Les intellectuels et la diaspora d’origine marocaine

Par Sarie Abdeslam

Sarie Abdeslam
Sarie Abdeslam

Depuis belle lurette nous vivons en Belgique pléthorique dans une société duale comme au Maroc. Les intellectuels d’un côté et les autres de l’autre côté. On se voit, on se regarde, on sourit mais on ne se côtoie pas, et on ne vit pas ensemble, on vit parallèlement et on s’évite mutuellement sans raisons apparentes mais avec courtoisie. Depuis longtemps je déplore l’abandon par les intellectuels, surtout actuellement que nous vivons et nous subissons une guerre larvée d’idées contre nous et que nous sommes stigmatisés par des attaques tout azimuts contre notre dignité, nos femmes, nos jeunes, contre notre origine, notre civilisation, notre religion et contre notre prophète. Le silence assourdissant de nos penseurs et leur absence perpétuelle pendant que certains intellectuels européens sans scrupules nous dénigrent quotidiennement est pour nous un double calvaire. Nos intellectuels ont des compétences j’en suis sûr malheureusement peu ou pas exploitées. Toujours et encore les mêmes courageux, que je remercie en passant, qui sont au front, se battent vaillamment et nous défendent avec acharnement et ténacité contre la discrimination contre la xénophobie, contre l’islamophobie et contre les extrémismes. Je me demande tout le temps, où sont les nos autres soi-disant intellectuels ? Messieurs les intellectuels, nous avons besoin de vous aujourd’hui et maintenant pour répondre aux injures, aux insultes et aux mensonges de ces démagogues et fascistes qui vomissent leurs insalubrités sur nous.
Le silence de nos intellectuels absents du champ de bataille est révoltant, incompréhensible et inacceptable. IL est temps que ces frères de sang et concitoyens se réveillent de leur sommeil profond et qu’ils prennent leurs responsabilité pour nous accompagner dans notre lutte contre l’injustice flagrante qui touche notre diaspora et plus particulièrement les femmes et le jeunes. Le temps de se taire est révolu, il est temps de prendre la plume, le clavier et il est temps de parler de s’exprimer, de s’expliquer et d’argumenter. Surtout maintenant avec tous les moyens sophistiqués qui sont à la portée de tout le monde. Nous sommes encerclé par des ennemis bien armés et bien équipés, d’un côté les salafistes et les extrémistes qui utilisent à bon escient les moyens informatiques pour influencer nos jeunes et les attirer dans leurs traquenards. De l’autre côté, la droite et l’extrême droite utilisent les grands moyens avec souvent le soutien officiel pour nous esseuler et nous éloigner et nous écarter de la société où nous vivons.
Il faut le reconnaître, nous vivons une période très difficile et les derniers événements dramatiques compliquent encore nos relations avec les autochtones qui ne comprennent plus grand chose par tout ce qui se passe de l’autre côté de la méditerranée. Surtout les attentats terroristes sanglants et meurtriers en cascade, Belgique, France, Tunisie, Yémen, Égypte, Syrie, Irak et ailleurs ajoutent l’incompréhension et multiplient les amalgames. En tout cas le laisser faire laisser aller par certains ne nous arrange pas. Chers intellectuels, réveillez vous car nous ne pouvons pas contrer le tsunami qui s’abat sur nous. L’ignorance, certains journalistes malhonnêtes, la droite réactionnaire, la gauche clientéliste, le front national, le vlaams belang et d’autres mouvements fasciste livrent une guerre sans merci contre nous, bouc émissaire, pour effrayer la population en semant la zizanie et la discorde entre les différentes composantes de la société européenne. Ce sont eux aussi les vrais coupables et les vrais criminels et terroristes qui méritent châtiment.
Finalement, la question politique majeure qui se pose est que nous sommes des victimes mais montrés des doigts comme coupables présumés et comme des terroristes éventuels qu’il faut à tout prix faire attention. Leurs actions nous assassinent et votre silence nous étouffe.

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