Que contient réellement le Coran ?

Coran
Coran

Les malheureux événements qui ont eu lieu ces derniers jours ont permis à certains d’aborder la question de la violence en islam et pour d’autres, de se poser la question. Le livre de référence pour tous les musulmans est le Coran alors que les Traditions islamiques (en fait les Hadits) ne le sont pas forcément pour tous. Aussi,  la question que l’on peut se poser est la suivante : « Quels sont les principaux messages du texte coranique » ?

Plusieurs auteurs se sont intéressés à cette question, et de ce fait, il est possible de répondre à cette question. Nous nous référerons principalement aux Sourdel, mais aussi à Pierre Lory et enfin, à MAM Moezzi. Le Coran est défini en français comme étant « l’Ecriture » ou encore « La Révélation ». Ce texte qui contient des sourates (114) et qui elles-mêmes sont agencées sous forme de versets. C’est après la mort du prophète Muhammad et sous le 3e calife de l’islam, à savoir, ‘Uthman ibn ‘Affan que la compilation officielle de ce texte est réalisée. Cependant, et d’après de récentes découvertes, cela aurait été compilé bien avant. Il est à souligner que le Coran ne possède pas de plan thématique, et que chaque sourate évoque différents sujets.

Malgré cette difficulté, il a été possible de recenser les principaux sujets que contient ce corpus islamique et ce, en quatre catégories, l’ordre chronologique ayant un lien avec le niveau d’importance :

  1. L’exhortation à croire au Dieu monothéiste.
  2. L’invitation à suivre les enseignements du prophète Muhammad mais aussi des histoires d’autres prophètes comme Abraham, Jésus ou encore Moise.
  3. La thématique de la résurrection.
  4. Plusieurs conseils en lien avec la morale mais aussi des éléments d’ordre juridiques (mariage, héritage, etc.).

Il est à noter également que selon une déclaration de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, le terme « paix » (en arabe Salâm) est évoqué 150 fois dans le Coran, alors que le mort « guerre » (en arabe harb) n’est écrit « que » 4 fois.

Ce que nous pouvons conclure face à ces informations, c’est que d’une part, le terme de la violence est bien présent dans ce corpus, mais qu’il est nécessaire de le relativiser et de le remettre dans un contexte où il n’est finalement pas le sujet le plus important et qu’il n’intègre pas du tout les quatre catégorie évoquée.

Néanmoins, l’actualité nous prouve tout de même qu’un groupe terroriste a utilisé des textes islamiques pour conforter leur violence et leurs actions inhumaines, que cela soit dans le Coran que dans la Sunna (la Tradition prophétique). Il y a donc une ouverture à une mauvaise interprétation de ces textes, et il est donc nécessaire de clarifier le contexte dans lequel ces messages de violence ont été développés ou de les remettre en question. Dans ce cas, il s’agit pour les autorités musulmanes de faire ce travail. Enfin, nous ne pouvons pas rester sourds quant à la dénonciation de la communauté musulmane dans le monde à  propos de ce groupe terroriste. L’islam n’ayant pas de clergé (exception faite du chiisme duodécimain), il n’y a pas d’instance qui permettrait de retirer de la religion islamique tel groupe ou tel individu. Aussi, une réflexion a d’ailleurs retenue notre attention : s’autoproclamer « Etat » n’a aux yeux de la communauté internationale, aucune valeur, pourtant, ces derniers ont tenté de le réaliser. Il est donc possible et légitime, d’effectuer cette même réflexion quant à l’utilisation du mot « islam » dans l’identité de ces terroristes.

Ikram Benaissa
Ikram Benaissa

BEN AISSA Ikram
Ecrivaine.

SOURCES :
SOURDEL, J&D, Dictionnaire historique de l’islam, PUF, 2004, Paris.
MOEZZI, MAM & LORY, P., Petite histoire de l’islam, Librio, 2007, Paris.
MOEZZI, MAM., Dictionnaire du Coran, Robert Laffont, 2007, Paris.

Publicités