmer la très large victoire de la « NAHDA » du P.J.D devant toutes les autres formations politiques, vont-ils permettre de répondre aux questions correspondant aux désirs profonds des classes laborieuses tunisiennes et marocaines? Ou plutôt, la NAHDA et le P.J.D qui sont des partis de tendance islamique (et l’Islam interdit explicitement l’usure), vont-ils composer avec les prédateurs et les usuriers du grand capital international au détriment du travail ? CHATAR Saïd

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