Objets ou sujets ?

Depuis déjà plusieurs années, une certaine presse et certains intellectuels paranoïaques s’amusent régulièrement à polémiquer et à mettre en évidence la dépendance et l’asservissement de la femme qui porte ou qui utilise la burka, le niqab ou le voile. Ce sont les défenseurs inconditionnels de l’indépendance et de la liberté d’action des femmes tout en leur interdisant la liberté de choix de porter ou pas le tissu de leur choix. En tout cas, c’est un discours bidon gonflé à vide et qui ne concerne qu’une infime partie ou plutôt quelques femmes en Belgique qui portent le voile intégral. Par contre, pêle mêle on met toutes les femmes musulmanes, pratiquantes ou laïques dans le même sac. C’est une injustice flagrante envers ces filles et ces femmes qui vivent harmonieusement dans la société belge, que ce soit au travail, à l’école ou au quartier.
 
C’est une accusation très grave et sans fondement de prétendre que la femme ou la fille qui porte le voile ne serait pas libre et porte atteinte à la sécurité. C’est encore du paternalisme gratuit à grande échelle que de déclarer solennellement que la femme qui porte le voile intégral est encore moins libre et dangereuse pour la laïcité. Il y a des exceptions certes, mais ce n’est pas une raison valable pour justifier la condamnation de toute une communauté. Ces allégations infondées prétendent faussement que toutes les femmes musulmanes sont des femmes soumises au diktat de l’homme. Il y a certainement des exceptions dans le monde arabo-musulman et il y a malheureusement encore à nos jours des régimes non démocratiques qui ne reconnaissent pas les droits fondamentaux des femmes. Malheureusement, ces exceptions ne sont pas seulement les caractéristiques et l’apanache du monde musulman mais partout dans le monde occidental on trouve des femmes maltraitées par des machos et discriminées par la société.
 
 Il suffit de jeter un coup d’œil sur les publicités à perte de vue pour se rendre compte de la place de la femme objet occidentale. Il suffit d’aller jeter un coup d’œil derrière la Gare du Nord pour voir comment la femme objet blanche se vend comme des marchandises dans des vitrines.
 
Deux poids deux mesures, la femme occidentale objet a le droit de se prostituer, de porter le string, la mini jupe, le décolleté, de se dénuder, de se droguer ou de se saouler tout en restant libre et indépendante et, toute femme musulmane qui porte un voile n’est ni libre ni indépendante. En réalité, dans le monde extraordinaire des défenseurs des droits de l’homme et de la femme, je constate avec amertume que, d’un côté on valorise la femme objet occidentale quoi qu’elle fasse et on dévalorise et on dénigre la femme musulmane quoi qu’elle fasse.
 
Au fond, l’égalité entre les sexes est un problème universel, pratiquement dans tous les pays européens il y a une discrimination salariale entre hommes et femmes et entre autochtones et allochtones. Objets ou sujets, dans les pays défenseurs inconditionnels des droits de l’homme, la femme allochtone qu’on prétend défendre est doublement voir triplement discriminée, concernant son salaire et concernant sont statut.
 
Sarie Abdeslam
Bruxelles, le 15 janvier 2010
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