L’union fait la force

Chérif Boudelal
Chérif Boudelal

Ce défi ne sera relevé que si les lâches qui gouvernent le monde arabe et musulman soient balayés par leurs peuples. Mais aussi lorsque les intellos de ces communautés, vivant dans le confort en Occident et tournent le dos aux leurs (agonisants), se rendront compte qu’ils seront toujours considérés comme le colonel Ben Daoud (c’est-à-dire des traîtres) ; et que seules leurs communautés respectives puissent leur servir de rempart.

Je m’explique :

1) Si les régimes qui gouvernent les pays dont sont originaires les musulmans de France se respectaient, respectaient leurs peuples et exigeaient la protection de leurs ressortissant à l’étranger, les pouvoirs des pays où les musulmans sont victimes d’islamophobie, voire carrément lynchés, auraient tout fait pour les protéger. Un petit exemple : les juifs qui sont les moins souffrants de la xénophobie en France, dès qu’un acte anti juif est commis, tous les partis politiques, le chef de l’Etat, le 1er ministre et le gouvernement entier montent au créneau pour dénoncer « l’antisémitisme ». Par ailleurs, le gouvernement mobilise police et armée pour protéger leurs lieux culturels et religieux. Pourquoi ? Parce que l’Etat d’israël et le lobby sioniste de France l’exigent.

Pourquoi les musulmans n’ont pas bénéficié des mêmes protections alors que des centaines d’actes islamophobes ont été commis contre leurs lieux de culte, voire des agressions contre les femmes qui portent le foulard ? Parce que les gouvernements des pays d’origine des musulmans de France sont des morts vivants, ils ne bougent pas leurs petits doigts pour défendre leurs ressortissants.

2) Quant aux intellos arabo-musulmans de France, sont à l’image de leurs gouvernements d’origine. Toutes les communautés d’immigrés qui se sont succédé en France ont résolu leurs problèmes grâce à leur unité, à leur organisation et à leur solidarité. Mais surtout grâce au dévouement de leurs intellectuels qui avaient mis leurs compétences au service des leurs. Ils se sont organisés par catégories professionnelles, regroupant autour d’eux toutes les sensibilités politiques et culturelles pour maintenir le lien permanent entre eux et agir ensemble pour le bien-être de leurs communautés.

Ils ont mis leurs compétences au service des leurs pour aider les enfants de leurs communautés respectives dans leur scolarité, orienter les jeunes à préparer leur avenir, etc. Les intellectuels de ces communautés ont été à la fois éducateurs, pédagogues, conseillers et rassembleurs auprès des leurs. Voire ils ont été les ambassadeurs de leurs communautés respectives auprès des institutions de l’Etat et de la société civile. Et c’est cela qui fait la différence entre les intellectuels de ces communautés-là et ceux de la communauté arabo-musulmane qui n’arrivent pas à se débarrasser de leurs complexes multiformes.

S’il y a un exemple pédagogique en matière d’organisation et d’unité à donner aux intellectuels défaillants de la communauté arabo-musulmane de France, ce serait celui des communautés de sensibilités culturelles et religieuses différentes telles les communautés juive et italienne qui ont souffert plus que quiconque de la xénophobie dans en France, durant des siècles pour les juifs et pendant un siècle pour les Italiens. Il y a aussi d’autres communautés (arménienne, polonaise, espagnole, portugaise, ou encore les communautés noires et métisses originaires d’outre-mer, etc.) qui ont soufferts de la marginalisation pendant longtemps, mais ils se sont bien sortis grâce à leur unité dont les principaux animateurs étaient et restent leurs intellectuels.

Toutes ces communautés ont fait leur place dans la société française, leurs membres occupent aujourd’hui de hautes fonctions au sein des institutions de l’Etat. Si l’on excepte les Noirs de la métropole qui souffrent encore du racisme de la même façon que la communauté arabo-musulmane, les autres communautés n’ont plus aucun problème majeur en France. Bien qu’elles soient intégrées dans le tissu social français, ces communautés restent attachées à leurs cultures d’origine et à leur histoire, et personne ne trouve cela anormal car elles ont chacune un rapport de force dans la société. Par leur unité, leur organisation au sein de leurs associations de sensibilités différentes, elles se sont imposées dans la société française.

Paradoxalement aux intellectuels des communautés citées, les intellectuels arabo-musulmans de France préfèrent mener la belle vie en tournant le dos à leurs communautés respectives. Ils se démarquent de leurs « ex compatriotes » pour prouver aux autres leur « intégration » ! Quelques-uns d’entre eux dits progressistes, se manifestent individuellement à travers des écrits et/ou des débats ; mais ils restent frileux quant à leur engagement concret auprès de leurs communautés d’origine agonisantes ; alors que celles-ci ont besoin de leurs compétences mais elles ne les voient pas venir à leur secours.

Bien que des militants parmi eux soient sincères dans leurs engagements individuels, ils sont peu efficaces car non organisés ; et donc leurs actions ne touchent pas ou très peu les populations concernées. Quant à leurs écrits, ils ne bénéficient pratiquement qu’aux intellectuels qui font des recherches sociologiques sur l’immigration, et à une infime partie des jeunes issus de l’immigration qui ont eu la chance de faire des études. Ceci dit, l’adage qui dit « L’union fait la force » n’a pas été exploité par les communautés arabo-musulmanes, de France, car orphelines.

Ce que les gens, et notamment les jeunes, doivent savoir, c’est que, une communauté unie et organisée pèse le poids d’une montagne sur le plan politique dans un pays comme la France où seuls les rapports de force comptent. A l’inverse, une communauté qui n’a aucun rapport de force politique, elle pèse moins qu’une feuille morte. Et comme les communautés musulmanes de France n’ont aucun poids politique, elles sont exposées aux lynchages.

Enfin, pour mieux comprendre la politique de deux poids deux mesures des gouvernants français vis-à-vis des musulmans, comparez le « foulard musulman » à la kippa juive. Après avoir voté des lois interdisant le foulard pour les filles dans les écoles, puis le niqab partout, on veut interdire maintenant aux assistantes maternelles musulmanes de porter le foulard chez elles ! Alors que le premier ministre a déclaré récemment ceci : « Les juifs de France peuvent porter avec fierté leur kippa! » Ceci devrait suffire aux musulmans de France pour qu’ils se réveillent.

Chérif BOUDELAL

Auteur du livre : «  L’immigration de peuplement en France au XXIe siècle – Et le défi d’intégration des citoyens qui en sont issus ».

https://www.facebook.com/justiceuniversellepourtous

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