Remarques à qui de droit

Belguendouz Abdelkrim
Belguendouz Abdelkrim

Le duo associatif qui a mis en relief avec pertinence dans «Tijjini Talk»le caractère confus et stigmatisant de la Fatwa sociologique du 26 janvier 2015 au Conseil de l’Europe et a demandé des éclaircissements à ce sujet. a eu gain de cause. Par procuration comme d’habitude. celui qui se présente cette fois-ci comme un islamologue averti de Nice. vient d’apporter la lumière nécessaire en volant au secours du sociologue strasbourgeois et néanmoins directeur du Conseil de la la communauté marocaine à l’étranger dans un article intitulé : «islam de France. constat et réalités amères». édité également sur le site officiel du CCME.

Au lieu que les deux premiers responsables hiérarchiques du CCME se démarquent publiquement de l’intervention du directeur de ce Conseil au Conseil de l’Europe. en publiant un communiqué en la matière. voilà que le site officiel du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger. est utilisé pour persister à défendre l’indéfendable.

Pourtant. peu de temps auparavant et au travers d’un écrit. le signataire de l’article avait estimé que le débat à «Tijjini-Talk» auquel le sociologue auditionné au Conseil de l’Europe n’a pas jugé bon de participer. »ne mérite pas de réponse». dans la mesure où il s’agit de «trois minables». »dépourvus de capacités intellectuelles pour comprendre le sens des mots. mais aveuglés certainement par la jalousie (…)»

Nul doute qu’en tant que coordinateur (par intérim) du «Forum des Marocains du Monde». il fera également tout son possible pour qu’à sa prochaine réunion autonome bien entendu et totalement indépendante comme lors de sa création le 18 décembre 2014. il fera voter une motion de solidarité avec qui de droit. A moins qu’entre temps et par excès de zèle. certains membres du «Forum»( pas tous bien entendu). font déjà le travail à titre individuel. en signe de reconnaissance à leur mentor.

Obligation de réserve

Estimant n’avoir aucune obligation de réserve. puisqu’il est fonctionnaire du ministère français de l’Intérieur qui s’occupe également du culte. le signataire de l’article «l’islam de France : constat et réalités amères». s’est fait en réalité son propre «fossoyeur».
En effet. il bat en brèche l’aspect «balkanisé» de l’islam non pas bleu-blanc-beur. mais bleu-blanc-vert..De même. par son exégèse approfondie et la solidarité spirituelle  qu’il manifeste. il remet implicitement en cause le caractère «municipal «. «inculte» et «analphabète» de l’islam qui a une côte d’azur. puisqu’en définitive. il reprend à son compte le même raisonnement que celui du sociologue strasbourgeois. au point que l’on arrive à croire que c’est ce dernier qui a réellement rédigé l’article que nous discutons…Un formidable clonage  et formatage intellectuel !

L’islam «inculte» !!!

Relevons de la vidéo intégrale de l’APCE. pour ne pas être taxé d’»indigne montage vidéo». ce que le sociologue-directeur du CCME disait littéralement de «l’islam inculte». qui constitue parmi les cinq caractéristiques principales de tous les islams d’Europe. C’est un «islam inculte.Ce n’est pas un islam encadré par des savants.C’est un islam qui ressemble aux gens qui le portent. qui sont souvent des analphabètes.Vous savez l’islam en Hollande. quand je vois des jeunes en Hollande ( et là je vois là-bas mon amie Khadija Arib -qui est députée aux Pays-Bas-). quand je vois des jeunes en Hollande. des fois ils ne parlent ni l’arabe. ni le français. ils parlent le hollandais et le rifain.»
Curieusement. le texte qui a été conçu selon un sous-titre repris dans certaines listes de diffusion. comme «quelques explications et un peu de pédagogie pour répondre aux fossoyeurs». ne présente aucune objection à la critique du caractère «inculte» de l’islam avancé par le sociologue-directeur du CCME lors de l’audition.

Par ailleurs. ce même article ne répond aucunement aux remarques sur le faux introduit par la synthèse en arabe de l’intervention du 26 janvier 2015 à Strasbourg. publiée notamment sur le site officiel du CCME et prétendant en titre qu’»Ajbali défend l’islam et les musulmans de France au Conseil de l’Europe». alors que la vidéo intégrale de l’APCE montre tout le contraire.

Reconnaissons cependant à cet ijtihad «spontané» et purement personnel du signataire de l’article. un grand mérite : la théorie de l’islam «pauvre» se vérifie. dans la mesure où le financement étranger du rite ou courant strasbourgeois. provient il est vrai généreusement de Hay Ryad à Rabat siège du Conseil.

