CCME : Face à la guerre déclarée par d’aucuns, nécessite d’un débat responsable et serein


Belguendouz Abdelkrim
Belguendouz Abdelkrim
Par Abdelkrim Belguendouz

Dans un article paru récemment dans certains sites,  consistant en une attaque personnelle en règle contre l’auteur des présentes lignes, des propos tels que les suivants ont été largement sollicités  comme « arguments » de choc pour marquer les esprits et donner à l’écrit une intensité maximale : « obsession maladive », « posture du domaine de la psychanalyse », « escroquerie intellectuelle », « ambition inassouvie qui tourne à l’obsession », « opposition obsessionnelle et revancharde d’une personne aigrie », « en situation de transe »… Au-delà de l’usage répété d’un même mot et d’une idée fixe sous diverses formes, qui tournent à ce qui est appelé l’obsession textuelle, les lecteurs apprécieront la très haute qualité et la profondeur de l’analyse  qui nous a été fournie : de quoi attribuer un prix Nobel spécifique de psychanalyse à son auteur génial !!! Auteur en terme de binôme ou de duo, ligué par une inspiration douteuse, car qui se ressemble s’assemble. L’article publié est en effet incontestablement la résultante du « travail de lobbying conduit (par d’aucun, notamment) auprès des MRE potentiellement influents », avec en tête le signataire de l’article en question, qui encense et porte aux nues son protecteur. Mais sans avoir nullement besoin de les nommer et les prénommer, quel est le profil de ces protagonistes-détracteurs ? Dans quel objectif leur article a-t-il été publié, qui a intérêt à lancer cette attaque personnelle et à qui « profite » t-elle ?

Savoir raison garder

Quel que soit le niveau où a été  descendu le « débat » à travers les nombreuses formules utilisées et assumées par d’aucun, mais dont la marque de fabrique, frappée du sceau de l’indécence et comprenant des indices d’une pensée totalitaire qui refuse tout point de vue différent,vient d’une autre provenance identifiable et identifiée par tous, comme étant un membre dirigeant autoproclamé d’une institution nationale consultative (suivez mon regard), la vigilance s’impose. En effet, le signataire de l’article en discussion ne se fixe pas comme objectif le dialogue, mais recherche le conflit, voir même la guerre, faisant fi de toute mesure, éthique et sens des responsabilités. Cependant, tout en le remettant bien à sa place, on ne cédera pas à sa démarche belliqueuse, l’auteur des présentes lignes se devant de savoir raison garder. Il ne tombera pas dans le piège de la provocation du prête-nom qui n’est que la voix de celui qui le domine soit par faiblesse, bien qu’il relève par ailleurs du ministère de l’Intérieur d’un pays d’immigration, soit pour des raisons qui rappellent étrangement le film « Pour une poignée de dollars », ainsi que sa suite : « Et pour quelques dollars de plus », ou bien pour les deux raisons en même temps.

