CCME. « Lettre à Sabrina et à ceux qui doutent »

Par Mohammed MRAIZIKA

Md Mraizika
Sur le Forum d’un site internet (maglor.fr) une jeune fille « Sabrina » a exprimé son étonnement quant à la rencontre d’associations-MRE avec le CCME, dans le cadre de son initiative de dialogue, en ces termes – je cite textuellement- : « Quand j’ai vu la liste de ces personnes, je vous avoue que je suis resté bouche bec. étonnée de voir des opposants notoires au CCME deviennent des partisans. Courtisés par une simple invitation? »Il n’est pas de mes habitudes de rentrer dans des polémiques et des échanges qui conduisent dans des impasses. Mais, ce droit de réponse m’a semblé utile pour clarifier certaines choses et susciter un vrai débat.Je comprends et je respecte votre colère et votre indignation « Sabrina ». Nous avons tous, pour des raisons diverses, cumulé de la colère, du ressentiment et de la haine contre tous ceux qui ont manqué de respect aux MRE, bradé leurs droits ou contrarié leurs revendications légitimes. Nous avions raison de le faire et nous devons aujourd’hui, plus que jamais, poursuivre le combat.En ce moment, des cabinets et des directions ministérielles se penchent sur  l’élaboration des lois organiques censées donner vie aux principes annoncés par la Constitution et par le discours royal du 20 août (quid du Conseil de la jeunesse…)

Question : est ce que les MRE doivent déserter le terrain du dialogue et de la proposition ? Continuer à s’auto-flageller et s’entredéchirer et les laisser décider à leur place ?

Est-ce que le fait d’accepter de débattre et de dialoguer avec les responsables d’une institution nationale signifierait la compromission ?

Je rappellerai jute en passant cette réalité : le CCME est l’émanation d’un dahir royal (décembre 2007).

Non Sabrina. Les MRE doivent, surtout en ce moment, faire entendre haut et fort leur voix, préciser leurs attentes et proposer des idées pertinentes en la matière. Il y a 36 façons de le faire. Mais, peu importe la manière, l’essentiel c’est de le faire honnêtement et l’assumer ouvertement.C’est dans cet esprit et avec cette volonté que j’ai, personnellement, accepté de faire le voyage de Rabat avec une délégation du CAI-Almohagir. Le débat et les échanges qui ont marqué notre rencontre avec le CCME furent francs et directs. Il n’était nullement question de négocier ou de cautionner, mais, d’échanger, de dialoguer afin de dissiper les malentendus et clarifier les positions respectives.

D’ailleurs, et dans cette même optique, nous avons rencontré d’autres institutions que le CCME, pour dire qu’il ne serait pas acceptable et légal que les MRE ne puissent pas disposer de représentation effective dans la vingtaine de Conseils prévus par la Constitution de 2011. Nous avons, à cette occasion également rappelé à tous qu’il est impératif que ceux qui ont géré les affaires des MRE rendent compte de leur gestion aux instances (d’évaluation et de contrôle/Parlement, Cour des Comptes) dont c’est la mission et la fonction. Les MRE peuvent, certes, l’exiger, c’est leur droit, mais ils n’ont aucun moyen (technique, juridique) de le faire eux mêmes. Soyons donc pragmatiques.

Il me semble, en effet, qu’aujourd’hui, nous devons mener le combat avec plus d’intelligence et de rigueur non seulement pour exiger la mise en œuvre de l’article 163 (CCME) mais, pour que tous les droits constitutionnels des MRE voient le jour et rapidement.Ce combat nous ne pouvons pas le mener uniquement à distance, par écrit ou dans les forums, mais sur place et avec les premiers concernés (Ministères, partis, Conseils, Fondations, ONG nationales). C’est ce que j’ai fait et continuerai à faire ouvertement, officiellement. Je rencontrerai même le diable s’il le faut pour promouvoir et défendre les causes et les intérêts MRE, mais entendons-nous bien, il n’est pas question de vendre mon âme à ce diable.

Enfin, un petit conseil Sabrina : attention aux pyromanes qui ne font qu’attiser le feu de la désinformation et de la haine systématique et « gratuite ». Certains d’entre eux ont entrepris des démarches officieuses (envoi de mails, appels, intermédiaires…) pour participer à la rencontre avec le CCME, mais se permettent, aujourd’hui, de donner sur le net des leçons de bravoure et de fidélité à des valeurs et à des principes intangibles. C’est cela l’indignité et c’est cela la tricherie.

Mohammed MRAIZIKA (l’un des participants à la rencontre avec le CCME)

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NDLR

Lire l’article de Sabrina paru dans Maglor le 18 septembre 2012

Rencontre-débat du 15 Septembre 2012 à Casablanca à l’initiative du CCME (Majliss Al Jalia)Le 15 Septembre, à l’initiative du Conseil de la Communauté des Marocains de l’Etranger (CCME), se sont réunis, à Casablanca, une trentaine d’acteurs associatifs, issus de l’immigration Marocaine, venus de plusieurs pays dont l’Allemagne, la Belgique, le Canada, la France, le Gabon, l’Italie et les Pays-Bas.Cette rencontre s’est déroulée dans une ambiance empreinte d’esprit démocratique et ponctuée d’échanges francs et fraternels.

Les participants ont saisi l’occasion pour saluer le discours de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, du 20 août dernier, dans lequel Il a confirmé les droits des Marocains du monde à une participation citoyenne et politique, y compris dans les institutions du Royaume.
Les différents intervenants ont formulé des analyses pertinentes tant sur le bilan que sur les futures perspectives du CCME.

Les acteurs associatifs présents ont salué l’initiative du CCME, qui s’inscrit dans le cadre d’une démarche d’ouverture et de dialogue. Ils ont exprimé le souhait de continuer leurs contributions pour un CCME apte à relever les défis pour mieux servir les Marocains du monde et le Maroc.

Les participants ont décidé de créer une commission chargée du suivi et du dialogue avec le CCME au moment où notre pays vit, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, un grand chantier institutionnel et constitutionnel.

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