Les réactionnaires

Saïd Chatar
Saïd Chatar

Il y a plusieurs sortes de réactionnaires qui sont tous des ennemis de la justice et du progrès. Toutefois, il semble bien que la réaction et les forces rétrogrades d’aujourd’hui soient concentrées dans le passéisme et l’obscurantisme où elles se retranchent pour trouver leurs dernières ressources. C’est là qu’elles opèrent sournoisement, avec la complicité des représentants du grand capital, et prennent de nouvelles formes pour persévérer dans leurs œuvres de négation.

La réaction passéiste et obscurantiste recrute essentiellement parmi les esprits faibles, mais aussi les esprits moyens. Les réactionnaires réagissent contre la Pensée et la Raison en essayant d’étouffer le progrès, l’équité, l’impartialité, la reconnaissance et le respect des droits de chacun. Qualifiés en politique d’obscurantistes, d’arrivistes et d’opportunistes, les réactionnaires d’aujourd’hui prétendent apporter ce qu’ils n’apportent pas ou prétendent être ce qu’ils ne sont pas. Ce sont eux maintenant qui s’opposent, par tous les moyens en leur pouvoir, à l’œuvre d’affranchissement. Ces moyens sont l’arbitraire et le blocage, qui consistent à priver les chômeurs, les travailleurs manuels et intellectuels, les entrepreneurs de la classe moyenne et autres créateurs, de leur droit de travailler et d’entreprendre librement. Ils compliquent la situation en rendant plus difficile la tâche au moment où des difficultés paraissent s’aplanir. C’est ainsi qu’ils retardent la marche du progrès en étouffant les esprits libres.

Par ailleurs, il convient de rappeler également que les réactionnaires ne sont pas toujours ceux qui font de l’opposition. La réaction est au sein même de l’Etat et du gouvernement. Et ce sont les membres de la majorité, c’est-à-dire les plus réactionnaires d’entre les réactionnaires, qui appliquent cette épithète à ceux qui refusent de suivre leur politique de réaction. Il faut réagir contre les réactionnaires de l’Etat et du gouvernement, qui piétinent, qui n’avancent ni ne reculent, qui promettent toujours et ne font jamais rien.

En accusant les esprits libres de faire le jeu de la réaction, les réactionnaires de l’Etat et du gouvernement espèrent calmer les appréhensions et les doutes que leur politique d’équivoque et d’incohérence a faits naitre dans les cerveaux. Mais on ne fait jamais le jeu de la réaction quand on est sincère et quand on prend le parti de la justice. La réaction, aujourd’hui, c’est le grand capital, ses gros financiers et leurs complices les banquiers soi-disant islamiques entre autres, les trabendistes soutenus par les féodalités du grand capital, les parvenus, les arrivistes, les «foukaha» passéistes et autres obscurantistes, les fonctionnaires corrompus, etc.

A ça ira, ça ira, ça ira, les arrivistes à la lanterne ! A ça ira, ça ira, ça ira, les nouveaux riches on les aura !
A ça ira, ça ira, ça ira, les arrivistes à la lanterne ! A ça ira, ça ira, ça ira, les nouveaux riches on les aura !

Mais, pour être réactionnaire, il n’est plus nécessaire d’être obscurantiste et passéiste ; on peut l’être en se disant réformiste, voire socialiste. Qu’est-ce que la réaction, sinon tous ceux qui ont été et qui sont au pouvoir ou plutôt au gouvernement, quelles que soient leurs étiquettes politiques, du moment qu’ils oppriment et exploitent le peuple. Ces réactionnaires d’aujourd’hui, une fois arrivés au pouvoir ou plutôt au gouvernement à la faveur des idées de progrès et de justice, renient ces idées, font leurs affaires et s’enrichissent ; ils usent et abusent des moyens les plus illicites pour briser la conscience populaire.

Enfin, le réactionnaire est un homme sans envergure qui conquiert le pouvoir ou plutôt le gouvernement et s’y maintient au moyen de louches trafics, de marchandages, de compromission, de combinaisons, d’arrangements politicards, voire même de crime. Et, servile devant le pouvoir, il est prêt à faire toutes les concessions s’il y trouve son intérêt. Il s’oppose à la liberté de pensée et la redoute, parce qu’elle ne tolère pas ses incohérences. Elle voit son « jeu » et le découvre au peuple.

Les politicards trabendistes, l’obscurantisme, le passéisme, l’arrivisme, l’opportunisme, sont des foyers d’illusions d’une démocratie piégée, infectée par des scrutins funestes aux intérêts supérieurs du peuple marocain, que la liberté de la pensée ne doit jamais tolèrer.

Saïd CHATAR

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