Une situation pitoyable

Peine perdue pour celui qui se laisse volontiers manipuler, caresse son souffleur dans le sens du poil, mélange tout dans ce qui ne donne enfin de compte qu’une très mauvaise salade niçoise, l’allusion géographique à cette étape étant très importante, pour comprendre de qui et de quoi on parle. Estimant que la défense avec un grand zèle d’un des dirigeants d’une institution NATIONALE consultative MAROCAINE fait partie de ses oignons, le « loueur de sa joue » ou, comme le dit une expression marocaine, nous livre en fait un plat de très mauvais goût, se contentant d’apposer sa signature avec cachet sur un plat déjà préparé et très suspect, sentant pourtant le roussi à distance. Et dire qu’à Nice, place Grimaldi précisément, pas très loin d’un commissariat familier de ce fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, on peut changer de menu et aller à un restaurant dont la réputation est bien établie, où on peut déguster les célèbres spécialités bretonnes, à savoir les galettes et les crêpes sucrées ou salées. Son enseigne est sur tous les supports publicitaires. Est-ce une coïncidence fortuite que ce restaurant s’appelle« La Voix de Son Maître » !?. Les habitués de cette crêperie, dit-on, ont un avantage sur les autres. Ils acquièrent un comportement particulier à l’extérieur. Pour services rendus, surtout quand ils se déplacent physiquement ou même virtuellement de ce côté-ci de la Méditerranée, ils continuent à bien se sucrer, en présentant des notes très salées. Cependant, quand il ne s’agit pas d’un paiement privé, mais de source publique, l’exigence est vite satisfaite. Surtout si le payeur a pratiquement carte blanche dans une institution nationale consultative, dont même le Parlement marocain qui affecte à cet organisme un budget annuel conséquent (quelques 49 millions de dirhams, voire même plus selon le cas), dans le cadre du vote de la loi de finances, ne peut exercer sur ce type d’institution aucun contrôle financieret sans que par ailleurs, la Cour des Comptes ne lève le petit doigt. Alors que, là où il y’a des questions qui se posent sur la gestion de l’argent public, il y’a normalement des comptes à rendre. On constatera alors comment, de manière pitoyable, une personne peut perdre jusqu’à son honneur et son âme en prêtant ou en louant sans dignité son nom et prénom pour une vile besogne, une opération honteuse de manipulation intellectuelle dans un but malfaisant et pervers, moyennant, sans scrupule, des contreparties.

Absence de constance

Tout comme la même personne qui se fait acheter, arrive à approuver à Casablanca le 22 février 2014 le Dialogue national sur la société civile qu’elle avait combattu sans vergogne par procuration d’un membre de la commission nationale pour les mêmes raisons quelques semaines auparavant à Lyon (17 novembre 2013), en essayant de montrer maintenant que si ce dialogue a réussi enfin de compte, c’est grâce à l’initiative prise par d’aucun d’amener des participants MRE à cette réunion de Casablanca, en marge du SIEL… Certains des bénéficiaires du séjour agréable, envoient en retour au véritable organisateur de la réunion, qui est par ailleurs le véritable auteur de l’article que nous discutons, des compliments tels « homme d’Etat » (!!), témoignage qui est vite utilisé auprès de certaines instances par l’intéressé à être Calife à la place du Calife à l’institution consultative, en essayant de montrer qu’il maitrise la situation…

Changement de veste

L’autre contradiction devant laquelle se place le prête-nom ou le vendeur de son nom, qui a par ailleurs l’habitude de s’accaparer, à l’insu des modérateurs concernés, de listes de diffusions, est le fait qu’il y a à peine deux ans, il disait, à propos de l’ensemble des responsables de l’institution nationale concernée, exactement l’inverse de ce qu’il déclare aujourd’hui avec une dépendance, une soumission et une complaisance manifestes à l’égard plus particulièrement d’un membre dirigeant. Or une personne qui veut se situer au niveau où elle prétend se placer, en administrant avec arrogance diverses leçons, ne change pas ses principes, moyennant notamment un ou des billets d’avion, pris de surcroit sur des fonds publics, et quelques nuitées d’hôtels, fussent-ils  cinq étoiles.

Se rafraichir la mémoire

A la même période, et pour communiquer sur ce qu’il appelait « l’indispensable  dialogue avec le CCME », l’actuel prête-nom s’adressait par écrit à l’auteur des présentes lignes pour dire : « je vais être le plus franc possible car j’estime que vous avez droit, eu égard à vos engagements et à vos écrits depuis la création du CCME (…) A ma connaissance, celui qui est très actif dans ce dialogue du coté Ccme, c’est (nom volontairement supprimé ici par moi A.B, mais il s’agit de l’auteur réel de l’article que nous discutons depuis le début).

