La bourgeoisie trabendiste

Première partie

Enumérer les vices et les défaits de la bourgeoisie trabendiste est difficile. Cependant, des mots les résument : combinaisons et alliances douteuses fondées sur des nouvelles coalitions d’intérêts dominants plus parasitaires qu’entrepreneurs et créateurs d’emplois, profit immédiat, opportunisme, égoïsme… Ses alliances avec la bureaucratie makhzénienne est un passage obligé puisque cette dernière verrouille l’accès au commerce extérieur (les quotas d’importation). Elle se précipite à l’abime et court ainsi à la perte du pays et son peuple. Son esprit rétrograde par excellence n’admet la nouveauté et le progrès que s’il en profite à l’exclusion des autres. Tout pour moi, rien pour les autres, telle est la devise du nouveau bourgeois trabendiste. Elle est gravée dans son cœur sec et dur. Elle est inscrite dans ses codes. Le bourgeois trabendiste est un très fort calculateur. Il pèse le pour et le contre. Il n’agit que sous la pression de l’intérêt immédiat.

La bourgeoisie trabendiste qui est particulièrement opportuniste, tire toujours parti du moindre événement. Elle cherche à tromper le peuple, à le pousser à la révolte. Elle l’approuve même dans ses revendications. C’est par calcul tactique qu’elle le combat. Insurrections, meurtres, pillages, massacres, en fin de compte, c’est toujours elle qui en profite. On la « sabote », elle trouve toujours le moyen de se relever. Elle profite de la violence exercée contre elle, comme de la violence qu’elle exerce vis-à-vis des autres. A l’école de la violence s’oppose l’école des manifestations pacifiques. Il faut savoir les utiliser suivant les cas, mais de telle sorte que ce ne soit jamais le bourgeois trabendiste qui en profite. Et il n’en profite que trop ; quand il prêche le calme c’est dans ses intérêts ; quand il pousse le peuple à la violence, c’est pour trouver le moyen de lui opposer une violence pire. C’est toujours par timidité ou plutôt par peur, qu’il fait des petites concessions au peuple. Que d’efforts laborieux et persévérants ne faut-il pas déployer aux organisations des travailleurs pour obtenir la plus légère amélioration dans leur situation sociale. Le vampire trabendiste en veut pour son argent. Comme il est tatillon, exigeant, pour ceux qu’il emploie, il faut qu’il leur fasse sentir qu’ils ont besoin de lui pour vivre. Ainsi, il abuse de la situation. Et s’il n’en demande pas davantage, c’est qu’il ne peut pas faire autrement.

L’esprit du bourgeois trabendiste qui se distingue par son cynisme et son machiavélisme est sectaire. C’est un esprit de haine et de domination. Jamais il n’attaque en face. Il prend des détours pour frapper par derrière. Sa pondération n’est qu’un trompe-l’œil, car tout est combiné, calculé, mesuré. C’est l’esprit réactionnaire dans toute son incohérence et son équivoque, c’est-à-dire hostile à toutes les idées généreuses ; incapable du moindre élan de justice. Le bourgeois trabendiste est celui qui arrive à dominer les autres par le mensonge, la mystification, la ruse et l’obscurantisme en professant des « théories » humanitaires pour la forme à travers les mass medias et les mosquées. Son programme consiste à s’enrichir le plus qu’il peut. C’est dans son groupe social que se trouvent le grand patronat, les économistes à courte vue, les managers dociles et corrompus, les philanthropes, les politiciens, etc.

La bourgeoisie trabendiste et parasitaire est partout la même : imbue des mêmes préjugés, engluée dans les bas-fonds de l’égoïsme. En effet, les bourgeois trabendistes qui ne sont que des parvenus aux travers ridicules, se réconcilient du moment que leurs privilèges de classe sont menacés par les peuples en révolte. Ces nouveaux riches qui ont la prétention de dicter des lois au pays, n’ont jamais la conscience tranquille, bien que toujours satisfaits d’eux-mêmes. Leur fausse joie dissimule mal leurs prétentions criminelles.

Le bourgeois trabendiste ne peut admettre que d’autres vivent à ses côtés. Il voudrait supprimer ceux-là mêmes qui lui sont utiles. Tout avoir et ne rien donner est un trait particulier à la gent trabendiste parasitaire qui sait profiter du travail des autres, et ne leur donne rien en échange. Les trabendistes sont des gens qui exigent qu’on leur soit soumis, corps et âme. Et quand ils paraissent pratiquer la bonté, ils ne font que s’en servir pour imposer avec force leur domination. En régime bourgeois trabendiste tout se ramène à des questions d’intérêt et de personnes.

Enfin, les bourgeois trabendistes critiquent amèrement les vices du peuple. Ils lui reprochent le radicalisme et le facho-obscurantisme. Mais le facho-obscurantisme et l’islamisme est leur sauvegarde. Ce sont les nébuleuses obscurantistes radicales qui les préservent de la révolution. Les bourgeois trabendistes ont donc intérêt à propager le radicalisme religieux, et c’est ce qu’ils font, tout en ayant l’air de le considérer comme une tare du peuple. Sans obscurantisme religieux qui le maintient dans le plus honteux esclavage, le peuple aurait la force de piétiner les trabendistes parasitaires…

A suivre…

Said Chatar
Said Chatar

Saïd CHATAR

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