LES DEBOIRES DE LA DIPLOMATIE ALGERIENNE

Par Belhaloumi Abdelrhani

Belhaloumi Abdelrhani
Belhaloumi Abdelrhani

Décrypter la diplomatie algérienne  nécessite que l’on  passe par la France. Cette dernière a une diplomatie bilatérale en Afrique,  pragmatique, dont le principal objectif est d’assurer la stabilité politique intérieure de ses anciennes colonies pour préserver les intérêts nationaux de la France. Autrement dit, l’Afrique est à la fois pour la France une zone  riche sous influence, du moins avant l’arrivée des Chinois sur le continent africain,  et une zone à aider économiquement, ce qui explique parfois l’ambiguïté des rapports. C’est pourquoi, par exemple, la France  n’intervient pas au Kivu (ou le trésor des Grands Lacs), ses intérêts étant garantis. La guerre au Kivu avec  ses 13 groupes armés, son cortège de souffrances, ses victimes civiles, ses cohortes de réfugiés, sa confusion militaire et la passivité de la mission des Nations Unies pour le Congo (MONUC), n’est même pas abordée par la presse dans le monde. Au Mali, c’est différent. Et donc, en impliquant  l’Algérie dans le bourbier malien,  la France  compense son échec en Tunisie, en Libye et en Égypte lors des révolutions récentes. Quant à l’Algérie, on peut résumer sa diplomatie en un seul  mot : l’ échec.  Elle  a mis fin  en décembre 2012 aux discussions  avec Mouvement national pour la libération de l’Azawad  ( proche de la France),  et Ansar-Dine, suite à la visite du Président français en Algérie Ensuite, la France a dissuadé la Mauritanie et le Burkina Faso de prêter main forte à l’Algérie pour faciliter les négociations avec les groupes armés. La France aurait même pesé sur la désignation  de  Romano Prodi comme émissaire des Nations unies pour le Sahel. Cet émissaire qui a dès le départ évoqué une intervention  militaire en septembre 2013, et ne s’est  pas rendu au  Mali une seule fois, Drôle d’émissaire, non ?

L’échec le plus cuisant est celui de voir l’Algérie renoncer au principe de non-ingérence  chez ses voisins. Principe que l’Algérie a mis en avant pour justifier ses positions lors des révolutions dans les pays voisins. L’Algérie a, pour rappel, violé ce principe depuis 1974 en s’immisçant dans le dossier du Sahara marocain. Alors que lors des négociations d’Évian, quand De Gaulle affichait sa volonté de garder le Sahara sous contrôle français,  les Marocains qui accueillaient  les résistants algériens  sur leur sol avaient  refusé le partage de l’Algérie. Et donc, dans le dossier  malien, l’Algérie a concédé à la France le survol de son territoire par les Rafale français ( en contradiction avec le décret exécutif n°10-199 du 30 août 2010 qui stipule que la demande de survol du territoire national doit être introduite au minimum 21 jours avant la date du survol), le soutien en matière de renseignements, et la fermeture des frontières pour empêcher  le repli des  terroristes  en Algérie. Une fermeture qui s’est avérée  juste théorique. La France a en effet gagné du temps, vu les élections présidentielles incertaines  en Algérie en 2014.  Et ceci a mis au grand jour la limite de la politique sécuritaire  et l’opacité qui l’entoure en Algérie;  et a mis le doigt sur l’incapacité des services de renseignements algériens à anticiper une attaque terroriste sur leur territoire.

On voit que l’Algérie concentre inutilement des forces le long du Sahara marocain et autour du camp de Tindouf, alors que la priorité devrait être ailleurs, exemple : construire un Grand Maghreb, sécuriser la frontière avec la Libye, renforcer la sécurité d’In Aminas et du gisement pétrolier de Hassi Messaoud (et son bidonville appelé la bête ‘al haycha’).

Sur le plan économique par contre, on apprend que British Petrolum  pourrait abandonner le projet gazier d’Areg, près de Tamanrasset. Par contre Statoil n’a encore rien dit. C’est en fait une société internationale d’énergie basée en Norvège. L’un des premiers fournisseurs de gaz naturel du marché français. C’est une société spécialisée dans le secteur de la génération électrique à partir du gaz naturel. Bas du formulaire

Et pour conclure, j’espère que le Tribunal Pénal international  s’interrogera  sur le sort des réfugiés maliens qui viennent gonfler les rangs des déplacés environnementaux en Mauritanie. Et que la paix règne  en Afrique  et dans le monde.

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