 En réaction, la réponse suivante lui fut adressée et, par transparence, publiée dans « Dounia News » du 9 septembre 2012 :

« Merci du message que vous avez bien voulu m’envoyer, qui part de la volonté d’aller de l’avant.  Je souhaiterai réagir sur quelques points : *Il n’y a pas d’opposants au Ccme, qui est un acquis en soi, mais des opposants à la ligne et à la politique suivie par les responsables du Conseil. *Ce qui est primordial maintenant, ce n’est pas l’indispensable dialogue AVEC le Ccme, mais c’est l’indispensable réflexion et dialogue AUTOUR du futur Ccme. *Pour les responsables du Ccme, ce qui devrait être à l’ordre du jour, c’est le reddition des comptes (en positif et en négatif). *L’heure étant à la préparation du projet de loi pour un Ccme constitutionnalisé, la formule la plus adéquate pour sa préparation, serait l’inscription de cette question dans le cadre d’un dialogue national concernant spécifiquement les citoyens marocains à l’étranger (articles 16, 17, 18, 30, 163). *Les responsables du Ccme ayant failli à leur mission, dans le cadre du dahir de 2007, consistant en particulier à présenter un avis consultatif s’agissant du futur conseil, la préparation du projet de loi ne pourrait être le fait que d’autres instances officielles, même si, bien entendu, il faut tirer tous les enseignements du fonctionnement depuis la création du conseil. De ce fait, le dialogue autour du futur Ccme, devrait à notre sens se faire avec ces instances officielles, dans le cadre d’une démarche transparente et démocratique, s’inspirant de l’esprit de la Constitution et du discours royal du 20 août 2012. *Dans ce cadre et cet esprit, je suis prêt, si les instances officielles concernées le souhaitent, en impliquant d’autres chercheurs, à apporter ma modeste contribution à ce projet d’intérêt national ». (Fin de la réponse de A. Belguendouz).

Refus de faire le jeu d’un clan

Voilà donc, document et preuve à l’appui, notre position défendue sur ce point. Dés lors, on est bien loin du « paternalisme » et autres balivernes sur la « stratégie personnelle » contenues dans un développement de l’écrit récent que nous discutons : « Depuis plusieurs mois déjà, des acteurs associatifs MRE dans le cadre du dialogue ouvert avec les responsables du CCME ont décidé de tourner la page de la discorde, privilégiant l’intérêt commun. Pour mémoire, le Professeur Belguendouz s’était également opposé par des écrits à cette conciliation, dans une posture paternaliste, infondée moralement, considérant que ce dialogue contrarie sa stratégie d’ordre personnelle ». L’évolution des faits a bien montré que la réunion organisée à Casablanca le 15 septembre 2012 par le CCME avec certains acteurs associatifs MRE et à l’insu même des membres du Conseil, ne privilégiait pas l’intérêt général, maisn’était qu’un artifice pour favoriser au niveau de la direction du Conseil, telle personne contre une autre, renforcer la position d’un clan contre un autre pour être Calife à la place du Calife, alors que ces clans ont toujours été solidaires. C’est le trio dirigeant dans son ensemble (le président, le secrétaire général et le membre dirigeant qui est numéro 3 avec sa nomination par le numéro 1), qui est collectivement responsable du bilan calamiteux de l’action du Conseil, en dehors de quelques activités culturelles très médiatisées, qui sont à prendre en considération. Précisons par ailleurs que cette nomination d’un simple membre du Conseil à un poste salarié et de responsabilité, crée une différence parmi les autres membres du CCME et dans la hiérarchie de l’institution, et fait fi notamment de la logique du « conflit d’intérêt ». De plus, même s’il est en perte de vitesse depuis bien longtemps, le numéro 1, cumulant la présidence d’une autre institution nationale est officiellement toujours là, et on voit mal comment, dans l’article que nous discutons, et qui veut rendre à César ce qui est à César, une nouvelle division des tâches et redéfinition des pouvoirs est présentée comme un fait accompli : le numéro 2 est visiblement cantonné au religieux et le numéro3,  simple  membre du Conseil à l’origine, s’arroge le « laïc » et tout le reste des attributions Ceci rappelle l’histoire de la grenouille qui veut devenir aussi grosse que le bœuf. Ce faisant, certains ne prennent-ils pas leurs désirs pour la réalité ?

