Austérité, inflation et récession

Au moins 3 millions de citoyens d’origine marocaine, c’est à dire 10% de la population, disséminés à travers le globe, nous interpellent quotidiennement sur leur avenir et celui de leur progéniture. Malheureusement, devant un mur d’incompréhension des pays d’accueil et, devant le vide juridique et la sourde oreille du pays d’origine nos concitoyens ne savent à quel saint se vouer.

Fidèles à leur patrie d’origine, ils ont toujours contribué au développement économique et social du pays et, fidèles à leur patrie d’accueil ils ont tous contribué au développement du bien être du pays où ils vivent. Et pourtant, pour les deux pays protagonistes, notre diaspora est restée jusqu’à présent complètement marginalisée, invisible et totalement inaudible.

Cependant, après presque un demi siècle d’exil et d’expatriation, pour la première fois, la crise économique et monétaire qui n’épargne aucune région de la planète inquiète et menace dramatiquement notre diaspora. En plus, elle risque de remettre en cause et mettre en danger son avenir et celui des générations futures.

Jamais auparavant notre diaspora ne s’est inquiété autant qu’aujourd’hui. Ni les conditions difficiles du travail, ni le mauvais accueil dans certains pays, ni le chômage, le racisme, la xénophobie, l’islamophobie, le fascisme n’ont bouleversé et remis en cause les acquis socio-économiques de nos concitoyens que l’impact de la crise actuelle. Nous sommes entré dans une période d’austérité, d’inflation et de récession. La paupérisation que nous avons abandonné jadis nous apostrophe de nouveau et nous devons doucement mais sûrement réapprendre à serrer la ceinture.

A titre d’exemple, plusieurs centaines de familles résidant en Espagne (et en Italie également) ont dû rentrer chez elles au bled faute de trouver du travail et à cause du manque de moyens pour survivre dans un pays ravagé par un taux de chômage qui dépasse 25% de la population espagnole.

Après la crise du bâtiment, la crise bancaire est venue aggraver la situation et, sur pression des bailleurs de fonds le gouvernement Rajoy doit trouver 64 milliards d’ici 2014 et personne ne voit encore le bout du tunnel à cause de l’austérité imposée et de la récession engendrée.

Malheureusement, l’Espagne n’est pas un cas isolé, la Grèce, le Portugal, l’Italie, l’Irlande sont pratiquement dans de plus graves situations que la péninsule ibérique. La France, la Belgique, la Hollande seront peut être les prochaines victimes de cette crise chronique et rampante. PSA a annoncé dernièrement supprimer 8000 emplois en France et fermer Aulnay. Et ce n’est que le top de l’iceberg des mauvaises nouvelles.

Au Moyen Orient beaucoup de pays quémandeurs de main d’œuvre sont soit en guerre soit en proie de crise profonde. La Libye n’est pas encore sortie de l’impasse d’une guerre civile qui a détruit l’infrastructure industrielle. D’autres pays construisent des murs infranchissables et votent des réglementations chauvinistes et protectionnistes rendant l’accueil des migrants et des réfugiés de plus en plus difficiles voir impossible.

Conséquences, en aval comme en amont, nous serons les laisser pour compte, les souffres douleurs qui seront les premiers licenciés pour amortir le choc et, en cas d’un éventuel recrutement les derniers à être embauchés, simplement à cause de notre origine, religion ou ethnie. mais aussi utilisés comme soupape de pression sur les salaires.

Justement, crise oblige, les embauches stagnent partout dans presque tous las pays industrialisés et, comme d’habitude, les jeunes d’origine étrangère seront encore les plus fragilisés et quasiment les premières victimes sur le marché de l’emploi. Enfin, les spécialistes les plus optimistes ne prévoient les signes d’une hypothétique amélioration qu’après les quatre années à venir.

Sarie Abdeslam

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