Much Loved : scandale ou marketing ? Une controverse annoncée

Much Loved
Much Loved

Much Loved le film de Nabil Ayouch est interdit au Maroc. Personne n’a vu le film, tout le monde en parle et en discute . Beaucoup condamnent .

La version finale du film présenté à Cannes hors compétition dure 1h30mn. Par magie , une version d’environ 3 heures a été piratée ( ? ) ainsi que quelques scènes courtes qui n’apparaissent pas toutes dans la version finale !

Est-ce un hasard? Est-ce le résultat calculé d’une stratégie de marketing machiavélique ? La controverse est servie dans un plat ardent.

Nourddine Ayouch est le roi de la publicité au Maroc . C’est l’ Africansucces, annuaire français spécialisé dans les personnalités africaines les plus éminentes, qui le dit dans sa couverture de 2007.

Et il n’a pas tort . Nourddine , qui a fait des études dramaturges et de sociologie/communication à Paris, crée en 1972 l’une des premières agences de publicité à Casablanca ,Shems .Expert en communication -à l’époque- il se réserve le poste de directeur de la presse. Dans un pâturage vierge et sans concurrence, Shems se fait rapidement avec le marché . Son propriétaire se tisse un réseau de contacts aussi éclectique qu’envié . En 1982 Alif, sa deuxième agence de publicité, est née. En 1993 Nourddine crée Archipel, une agence de communication ( encore une autre) ; trois ans auparavant il avait installé Public’s , une agence spécialisée dans les relations publiques.

Le père de Nabil Ayouch est aujourd’hui un homme richissime et puissant au Maroc, mais il est et reste un homme de communication et des relations publiques.

Grace à lui, Nabil, son fils, et son film sont aujourd’hui l’objet de controverse sociale et politique au Maroc.

Moi, je suis convaincu que le film de Nabil était destiné à la controverse avant même sa naissance à Cannes. La polémique fait à mon avis partie de la stratégie de marketing. Et qui de mieux qu’un père Ayouch avec son expérience et ses nombreuses entreprises et contacts pouvait la réussir ?. Gérer la promotion-communication d’un produit n’a rien de sorcier, surtout pour quelqu’un qui connaît le public cible, ses coutumes, ses habitudes et ceux de ses décideurs politiques au pouvoir. Rappelons-nous que Nourddine était, entre autres, créateur et promoteur en 2006 d’une campagne politique grandiose « DABA2007 » qui visait à encourager les citoyens à participer aux élections législatives de 2007. Un objectif raté vu le taux participation alors.

Tel père, tel fils.

Nabil Ayouch
Nabil Ayouch

Comme son père, Nabil a étudié le théâtre en France durant 3 ans. Sa carrière professionnelle il l’a débutée dans la publicité et la communication ; et comme son père , Nabil s’est également lancé dans l’associatif . Le cinéaste sait par expérience parentale qu’être dans le centre de l’ouragan , est rentable. Le père est un personnage public au Maroc , il s’y maintient grâce à la controverse . Dernièrement encore, par sa position sur le dialecte marocain , M. Nourddine était omniprésent dans tous les médias nationaux et les réseaux sociaux . Grace à Much Loved et à la controverse créée autour bien avant sa sortie, le fils le « détrône » mais c’est pour occuper la place laissée par papa .

Il ne faut pas être un Durkheim ou un Chomsky pour comprendre que la polémique était orchestrée bien avant sa première à Cannes. Il n’est pas facile cependant d’en connaître la raison. Il est vrai que Much Loved s’assure désormais un marché rentable dans les salles étrangères .Mais il serait simpliste de croire que l’argent soit le mobil principal .

Est-ce une manifestation de colère et de vengeance des Ayouch contre le Centre Cinématographique Marocain qui a refusé de financer le film de Nabil ? Une question d’honneur familial ? Ce qui est sûr c’est que la polémique est réussie

Aladino Padres

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