Clarification

A propos du dernier SIEL, une clarification s’impose. Dans l’article que nous discutons, le reproche suivant nous est fait à propos de certaines phrases reproduites dans notre texte que l’on aurait attribué faussement à un dirigeant du Ccme. L’objection dit ceci : « Nous sommes à l’école du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger… le CCME est une  organisation de référence en matière de gestion de la diaspora en Afrique et dans le monde ». « Cette phrase est le témoignage d’un responsable ivoirien et non celle d’un responsable du CCME !! » (fin de l’objection).Contrairement à ce qui est prétendu dans l’article que nous discutons, à chaque citation reproduite, nous avons précisé la source exacte et nous maintenons cette présentation. Aucune citation reproduite n’a été attribuée à un responsable du CCME alors qu’elle a été faite par un responsable ivoirien. Les lecteurs peuvent vérifier eux-mêmes en revenant à notre article d’origine. Sous le titre de témoignages euphoriques, voilà ce qui était écrit sur ce point : « il est vrai que des témoignages très élogieux sont venus d’un responsable ivoirien invité par le CCME au Siel, disant que le CCME est un modèle à suivre en Côte d’Ivoire (titre paru avec photo de ce responsable en compagnie d’un dirigeant du CCME, sur le site de ce conseil), qu’il constitue un exemple sérieux à prendre comme référence : « Nous sommes à l’école du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger », « le CCME est une organisation de référence en matière de gestion de la diaspora en Afrique et même dans le monde » (citation du responsable ivoirien par l’agence de presse ivoirienne APA et reproduite au Maroc par l’agence MAP et sur le site du CCME) » (fin de notre propre citation) On constate de ce fait que la ficelle est trop grosse. On veut faire croire que sur le fond, notre analyse est bâtie sur de fausses informations et qu’elle perd par conséquent toute crédibilité et objectivité. Par ailleurs,le prête-nom et le véritable auteur de l’article que nous discutons, se sont bien gardés de démentir les explications et arguments (très gênants car mensongers !!!) que les responsables du CCME ont développé auprès du responsable ivoirien : augmentation des transferts des MRE et régularisation des sans-papiers, en attribuant faussement ces deux faits à l’action du CCME !!!pour faire accréditer l’idée de « modèle »…

« Celui qui n’a pas la chose, ne peut la donner »

Les choses ont évolué très vite depuis le SIEL. Le message de certains dirigeants du CCME est passé et a accroché auprès du gouvernement ivoirien. La démonstration est le discours officiel prononcé à Rabat le lundi 10 mars 2014 par Ally Coulibaly, ministre de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, lors de la séance d’ouverture d’un séminaire international axé sur l’intégration des immigrés au Maroc, dans le cadre de la nouvelle politique migratoire du Maroc, en présence notamment de Anis Birou, ministre chargé des MRE et des affaires de la migration, organisateur de ce séminaire. Lors le son intervention, le ministre ivoirien a notamment déclaré : « Dans le cadre de ses missions, la Direction générale (des Ivoiriens de l’Extérieur), confiée à Monsieur Issiaka, lui-même Ivoirien de l’Extérieur, issu de notre diaspora à Londres, a entrepris plusieurs missions dans votre pays auprès du Conseil de la Communauté des Marocains de l’Etranger (CCME), pour apprendre et bénéficier de votre immense expérience en la matière. Permettez-moi donc, Mesdames et Messieurs, d’exprimer toute notre gratitude au Conseil de la Communauté Marocaine de l’Etranger, pour sa totale disponibilité à nous appuyer pour la mise en place d’un Conseil Supérieur des Ivoiriens de l’Extérieur dans les mois à venir, mais également dans l’élaboration de notre politique en faveur de la diaspora ivoirienne ». Or une nouvelle fois, une institution nationale marocaine dont la structuration n’est même pas achevée au niveau du nombre, qui n’a pas produit d’avis consultatif durant les quatre premières années pour son propre devenir avant sa constitutionalisation en 2011, qui n’a présenté aucun avis consultatif permettant des réformes substantielles des politiques publiques marocaines en direction de sa diaspora, pose une série du questions. Faut-il « exporter » un modèle qui réussit, ou bien une expérience qui échoue ? Faut-il d’abord assainir l’institution concernée, la refonder structurellement, la démocratiser, la rendre efficiente, la dynamiser sur des bases crédibles, ou faut-il dans ce domaine, procéder à une fuite en avant, quitte à porter tort à la coopération globale recherchée par le Maroc de manière sérieuse, à travers notamment la dernière tournée africaine réussie de Sa Majesté le Roi Mohammed VI ? Comment, en l’état de dysfonctionnement où elle est, cette institution peut-elle, à travers ses responsables, aider de manière constructive et efficace un pays frère et ami à mettre en place un conseil supérieur pour sa diaspora et contribuer également à l’élaboration de la politique de la Côte d’Ivoire en direction de la diaspora ivoirienne !? Comme le dit une célèbre maxime, « celui qui n’a pas la chose, ne peut la donner »… Relever cela n’est nullement un « agacement » d’une « reconnaissance venue d’ailleurs », celle-ci de bonne foie, étant bâtie sur de fausses informations livrées par d’aucuns, qui n’ont pas eu le courage de la vérité et le sens des responsabilités, lié aux exigences d’une coopération crédible et véritable.

