PERSPECTIVES DE LA DIASPORA DES M.D.M

Par Chatar Saïd

Chatar Said
Chatar Said

Il n’est pas inutile de commencer notre article par deux questions que nous croyons essentielles par rapport à la situation problématique du C.C.M.E qui fait tourner pour le moment tout le monde en bourrique et auxquelles nous allons revenir ultérieurement. La première porte sur la forme procédurière suivant laquelle ce conseil avait été formé. La deuxième concerne le fond, c’est-à-dire le contenu destiné à répondre aux attentes et aux aspirations de la diaspora des M.D.M : élaboration d’un plan avec une stratégie bien définie, des objectifs prioritaires fixés au préalable, des moyens humains, matériels et financiers mis en œuvre en vue d’atteindre ces objectifs correspondant aux besoins existentiels de la diaspora des M.D.M, le Feed-Back, les mécanismes de contrôle des activités et d’évaluation continue des résultats obtenus par ce C.C.M.E.

Par ailleurs, pour ce qui est de notre article d’aujourd’hui, son objet consiste en deux propositions que nous supposons utiles par rapport aux vécus de la diaspora des M.D.M et aux questions qui émergent de ses situations problématiques.

La première proposition a pour vocation de remplacer la dénomination de «Ministère délégué auprès du premier Ministre en Charge de la Communauté Marocaine Résidante à l’Etranger» par «Ministère des Marocains Du Monde» (Ministère des M.D.M). Ainsi, au lieu d’occuper un strapontin, ce Ministère des M.D.M va utiliser un fauteuil au sein du gouvernement pour n’avoir aucun mal à faire face au rôle qui lui est échu en matière de traitement des problèmes de la diaspora des M.D.M.

La seconde proposition est de revoir les rapports de la diaspora des M.D.M avec, d’une part le Ministère des affaires étrangères, et de l’autre le Ministère des M.D.M.

Les services consulaires sont institutionnellement rattachés au Ministère des affaires étrangères, alors que c’est au Ministère chargé des M.D.M que la communauté marocaine résidante à l’étranger s’adresse. Le rôle du consulat qui est le service de l’état chargé des relations avec les ressortissants marocains au sein des pays d’accueil est avant tout d’aider la communauté marocaine à venir à bout de ses tracas administratifs (délivrance de divers documents légaux…), la protéger, l’accompagner socialement, etc.

D’où notre suggestion suivante : ne serait-il pas plus efficace et plus conforme au bon sens que les services consulaires qui sont rattachés institutionnellement au Ministère des affaires étrangères soient transférés vers le Ministère des M.D.M (prérogatives, budgets, ainsi que toutes les autres compétences bureaucratiques qui intéressent directement les M.D.M)? D’autant plus que c’est au Ministère chargé de la communauté marocaine résidant à l’étranger que les M.D.M adressent leurs réclamations et leurs plaintes comme on l’a déjà annoncé plus haut. Tout le monde y gagnerait : d’un côté, le ministère des Affaires étrangères se concentrerait sur la diplomatie : les affaires étrangères, les relations extérieures, bilatérales et multilatérales (voir nos précédents écrits sur la diplomatie) ; et de l’autre, les Marocains du Monde auront un accès plus facile à l’administration et par conséquent la possibilité de mieux voir leurs interlocuteurs et de suivre plus facilement leurs doléances.

Ainsi, le Ministère des M.D.M aura toute latitude d’organiser et de gérer comme il se doit ce service essentiel qui constitue une interface stratégique déterminante entre la diaspora des M.D.M et son pays d’origine.

La diaspora des M.D.M qui est estimée à 4.500.000 d’âmes dont 2.700.000 personnes actives, soit 20% des forces vives de la Nation est en mouvements perpétuels : géographique ou spatial, social et biologique. Sa croissance démographique, sa mondialisation et sa répartition à travers les 4 coins du monde exigent plus que jamais une gestion et un management de ses affaires administratives courantes en phase avec son évolution et sa complexification.

Aussi l’administration et la gestion des affaires courantes de la diaspora des M.D.M qui vont s’amplifiant, s’articuleraient-elles autour de 4 régions, circonscriptions administratives et électorales prévues pour elle par zone géographique internationale, à savoir : l’Amérique, l’Europe, l’Afrique, l’Asie (y compris le monde arabe). L’on doterait le Ministère des M.D.M de quatre départements chargés de l’administration et de la gestion des problèmes et des affaires courantes des M.D.M résidant dans ces quatre zones internationales. Idem pour la diplomatie « publique-parallèle » à laquelle procèderait la diaspora des M.D.M en coordination avec le ministère des affaires étrangères au niveau de ces quatre régions.

Toutefois, en dépit du large champ de liberté d’action que les pays d’accueil offrent dans les limites légales pour les activités associationnistes, les associations formées par la diaspora des M.D.M qui dispose de moyens et de compétences humaines plus que suffisantes restent faibles du fait de leurs difficultés internes et externes (voir nos articles précédents).

Nous avons signalé à ce sujet dans nos écrits précédents que jusqu’alors, les associations formées par la communauté d’origine marocaine en Belgique qui s’activent dans un cadre associatif fragmentaire, disparate et désarticulé, se sont montrées incapables de remplir pleinement leur mission d’encadrement de la diaspora des M.D.M et de mettre en lumière le grand nombre d’affaires que celle-ci subit (spoliation de patrimoine, entraves aux investissements, etc.).

Les doléances de la diaspora des M.D.M ne pourront être réellement prises en considération que le jour où les acteurs associatifs les intégreront dans des programmes en faisant des travaux d’approche pour mieux organiser des rencontres et structurer des dialogues sous forme de projets à réaliser à court, moyen et long terme, et ce en coordination avec les Etats et les sociétés civiles des pays d’accueil et du pays d’origine où ils auront en face d’eux un seul interlocuteur qui serait le Ministère des M.D.M.

C’est pourquoi, les associations doivent toujours être de tous les combats pour une meilleure implication de la diaspora des M.D.M dans les institutions politiques marocaines, électives et autres afin qu’elle puisse se sentir pleinement citoyenne marocaine conformément au droit conféré par la nouvelle constitution.

Donc, pour mieux s’impliquer dans les institutions politiques marocaines comme le lui permet le cadre constitutionnel (article 16, 17, 18, et 163), la diaspora des M.D.M doit toujours avoir à l’esprit qu’il vaut mieux compter sur soi-même que sur les autres.

Aussi la diaspora des M.D.M ne pourrait-elle mener à bien des activités probantes et concluantes qu’à travers des organisations et des associations capables d’élaborer des politiques avec des plans, des programmes et des projets qui correspondent à ses besoins et à ses nécessités.

C’est pourquoi, ces organisations et ces associations doivent recourir à des travaux d’approche systémique et multisectorielle reposant sur trois colonnes principales : la colonne économique, la colonne politique et la colonne socio-culturelle et cultuelle.
A suivre…

CHATAR Saïd

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