Histoire de chevaux

Abdelkrim BELGUENDOUZ

Lors de la rencontre-débat du 21 décembre 2013 organisée à Paris par « Maroc-Développement », quelques images ont été utilisées dans les propos tenus par d’aucuns à la tribune.

Le CCME, à l’instar d’un beau véhicule, avec tous les accessoires derniers cris, ne peut être jeté ou abandonné s’il est mal conduit. On change le chauffeur, a-t-on dit. Il est vrai qu’il y’a eu une dégradation très rapide du vernis externe, des coulements de bielles, des excès en tout genre, des dérapages, des sorties de route au point de rentrer dans le mur. Sauf que dans le cas de certaines voitures (de course à chevaux multiples), il y’a aussi le co-pilote, et pour un autocar qui peut prendre par exemple tous les membres de l’institution, voir même son staff, il y’a également le « graisseur », qui peut contribuer et s’adonner aussi à certaines mauvaises conduites. Tous endossent des lors une responsabilité certaine.

Par ailleurs, c’est une avancée d’être arrivé au constat que l’émigration est « un cheval indomptable ».
En effet, ceux qui ont tenté jusqu’ici d’apprivoiser les Marocains du monde, de les embrigader, de les dresser (y compris les uns contre les autres), de les contrôler, même « amicalement » ou de manière « néo-amicale » en réactivant avec d’énormes moyens financiers des cellules dormantes, en ont pour leurs frais (en fait ceux des contribuables) et pour leurs grades.

Mais, y compris pour le futur, la démarche en termes de nominations pures dans les institutions censées les représenter démocratiquement comme le CCME, n’a-t-elle pas d’autres buts que de maintenir et de perpétuer ces rapports de domination et de tutorat sur les citoyens marocains à l’étranger, considérés comme des mineurs, des incapables, des adeptes du moutonisme ? Cette vision sécuritaire qui est à cheval sur la première, ne connaitra-t-elle pas la même issue ?

Voilà pourquoi, ceux qui font semblant maintenant d’être plus réalistes, d’être revenus à la raison, doivent savoir qu’en ce concerne la gestion chaotique de l’institution à laquelle ils ont participé activement et qu’il faut réformer profondément, on ne peut rester à l’application de doses homéopathiques, là où il faudrait un remède de cheval.
Ceux qui vont considérer ceci comme une « belguendouzerie »(selon leur expression ajbaliya),vont-ils une nouvelle fois monter sur leurs chevaux, en reprochant à ceux qui parlent ainsi d’avoir enfourché un cheval de bataille et en affirmant dans une posture victimaire, que leur institution est vilipendée et la plus injustement critiquée !?
Critiquée dit-on, mais n’y a-t-il pas de quoi ! ?

Abdelkrim BELGUENDOUZ
Universitaire à Rabat,
Chercheur spécialisé en migrations

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