Démasquer la tricherie

A l’intention maintenant du véritable auteur caché de la réponse, qui nous cite nommément, en considérant le qualificatif de chercheur spécialisé en migration comme « de l’escroquerie intellectuelle » (expression déjà utilisée publiquement à deux reprises en notre absence par le même « responsable » à notre égard, lors de la rencontre de « Maroc-Développement » à Paris le 21 décembre 2013), nous lui disons quatre choses. En premier lieu, la signature avec laquelle apparaît l’article m’attaquant personnellement, n’est ni celle d’un homonyme, ni un pseudonyme, ni une identité usurpée. Il s’agit en effet d’une identité authentifiée. La personne concernée publie régulièrement depuis le « Sommet de Casablanca » du 15 septembre 2012, des chroniques, « opinions » et articles sur le site officiel d’une institution consultative marocaine, moyennant rémunération avec des deniers publics. Le fait pour le véritable auteur de l’article me concernant, de s’appuyer et de se cacher derrière le nom et prénom de cette personne relevant par ailleurs du ministère de l’Intérieur d’un pays étranger, ne le met nullement en situation d’impunité totale et permanente, bien au contraire. En second lieu, nous dirons au véritable auteur de l’article me concernant, ce qui suit. Ce fut un immense honneur pour l’auteur des présentes lignes, de remettre en mains propres à Sa Majesté le Roi le 21 août 2013, notre avant-dernier livre « Gouvernance migratoire au Maroc et CCME en débat (2008-2013) », comprenant notamment une étude documentée d’une cinquantaine de pages intitulée : « CCME : un conseil consultatif sans aucun avis ! Pourquoi ? ». Certains n’apprécient pas en fait que dans le cadre démocratique que vit notre pays, des points de vue différents sur la chose publique (ici les politiques publiques migratoires marocaines), parviennent directement au Souverain. La multiplicité des canaux de communication les gène, les agace et les embarrasse énormément, dans la mesure où cela peut remettre en cause leurs discours et leurs pratiques publiques et dévoiler les dysfonctionnements de leur gestion. D’où les tentatives désespérées de discréditer les auteurs de ces analyses, de jeter l’opprobre sur eux, de ternir voir même de salir leur image. Il en est de même de leur phobie à l’égard de l’usage de certaines caricatures accompagnant ces analyses, comme cette caricature expressive de WakeupMRE, inspirée d’une célèbre formule d’Albert Einstein pour  résoudre les problèmes d’une institution nationale consultative empêtrée dans la mal-gouvernance, alors que, ironie de l’histoire, elle fait partie constitutionnellement des institutions de bonne gouvernance : « On ne règle pas un problème en utilisant un système de pensée qui l’a engendré. Ce n’est pas avec ceux qui ont créé les problèmes qu’il faut les résoudre ». Le fait que cette caricature ait été publiée auparavant dans un article, n’enlève rien de sa pertinence. Et pour cause, elle a même servi pour la page de couverture de l’avant-dernier livre.et a été très bien appréciée, sauf et c’est tout à fait compréhensible, par ceux qui se sentent visés.

