De la longue jupe au maillot de bain de la liberté

Ben-Aissa Ikram
Ben-Aissa Ikram

Il y a de cela plusieurs semaines, c’était la longue jupe qui faisait la une de l’actualité belge. Des jeunes étudiantes du secondaire s’étaient vue interdites l’accès à l’école et pour cause: le port d’une longue jupe. S’en est suivi tout un débat sur cette histoire, des associations des droits de l’Hommes et de la jeunesse s’étaient également impliquées, exprimant la liberté de tout à chacun de porter une longue jupe ou pas. Le fait religieux était aussi évoqué. Finalement, ces longues jupes n’avaient rien de religieux, car nous pouvions notamment observer que l’effet de mode du moment s’articulait sur des longues jupes de couleurs variées. Un autre débat s’était lancé: celui de la liberté. Le belge a-t-il le droit de porter ce que bon lui semble ou est-il obligé de suivre certaines règles vestimentaires? Auquel cas, ce sont les libertés fondamentales qui seraient remises en question.

Aujourd’hui, c’est un autre incident, à Reims qui devient le sujet du moment. Deux jeunes filles en maillot de bain sont dans un parc et profite du soleil. L’une d’entre elle se fait agressé après une dispute avec un autre groupe de jeunes filles. Là à nouveau, plusieurs scandaient la liberté de porter ce que l’on veut. Evidemment cet acte est condamnable et la justice fera son devoir. Mais ce qui est intéressant, c’est que finalement, l’agression a été atribuée à un groupe religieux dit-on. Ce qui n’est en réalité, pas le cas. Et de ce fait, la solidarité avec cette jeune fille a été de prendre partie contre cette agression dorénavant religieuse. Mais il n’a été à aucun moment, selon la justice, d’un conflit portant sur des propos de ce genre.

Que pouvons-nous comprendre de tout cela? Il y a réellement, un problème avec l’expression religieuse et une peur -justifiée ou pas- de la religion. Il y a ceux qui souhaitent que chacun puisse vivre en fonction de ses convictions personnelles, et d’autres, qui se sentent agressés par les autres expressions que la leur. En fait, il s’agit dans les deux cas, de personnes qui souhaitent porter ce qu’ils souhaitent. Et heureusement, c’est effectivement, ce que la liberté dans notre pays permet. Aussi, ces groupes qui se sont formés pour pouvoir se vêtir et se dévêtir, devraient finalement s’entendre. En effet, le désir qui ressort de ces histoires, c’est que dans les deux cas, il y a un désir volontaire et non basé sur une obligation d’une personne tiers. Mais, peut-être que certains, veulent imposer leur version de la liberté non celle exprimée par les autres, ceux-là qui ont une autre vision de la liberté d’expression.

BEN AISSA Ikram, Ecrivaine.

Publicités