L’instant présent, un nouveau carpe diem sur la planète Terre

Le long terme, voilà ce qu’il nous manque aujourd’hui. L’instant présent nous fait oublier le passé et même l’avenir. Nous sommes figés dans un carpe diem décousue de son sens initiale. Vivre l’instant présent, s’occuper de ce qu’il y a maintenant, a pour effet néfaste, de ne plus avoir une vue d’ensemble. Prenons un exemple concret.

Ikram Ben-Aissa
Ikram Ben-Aissa

En 2001, l’image du terrorisme se transforma a tout jamais, l’ennemi numéro un, se prénommait Ben Laden. Il était le représentant direct de ce qu’est un islam terroriste, de ce qu’est Le terrorisme. S’en suivait une série d’attentats au sein de plusieurs villes, toujours sur le son guerrier des longues barbes mal rasés. Puis, et toujours en lien, c’est le groupe al-Qaida qui fut présenté comme la menace sur la planète terre, même si Ben Laden en faisait également parti. Il fallait s’en débarrasser afin que le monde puisse vivre en paix. Et comment ne pas être d’accord avec ce genre d’arguments ? Une menace équivaut bien à des mesures nécessaires. Dernièrement, al-Qaida a laissé sa place, à plus performants dans l’horreur, aux fameux DAESH, ISIS, ou encore prénommés l’État islamique. Ainsi, nous pouvons derrière nos écrans, observer ce qu’ils font, car les vidéos sanglantes et les attentats meurtriers, qui se passent, ici et là, sont accessibles à tous sur internet. Il est inutile de douter sur qui sont les auteurs, ils sont identifiés et reconnus par ces slogans musulmans qu’ils vantent à travers des « Allahu Akbar » ou encore des « La ilâha illa llah ». Ce qu’un croyant innocent utilise pour sa prière, était dorénavant, le signe d’un terrorisme barbare.

Vous l’avez compris, dans ces différents ennemis mondiaux, la chose que ces derniers ont en commun c’est l’islam… mais en réalité, c’est surtout le meurtre et la violence. S’en suivit à nouveau, des mesures nécessaires devant tant d’inhumanité, devant des égorgés. Ce qui est compris par tous, c’est qu’ils ne sont pas saisissables, ils sont ici et là, et leur programme suicidaire ne se sait pas à l’avance. Pourtant, chaque nation se voit investis d’une sécurité donnée, avec des services de renseignements qui permettraient de limiter les dégâts et ainsi, d’isoler ces menaces dont il est question chaque jour à la télévision. Pourtant à nouveau, si leur présence est réelle, c’est certainement parce que certains leur permette de pouvoir exister. Mais d’où peuvent venir tout ces armes qui leur donnent la possibilité d’investir des territoires qui ne leur sont pas favorables ? Comment arrivent-ils à tenir tête devant des armées gouvernementales ? En fait, la grande partie de la vente d’armes viennent des États luttant contre le terrorisme et qui vendent leur surplus militaires à des particuliers! Une liste facilement accessible nous montre que les principaux producteurs d’armes sont aux USA et en Europe. La vente d’armes et l’intérêt que cela apporte aux uns et aux autres est une réflexion qui pourraient exprimer, en partie, cette présence sans cesse de violence et de conflits dans le monde.

Ainsi, d’un coté, nous avons des slogans humanitaires, des cœurs humanistes qui dénoncent ces actes sanguinaires, puis, de l’autre, il existe au sein de la planète terre, un commerce d’armes, un travail de destruction pour reconstruire à nouveau et enfin, un besoin de contrôle des uns sur les autres, précisément, afin que des relations politiques soient maintenues car ceux-là même, ne peuvent survivre que s’il y a les mêmes acteurs qu’auparavant. Le changement ne serait donc pas positif pour tout le monde ? Une réflexion en ce sens peut être développé au sein de ce que l’on appela « le printemps arabe ».

Si la menace « islamiste », ces « terroristes » qui nommés également « djihadistes », s’en prennent à l’Occident sporadiquement, ceux qui se sont retrouvés avec le plus de morts se situent en fait, au sein de pays dits « musulmans »… La quantité n’équivaudrait pas à la qualité ? Et y aurait-il une qualité d’Homme sur cette terre ? Non, il est certain que non et pourtant… Si dans les médias occidentaux, les morts et les conflits sont également à l’ordre du jour, dans d’autres chaînes, c’est le fait de reportage et d’informations qui ne cessent toute la journée… Au Yémen, au Bahreïn, en Syrie, en Afghanistan, en Iran, à Gaza etc. Ainsi, l’Afghanistan fut bombardé dès les attentats meurtriers aux US et l’Amérique s’en allait en guerre pour « venger » leurs défunts. Seulement les USA ? Non, bien sûr que non, contre un crime qui fit des milliers de morts, les pays européens se sont également investis. Comme si un pays particulier pouvait être responsable d’un réseau terroriste précis, comme si des filières meurtrières qui se trouvèrent au sein même du sol américain, ne pouvaient être à l’origine que dans un seul et autre pays.

Aujourd’hui, en 2015, l’Afghanistan est l’un des pays qui possède le plus de réfugiés dans le monde, l’insécurité y est toujours présente, et tandis que l’on y parle des droits de l’Homme bafoués ainsi que ceux des femmes emprisonnés, nulle ne saura vraiment, quelles sont les réelles raisons qui poussèrent des États dits « démocratiques », à intervenir dans ce pays et pas dans d’autres. Ces mêmes États insistent à vouloir défendre le monde contre des inhumains, mais ils sont les mêmes qui laissent pour morts des milliers de clandestins aux bords de leurs frontières et qui enfin, calculent le nombre de réfugiés qui pourront entrer sur leur territoire…Des intérêts, voilà tout, le mot est écris.

Les pays en crises sont nombreux, et nous n’oublions pas les États africains aussi. Boko Haram, version africaine de ce qu’est un terrorisme islamique a également eu droit à ses moments de gloires dans la cruauté au sein de l’actualité internationale. Et les interventions se sont organisées aussi. L’un ne va pas sans l’autre dans certaines situations… L’arrivée de groupes extrêmes, à un moment donnée, ne s’expliquent pas. En revanche, ce qui peut s’expliquer, c’est l’injustice, l’absence des gouvernements dans les solutions aux problèmes de leurs citoyens. C’est le vide de moyens utilisables pour que chaque individu puisse s’épanouir dans ce qu’il fait ou souhaite réaliser.

Si chaque pays possède en son sein un système politique particulier, se basant sur les lois d’un Dieu ou les lois des hommes, dans les différents cas de figures, il existe des vices et des failles. Aussi, faut-il s’étonner que certains jeunes, au nom d’un islam radical notamment, s’en aillent construire un état à leur propre image ? Il est clair, que ce qu’ils y ont trouvé, est bien pire que ce que l’on peut vivre sous les lois dite du « Seigneur » ou encore, sous les lois des néo-libéralistes. Finalement, ces lois, peu importe l’importance qu’elles ont pour les uns ou pour les autres, si elles sont instrumentalisés pour des intérêts tout autres, que celui des droits de l’Homme, elles sont condamnés à disparaître ou dans le meilleur de cas, à se modifier. Le chaos actuel, ferait-il place à un changement ? L’instant présent, n’est en réalité, qu’une succession d’actions passées, et ces mauvaises nouvelles qui la comportent, ne donnent pas espoir d’un devenir meilleur… Mais qui sait ?

BEN AISSA Ikram
Écrivaine.

 

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