Dire toute la vérité et rien que la vérité

Les responsables du Conseil continuant à diffuser des informations mensongères, précisons à nouveau qu’à la date d’aujourd’hui, le CCME n’a adopté aucun avis consultatif, aucun rapport stratégique, aucun rapport financier, ni aucun rapport d’activité. Tous ces documents, y compris les avis consultatifs, doivent nécessairement être discutés et adoptés par l’assemblée plénière, qui ne s’est réunie qu’une seule fois, au lancement effectif du Conseil, début juin 2008. L’alinéa b de l’article 12 du dahir n°1-07-2008 du 21 décembre 2007 est très clair là-dessus : l’assemblée plénière « statue sur les projets de rapports, les recommandations et les avis consultatifs qui lui sont remis dans le cadre de l’ordre du jouir ». Déclarer par divers canaux que des avis consultatifs ont bien été envoyés au Cabinet royal et qu’il appartient à cette instance seule d’autoriser la diffusion du contenu, n’est qu’une vérité tronquée. Si leur communication est en effet du ressort du Cabinet royal ou nécessite son accord préalable, il n’y a pas eu d’avis consultatifs en tant que tels adoptés par le CCME. Comment peut-on alors avancer valablement que des avis consultatifs ont été adressés au Cabinet royal !? Néanmoins, des notes, fiches, compte-rendus ou autres documents ont pu être envoyés par la présidence du CCME au Cabinet royal, mais ils ne répondent pas aux critères d’avis consultatifs, tels que précisés dans le dahir de 2007. C’est d’ailleurs le sens d’une mise au point tirée d’un mémorandum daté du 9 septembre 2012 adressée au président du CCME par un ex membre du CCME, Abdou Menebhi, et rappelée dans sa lettre de démission, en date de février 2013 : « Nous vous rappelons l’impérieuse nécessité d’organiser en bonne et due forme une assemblée plénière statutaire. Cette instance est seule habilitée, après débat responsable, à valider ou non tout rapport d’activité, rapport stratégique ou rapport financier au nom du Conseil et à légitimer ou non tout avis consultatif du CCME sur les politiques publiques marocaines en matière de communauté, ou tout avis consultatif sur le futur conseil. Nous déclinons toute responsabilité à propos de tout document de cette nature remis aux autorités compétentes, ou bien au Parlement dans le cadre de la nécessaire reddition des comptes, qui ne soit pas préalablement adopté dans ce cadre légal et responsable ».

Accepter de débattre publiquement

Nous dirons en quatrième lieu au commanditaire et rédacteur réel de la réponse, que la sous-traitance de bas étage à laquelle il procède, n’est pas le signe de probité et de courage intellectuel. Qu’il se découvre donc de manière transparente et qu’il discute scientifiquement et objectivement avec « l’ingéniosité d’expert » (dans une autre version publiée par un autre site, il est dit « l’ingéniosité remarquable »)comme le qualifie le prête-nom, ce qui équivaut en fait à une auto-glorification et auto-satisfaction sans borne ! Nous lui renouvelons publiquement cette fois-ci, notre entière disponibilité à avoir un débat public contradictoire serein et sans complaisance, quand il veut et où il veut au Maroc, en se mettant d’accord sur le modérateur ou la modératrice qui doit être impartial(e). LE DEFI LUI EST DONC LANCE PUBLIQUEMENT.

