Les enfants des camps de réfugiés et de séquestrés

Saïd Chatar
Saïd Chatar

Des millions d’enfants réfugiés et séquestrés dans le monde sont brutalisés et utilisés de manière cynique. La situation de fragilité morale et matérielle dans laquelle se trouve ces enfants ne leur laisse la possibilité de faire d’autre choix que ceux que leur offre les barons de la drogue, les trafiquants des êtres humains et les émirs du terrorisme international.

En effet, on évalue le nombre d’enfants tués dans des conflits armés à 2 millions, celui des enfants rendus handicapés à vie à 6 millions. Plus de 250.000 d’entre eux continuent d’être exploités en tant qu’enfants soldats. La guerre fait de plus en plus de victimes parmi les femmes et les enfants, et la disproportion du nombre de décès parmi les civils n’a jamais été aussi élevé. Des milliers de filles sont victimes de viol et d’autres formes de violence et d’exploitation sexuelles. Par exemple, dans 60 % des cas enregistrés dans la République démocratique du Congo, les victimes étaient âgées de 11 à 17 ans. Le nombre de filles et de garçons enlevés de leur foyer ou de leur collectivité a atteint un niveau sans précédent.

Aussi assiste-on à l’augmentation de cas d’enrôlement ou de ré-enrôlement transfrontaliers d’enfants se trouvant dans des camps de réfugiés ou de personnes déplacées. Ces cas seraient liés au manque de sécurité autour des camps.

Les « écoles » et « les hôpitaux » qui devraient être des abris sûrs pour les enfants sont de plus en plus souvent la cible de prédilection des groupes armés. Les attaques systématiques et délibérées perpétrées contre des écoliers, des enseignants et des établissements scolaires se sont multipliées dans certaines situations de conflits. De plus en plus, des enfants sont placés en détention pour association présumée avec des groupes armés, en violation des normes internationales.

Ce fléau sévit au Proche-Orient avec Daesch et l’EI en Syrie, en Irak, les Houthistes au Yémen. Avec l’Aqmi et Boko Haram dans la région Sahélo-saharienne et subsaharienne, Tchad, Niger, Mali, Cameroun, Nigéria, R.D.C…

De même, des enfants séquestrés dans les camps de Tindouf sont enrôlés dans les rangs de l’Aqmi entre autres, par le Polisario et ses protecteurs, les généraux algériens qui refusent systématiquement aux organismes humanitaires l’accès aux territoires placés sous leur contrôle.

Malheureusement, par leur hypocrisie, les dirigeants de ce monde déclinent toute responsabilité dans ces événements dramatiques. De même, certains médias qui stigmatisent l’Islam voudraient-ils faire retomber sur les musulmans les torts des autres. C’est pourquoi, en guise de conclusion, je vais oser poser à ces dirigeants et ces médias les questions suivantes :

Les conséquences de la fragilité de ces enfants réfugiés et séquestrés ne constituent-elles pas une menace pour la paix, la sécurité internationale et la stabilité des régions concernées directement par le terrorisme et la traite des humains ?

Qui peut dire d’où viendront les menaces de demain pour l’U.E ? Passeront-elles par Gibraltar (le conflit algéro-marocain), par l’Afrique (les guerres du Sahara et du Sahel), par le Proche-Orient (l’Irak, la Syrie, le Yémen, le conflit israélo-palestinien…) ? Comment l’U.E, les pays de l’espace sahélo-saharien et du Moyen-Orient vont se défendre contre ces menaces de demain ? Défendre ces régions avec qui, contre qui ? Face à cette situation d’indétermination stratégique, la doctrine de sécurité et de défense ne pourrait s’effectuer que dans un cadre d’opérations inter-régionales globales et systémiques permettant un rapport de force en faveur de maintien de la paix dans le contexte international actuel : la pauvreté, la drogue, les guerres, le terrorisme, la famine, la migration, qui font de ces trois grandes régions des zones sensibles, fragiles et dangereuses sur le plan géopolitique.

Saïd CHATAR

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