Propos irresponsables

Ce qui s’est dit le 26 janvier 2015 au Conseil de l’Europe par un responsable d’une institution nationale consultative sous couvert de sociologie. ne constitue pas de simples propos «malheureux». qui auraient dépassé la pensée de leur auteur.Ils ont été dits avec une assurance affichée. voir même arrogance comme ceci apparait clairement dans la vidéo de l’APCE reproduite intégralement en fin d’article.Ils sont très graves. irresponsables. outrageants et insultants pour l’islam et les musulmans en Europe nécessitant que les mesures qui s’imposent soient prises.

Par ailleurs. participer au débat de manière responsable et transparente est une chose.Répondre par contre en apposant sa signature par procuration ou délégation fournie par celui qui n’assume pas ses responsabilités et prétend par contre respecter l’obligation de réserve en tant que directeur du Conseil( sauf à Strasbourg !). en est une autre.

Si bien que, au delà du signataire de l’article en question. les présentes remarques sont  destinées principalement à qui de droit. c’est à dire au donneur d’ordre. déjà pris à plusieurs reprises dans le passé. en flagrant délit de sous traitance de signature pour fuir le débat public démocratique et ne pas assumer courageusement ses responsabilités.
A notre sens. le signataire de ce genre d’articles contre rémunération du Conseil avec l’argent du contribuable. doit cesser cette pratique.Il doit connaître ses limites pour de multiples raisons. politiques et déontologiques déjà bien connues du débat public et sur lesquelles on ne reviendra pas.Sur ce plan. notre appel s’adresse directement aussi aux deux premiers responsables officiels du CCME. c’est à dire «Monsieur les DEUX présidents» et le secrétaire général.

Ne pas instrumentaliser le site officiel du CCME

Par ailleurs. le site officiel du CCME. dans lequel. faut-il le rappeler. a été également publié l’article que nous discutons. n’est pas fait pour être instrumentalisé par les responsables de l’institution. qui censurent au même moment l’expression citoyenne des contradicteurs de la politique officielle suivie par les dirigeants du Conseil et de leur gestion.

Un constat significatif : même la revue de presse quotidienne. »médias et migration» dont on prend bien soin de préciser qu’elle «ne reflète que des commentaires ou analyses parues dans la presse marocaine. internationale et autres publications. qui n’engagent en rien le CCME». ne reprend pour information aucun article un tant soit peu critique de la gestion du CCME ainsi que de ses choix politiques et ce depuis des années.

Certains noms. dont l’auteur des présentes lignes. sont ainsi totalement interdits de parution. -que ce soit des articles de presse. des études paraissant dans des revues scientifiques ou l’édition de livres-sur instruction du trio dirigeant. et ce au mépris des principes élémentaires de la démocratie et de la transparence.

Interpellations multiples

Il nous semble très important que les décideurs au Maroc. en particulier ceux qui suivent le dossier stratégique d’intérêt national de la communauté marocaine résidant à l’étranger. tirent les enseignements adéquats. dans le cadre de la reddition des comptes en liaison avec l’audition marocaine du 26 janvier 2005 au Conseil de l’Europe.
Il en est de même des parlementaires marocains qui sont associés aux travaux de l’APCE dans le cadre du Partenariat pour la Démocratie. dont bénéficie le Maroc.

D’autres instances sont interpellées : le chef du gouvernement. le ministère des Habous et des Affaires islamiques. le Conseil supérieur des Oulémas. le Conseil des Oulémas pour la communauté marocaine en Europe et son pendant à Bruxelles. qui garde encore le mutisme sur le sujet. à savoir le Conseil européen des oulémas marocains ( CEOM).

Invitation publique à un débat contradictoire

Sur le devenir du CCME. dont quatre propositions de loi sont en souffrance à la Chambre des Représentants et sur le bilan et la politique suivie par les responsables du Conseil ( en particulier leur opposition viscérale à la représentation parlementaire au Maroc des citoyens marocains résidant à l’étranger). nous sommes prêt à avoir un débat public contradictoire. serein et responsable. avec l’un d’entre eux. sans réticence aucune.Les trois responsables du Conseil accepteront-ils de l’organiser avec un modérateur ou une modératrice impartial(e) choisi(e) d’un commun accord. à l’occasion par exemple du tout prochain Salon International du Livre et de l’Édition ( SIEL) à Casablanca !?

L’invitation leur est lancée. voir même publiquement renouvelée.

Rabat. le 3 février  2015
Abdelkrim Belguendouz
Universitaire à Rabat.
chercheur spécialisé en migration

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