Lire toutes les pages

Ce débat sur la politique et les pratiques publiques de l’institution, doit concerner toute la période du mandat depuis décembre 2007 et il n’est pas question de « tourner la page » sur les cinq  premières années d’existence de l’institution, durant lesquelles aucune mission centrale (consultative et prospective) n’a été assurée, pas plus d’ailleurs que jusqu’à nos jours en 2014. Curieusement, le prête-nom qui manifeste de l’excès de zèle, nous assure avec une garantie à cent pour cent, que ce bilan se fera le moment venu de l’évaluation, comme s’il disposait de prérogatives personnelles en la matière, alors que ce qui est réellement recherché, c’est d’esquiver à tout prix la reddition des comptes. Dés lors, une double interrogation se pose : le prête-nom serait-il devenu le porte-parole effectif de l’institution, ou bien le rédacteur réel de l’article qui a été donné à la simple signature, s’est-il mélangé les pinceaux, croyant maitriser intégralement tous les leviers et ressorts de la communication ?

Cri d’Al Jaliya

Par ailleurs, le Cri de colère d’Al Jaliya, lancé par le Collectif des Marocains d’Europe de manière responsable notamment à Strasbourg (8 décembre 2013), Paris, Triviso en Italie (8 février 2014)  s’agissant des droits politiques par rapport au Maroc des citoyen(ne)s marocain(e)s à l’étranger, dérange fortement certains et ne peut nous laisser indifférents à l’intérieur du Maroc, pour marquer notre solidarité citoyenne. C’est dans cet esprit que nous signalons la parution il y a quelques jours, de notre dernier livre de 208 pages (disponible au Maroc dans les kiosques), intitulé : « Marocains du monde : sous-citoyenneté et non représentation parlementaire. Jusqu’à quand !? ». Il s’agit d’une adresse destinée aux dirigeants du CCME qui jouent un rôle de blocage dans ce domaine, à ceux des partis politiques et des syndicats, aux parlementaires marocains et au gouvernement Benkirane II. Le sujet de la participation et de la représentation politique des Marocains résidant à l’étranger par rapport au Maroc, est controversé. Il fait même polémique diront certains. Mais dans le livre précité, bien que la discussion peut paraitre comme vive, elle ne touche pas les personnes, mais les idées des responsables, leurs pratiques dans le cadre de leur responsabilité publique et leurs positions publiques. En l’occurrence, sont passés au crible les arguments avancés officiellement de manière générale et par les responsables du CCME en particulier, qui se sont donnés une mission précise et une marque de fabrique, celle de s’opposer à la participation et représentation parlementaire des citoyens marocains à l’étranger, à partir des pays accueil. Leur double langage est démonté à travers des citations et des positions publiques précises, en indiquant les sources exactes pour prévenir toute contestation facile. Comme le dit une expression en dialectal, il s’agit « d’amener le menteur jusqu’à la porte de la maison ».

Citoyenneté d’abord

Contrairement aux membres dirigeants de cette institution nationale consultative, on ne peut accepter de transformer une anomalie démocratique insupportable et intolérable en une discrimination justifiée, au travers notamment d’un certain nombre d’activités publiques et de publications tendancieuses de cette institution, telles que « la question de la participation et de la représentation politique des Marocains du monde » (en français et en arabe, octobre 2013). Cette revendication de l’effectivité des droits politiques par rapport au Maroc des citoyens marocains à l’étranger, dont il ne faut nullement nier ou minimiser l’existence, nous l’assumons encore une fois et encore comme un combat politique noble, qui doit être mené jusqu’au bout,jusqu’à sa pleine réalisation,alors que les opposants farouches à cette participation et leurs défenseurs zélés, le conçoivent de manière péjorative et méprisante comme une « obsession ». Ce faisant, ils confondent suivi vigilant, constance dans la lutte démocratique, veille en termes de droits humains et fidélité à des principes et valeurs avec ce qu’ils appellent « obsession », « harcèlement moral et règlements de comptes » à l’égard spécifiquement des responsables d’une institution nationale consultative qui pâtissent, affirme l’article que nous discutons, d’un « déni de justice », alors que les missions de ces responsables, tels que prévues par le dahir de 2007, n’ont nullement été assurées, après plus de six années d’exercice…

