Médiocratie et facho obscurantisme

Saïd Chatar
Saïd Chatar

A défaut des droits et des devoirs civiques au Maroc où le mal de vivre s’étend un peu partout, la médiocratie facho obscurantiste étale avec un cynisme révoltant quelques-unes de ses plaies que le peuple ne semble pas prêt ou plutôt pas préparé à désinfecter. Il y a des spectacles que l’on ne peut regarder sans dégoût. Ainsi, à ces moments précis, les horreurs facho obscurantistes que nous voyons à l’œuvre à Inezgane, à Fès…, où elles déploient toutes leurs ressources, nous rappellent-elles et nous révèlent-elles de façon imprévue toute l’atrocité des méthodes des vigiles religieux du régime wahhabite des « Al Saoude », basée sur l’humiliation, le lynchage, le chantage et l’hypocrisie, voire les punitions expéditives en pleine rue.

Nous devons triompher chaque fois que de telles horreurs nous apparaissent dans une de leurs situations sans issue où se manifestent leurs incohérences, leurs équivoques, leurs sabotages, qui les rendent à jamais ridicules ; car elles ne savent pas ce qu’elles veulent. Elles sont désorientées, affolées.

C’est pourquoi, quand la médiocratie facho obscurantiste commet des « fautes » irréparables, la société civile se doit de s’insurger contre elle pour la contenir, afin que l’Etat ne soit impuissant et obligé d’abdiquer devant elle. La médiocratie facho obscurantiste qui est une civilisation à rebours, est incapable de représenter dignement la Pensée, la Conscience et la Raison. Le gouvernement actuel qui n’est que la partie visible de l’Etat profond, donne l’impression de tergiverser et de se cramponner désespérément à quelque principe formel pour sauver les apparences, quand la désunion est au sein même de l’Etat, et quand des complications et des difficultés surgissent dans le clan des médiocres du gouvernement.

Alors, que faire face à la médiocratie des populations qui ignorent leurs droits et leurs devoirs civiques ? Que faire face aux spectacles et aux gestes odieux de la médiocratie, qui comptent aujourd’hui par centaines ? Que faire devant les « scènes » de « Tbourida » d’un parlementarisme tragi-comique dépassant toutes les autres en horreur et en laideur ? Les débats ou plutôt les échanges relatifs au patriotisme qui se sont affirmés maintes fois dans l’hémicycle représentant soi-disant le pouvoir législatif, sous la forme de la vulgarité, de la sauvagerie et de la haine. Malheureusement, à ce propos, le suffrage universel va encore nous réserver des surprises étranges.

Les « beautés » de la « médiocratie » ne se comptent plus : foules acharnées après celui qui est seul, comme le cas de l’homophile de Fès, l’arrestation des deux filles à Inezgane qui, selon les foules, n’étaient pas habillées conformément au précepte de la morale islamique ; lâcheté collective qui envoie en taule les innocents ; « beauté » du jury incapable de représenter dignement la conscience et la Raison ; « beauté » des forces policières, cultivant avec méthode le brigandage et le racket sur les routes, le vol… Tant de « beautés » sont des laideurs étalées au grand jour, ou dissimulées dans l’ombre. Occultes ou visible, elles symbolisent un régime qui s’en va inéluctablement pour être remplacé par une monarchie parlementaire moderne.

Entretemps, le régime fondé sur l’hégémonisme de la bourgeoisie trabendiste et rentière et de ses partis qui, voulant conserver coûte que coûte leurs privilèges, craignant pour leurs existence, pour leur repos, pour leurs habitudes, n’hésitent devant aucun crime. Ils sont décidés à tout détruire, tout désorganiser, à mettre tout le royaume à feu et à sang, plutôt que de perdre leur bien-être, plutôt que de sacrifier leurs intérêts. La bourgeoisie trabendiste, ses partis et les fonctionnaires corrompus qui sont une médiocratie de voleurs, d’imposteurs et d’assassins, s’exercent quotidiennement aux menaces, à l’imposture mystificatrice, au vol, au chantage. En effet, ils ne songent qu’à se défendre et se protéger contre le peuple, contre les patriotes sincères, contre les hommes de pensée et d’action. Ils redoutent la liberté qui les effraie par-dessus tout.

Comme nous l’avons déjà mentionné au début de cet article, la civilisation de la médiocratie trabendiste est une civilisation à rebours. Ainsi puissions-nous nous délivrer, non pas par le rêve, mais par la patience, la volonté et l’action, de cette civilisation désuète, pour une autre civilisation en phase avec des valeurs universelles, démocratiques et progressistes, incarnée par une institution royale forte, moderne, et une monarchie parlementaire stable et démocratique.

Saïd CHATAR

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