Entre nous

Belhaloumi Abdelrhani
Belhaloumi Abdelrhani

Par BELHALOUMI Abdelrhani – Bruxelles

Dans le dossier des Marocains du monde, tout le monde est unanime sur l’urgence d’avoir une stratégie globale, mettant fin au chevauchement des rôles,  à la multiplicité des intervenants, au manque de cohérence en matière de politique publique et à mettre fin au gaspillage de l’argent public. Actuellement, pour le même dossier  nous avons :

-Le ministère chargé des Marocains de l’étranger  qui doit gérer en plus  la migration, une matière d’habitude gérée par le ministère de l’intérieur en Europe, puisqu’il s’agit de l’établissement d’étrangers sur le territoire national et donc du droit des étrangers..

-la Fondation Hassan II  qui emploi plus de  700 personnes et dont 80% du budget est absorbé par l’enseignement de la culture marocaine en Europe. Elle  a déjà eu du mal à redéfinir sa place en 2002 lors de la création du ministère chargé des MRE.

– Le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger dont on attend  la dissolution, en attendant la mise en application des dispositions des articles 16, 17, 18, 30 et 163 de la constitution, pour enfin  créer un nouveau CCME conforme à la nouvelle constitution.

– Le Comité interministériel dédié aux MRE et placé sous la présidence du Chef du gouvernement.(Bulletin officiel du 18/11/2013-décret 2-13-731)

– le Comité permanent de coordination, pour assurer une concertation entre 2 institution depuis 2012,  créé par M. Maâzouz (ex-ministre des MRE) et M. Aziman , président de la Fondation Hassan II. Et à côté de tout ça, nous trouvons une panoplie de conventions et de traités dont l’efficacité reste à prouver. Exemple : l’accord signé en 2007 entre le Maroc et la Belgique autorisant cette dernière à extrader des détenus marocains ,ayant payé leurs impôts en Belgique et ayant commis des délits en Belgique, pour purger leur peine au Maroc. Justement, la question que se posent  maintenant tous les Marocains et pas que les MRE :

Comment peut-on maintenir 3 institutions  pour s’occuper du même et seul  dossier, celui des MRE, dans un pays connaissant  des contraintes budgétaires et où la Caisse de Compensation a dû arrêter la subvention  aux  carburants en 2014 ?

D’où  l’idée d’un certain nombre de MRE depuis une dizaine d’années,  d’organiser un méga-meeting consacré à la problématique des MRE,  pour mettre en place une nouvelle stratégie les concernant,  discuter des nouvelles propositions émanant de la société civile et enfin sensibiliser l’opinion publique aux difficultés rencontrées  dans les différentes régions du Maroc. Et justement, après des centaines de rencontres depuis 2002 dans différentes villes marocaines  au sujet des MRE,  Il a été décidé en Allemagne lors d’un salon dédié à la Région de l’Oriental  de tenir  la grande rencontre des Marocains du monde dans des localités ayant émis un très grand nombre de MRE, à savoir la commune de Beni Guil et la municipalité de Bouarfa et alentours. En 2011, cet évènement a été reporté vu le référendum sur la nouvelle constitution, puis les élections et la formation du gouvernement. Puis, en 2012, 2013 et 2014 les cabinets des ministres respectifs  chargés des MRE ont invoqué 3 raisons ;

  1. que cet évènement n’a jamais figuré sur leur agenda
  2. et qu’il n’ a pas de budget pour cela
  3. et que la demande par e-mail n’est pas acceptée

Mais, voilà quand même l’ordre du jour de cet évènement qui n’aura pas lieu (le cabinet du ministre actuel a même confirmé la date du 8 août 2014, puis  plus rien) :

-La fusion entre les 3 institutions chargées des Marocains du Monde pour ne garder que le CCME  (pas l’actuel)  tel qu’ officialisé par la nouvelle constitution.

– la garantie pour les MRE d’avoir 10% des sièges dans les Conseils régionaux  et  35 sièges au Parlement . Et ça n’a rien avoir avec la proposition du parti qui s’était d’abord  opposé  à l’entrée des MRE au Conseil économique et social, puis il est venu avec une proposition un peu tardivement.

– une liste indépendante pour MRE lors des prochaines élections avec possibilité de figurer sur les listes des partis pour ceux qui le souhaitent

– la présidence tournante des Agence de développement  MRE/Marocains résidant au Maroc

– la dissolution du CCME avant fin 2014

– la création d’une télévision pour MRE, sous forme de société coopérative responsable  dont le mandat consisterait à faire le lien entre tous les Marocains, dans la transparence et l’innovation, loin de la pagaille  organisée qui règne  jusqu’à présent.

– l’association des banques et de la Royal Air Maroc aux projets des MRE

– l’encouragement des compétences de l’étranger à soutenir le développement du pays

– l’assistance aux groupes vulnérables et défavorisés :  tels que nos chibanis, les sans papiers, les MRE expulsés d’Europe, d’Irak, de Syrie, de Lybie et d’ailleurs

– l’élaboration d’une politique nationale intégrée et prospective de la question migratoire

-le lancement d’une approche historique approfondie susceptible de déceler la complexité du flux migratoire et ses causes…

Evidemment, les attentes et aspirations des Marocains du monde sont nombreuses ; mais commençons par la mise en application des articles de la nouvelle constitution les concernant, pour faire gagner le Maroc.

—-Pour info :

Les MRE de Bouarfa et alentours  attendent l’ouverture de l’aéroport international de cette ville depuis 2004, l’ouverture de l’unique ligne de chemin de fer internationale au Maroc (Bouarfa-Oujda-Oran), le soutien pour la construction à Beni Guil  d’une école  supérieure des sciences de l’Espace, vu l’existence de compétences issues de la localité  et la construction d’une station solaire dans la localité appelée Khnag AL Atoche (barrage Sfisef). ; sachant que les critères exigés par le Plan solaire marocain y sont réunis : énormes réserves en eau, des compétences et du soleil toute l’année. Le soutien de la candidature de l’ex-mine de manganèse de Bouarfa (ayant été exploitée par  la Compagnie minière du Pas– de- Calais, cotée en bourse, à Paris) ,  pour son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, à l’instar des 5 sites miniers du Bois du Cazier belge. Enfin,  l’appel de  l’association Jnane pour le développement  local à Tendrara  demandant  la destruction des stocks de pesticides* périmés entreposés dans des maisons par des fonctionnaires de l’Agriculture depuis 2008. L’annulation de toute la délimitation faite par le Haut  Commissariat  aux Eaux et  Forêts depuis le colloque national sur les forêts à Ifrane en 1996. La délimitation étant  une procédure administrative régie par un cadre juridique réglementaire et procédural bien élaboré. Le problème est que tous les documents destinés à informer la population riveraine et à l’aider à sauvegarder ses droits d’usage légalement reconnus, étaient en langue française.

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*Le code international de conduite pour la distribution et l’utilisation des pesticides (FAO,1990), stipule ceci : les pesticides périmés doivent être éliminés, et les sols contaminés doivent être traités de la même manière que les pesticides périmés. Ainsi que le code éthique sur le commerce international des produits chimiques ; décision 16/35 du Conseil du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) de mai 1991, chapitre 19, résolution des Nations unies 47/190 déc.1992.

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