Fidélité

Auduo dont nous avons discuté l’écrit et qui nous reproche notre « obsession CCME », nous dirons tout d’abord que pour aucune institution publique, le suivi de la gouvernance et du cahier de charge ne peut être tabou ou interdit par les dirigeants eux-mêmes de l’organisme, qui refusent de se soumettre au débat public et à la reddition des comptes. S’estimant déjà au dessus du contrôle financier, dans une logique allant dans le sens d’une immunisation, les dirigeants du Conseil considèrent que l’institution doit constituer un tabou politique, dans la mesure où aucun débat citoyen et encore moins un débat contradictoire la concernant, ne doit avoir lieu, sinon ce sera considéré comme « un acharnement »… Plus fondamentalement, nous dirons que rien n’est plus important que d’être soi même, authentique, de se sentir en adéquation avec sa conscience et d’être fidèle aux valeurs auxquelles on croit, n’étant nullement prêt, au nom d’un réalisme ou par un calcul quelconque pour des raisons notamment de carrière, à jouer à la compromission, à abandonner certains des engagements les plus forts de toute une vie de militant pour la cause des émigrés marocains (ainsi que des immigrés au Maroc) et la défense de l’effectivité de leurs droits pris dans leur intégralité et indivisibilité : droits économiques, sociaux, culturels, éducatifs, cultuels, mais également droits au plan politique et démocratique par rapport au Maroc.

Parler vrai

La crédibilité de l’approche suppose d’être exigeant avec soi même, avec l’histoire et la mémoire (de l’émigration marocaine en l’occurrence), ainsi qu’avec l’avenir, de garder son pouvoir de jugement et son indépendance d’esprit, de maintenir sa vigilance intellectuelle et de renforcer la liberté de parole en toute responsabilité et objectivité. Ce qui importe à notre sens, c’est la conviction, l’engagement lucide, la franchise et le parler vrai, la sincérité, la rigueur et l’honnêteté intellectuelle, le souci de défendre une politique vraie, sans fard, sans mensonge ou tromperie, ni calcul pour des raisons notamment matérielles. Bref, il s’agit de l’opposé de la démarche de certains, dont la seule politique est celle du mensonge, de la falsification de la réalité et de l’occultation en particulier des attentes politiques des citoyens marocains à l’étranger par rapport au Maroc. Sans forfanterie, c’est le sens du combat mené modestement avec constance, sincérité et conviction depuis plus d’une quarantaine d’années, en tant que citoyen engagé et chercheur spécialisé en migration, et ce ne sont pas les propos irresponsables, tendancieux, grotesques voir même diffamatoires publiés par d’aucuns (prête-nom et auteur réel) qui vont me décourager de poursuivre de façon plus intense encore dans cette voie, en solidarité avec les femmes et les hommes d’honneur qui composent la communauté des citoyens marocains à l’étranger.(ainsi qu’avec les immigrés dans notre pays). Il n’est pas question de capituler devant l’intimidation et encore moins devant le terrorisme intellectuel. Se trompent lourdement ceux qui pensent que leur entreprise débouchera de notre part sur la résignation.

L’arroseur arrosé

La pratique de la diversion, consistant ici à s’en prendre par procuration de manière éhontée à un chercheur spécialisé en migration et le recours à la théorie complotiste contre l’institution du CCME ainsi qu’à la position victimaire en parlant d’acharnement, pour se soustraire à la reddition des comptes, ne marcheront pas. L’article discuté est certainement payant au plan monétaire. Il ne l’est pas au plan politique et en matière de communication, puisque l’arroseur en chef est déjà bien arrosé, tout comme celui qui se fait déjà arroser financièrement et qu’ils se sont discrédités eux-mêmes, comme le montrent diverses réactions. À quelque niveau que ce soit, en particulier dans les sphères dirigeantes, personne n’est dupe concernant l’identité de l’auteur effectif de l’article que nous avons discuté, de ses méthodes et pratiques publiques. Comme le dit un proverbe : « on peut tromper une fois mille personnes, mais on ne peut tromper mille fois une personne ». A bon(s) entendeurs(s), salut.

Rabat,  le 13 mars 2014
Abdelkrim BELGUENDOUZ
Universitaire à Rabat,
Chercheur spécialisé en migration
email :abdelkrim_belguendouz@yahoo.fr
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