Appel pour le Rif en lutte

29 mai par ATTAC/CADTM Maroc

CC – Flickr – Panegyrics of Granovetter

A toutes les victimes du despotisme, de l’oppression, à toutes celles et ceux qui voient leur dignité bafouée et qui aspirent à un Maroc démocratique.

A tous ceux et toutes celles qui luttent contre l’injustice et pour un pays de liberté, de dignité et de justice sociale.

A tous et à toutes les personnes solidaires et sympathisantes avec le mouvement de contestation populaire dans le Rif et ses revendications justes et légitimes.

A tous ceux et toutes celles qui refusent la répression de la lutte des habitants du Rif et de leurs voix et l’arrestation de leurs activistes.

  • ATTAC CADTM Maroc propose :
    - L’organisation d’une journée de colère au Maroc pour lever le siège sur le Rif ;
    - D’élargir la solidarité au niveau mondial.


Le contexte du mouvement de contestation populaire

Le mouvement de contestation populaire dans la région du Rif au nord du Maroc prend ses racines dans la mobilisation populaire qui a eu lieu dans la région lors des soulèvements du 20 février 2011. Il a été redynamisé par la mort fin octobre 2016 du vendeur de poisson Mohcine Fikri, broyé sauvagement dans une benne à ordures. La population du Rif réclame le jugement des responsables de la mort de Mohcine ainsi que de cinq autres Rifains tués dans une agence bancaire lors des événements du 20 février 2011. Elle demande également la levée de la militarisation de la province d’Al Hoceima qui devrait être déclarée comme une zone sinistrée, l’arrêt des poursuites contre les petits paysans, et plusieurs autres revendications sociales qui ont trait au modèle de développement que souhaitent réellement les habitants du Rif.


L’incapacité de l’État à satisfaire les revendications

Ces revendications sociales démontrent clairement la faillite des politiques économiques et sociales promues par l’État dans cette région, qui se manifeste par la destruction du tissu productif, le pillage des ressources maritimes et forestières, la faiblesse des principaux services publics comme les dispensaires, les universités, les écoles et l’absence d’emplois pour les jeunes.


La dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et les politiques d’austérité sont bien la cause de nos malheurs

Les grands choix économiques de l’État sont fondés sur la nécessité de rembourser une énorme dette publique en renforçant l’austérité pour les budgets sociaux, sur l’ouverture des secteurs rentables de notre pays aux capitaux étrangers, sur plus allègements fiscaux en faveur des riches, la généralisation de la corruption, l’expropriation des terres et l’accaparement des richesses par une minorité, etc. Ces politiques sont légitimées par des institutions non démocratiques.

La répression comme réponse de l’État aux revendications sociales

Les habitants du Rif subissent une grande vague de répression. A partir du vendredi 26 mai 2017, les forces de police ont entrepris une série d’arrestations de jeunes militants, et sont d’intervenues brutalement dans les rues et les places pour disperser les manifestants. Telle est la réponse de l’État après la visite d’une délégation ministérielle à Al Hoceima et ses environs, qui apparaît plutôt comme une visite de reconnaissance et de surveillance pour préparer le raid, et qui n’a rien d’une volonté sérieuse de résoudre des problèmes de développement en suspens dans la région.

  • À toutes les organisations de lutte.
  • À tous les militant-e-s qui aspirent à la liberté et à la démocratie.
  • A tous ceux et celles qui veulent combattre pour briser l’isolement des Rifains.

L’association ATTAC CADTM Maroc propose d’entamer des concertations afin d’organiser des luttes dans tout le pays, sous des formes à déterminer et élargir la solidarité avec les habitants du Rif qui résistent. L’intensité de la répression pour vaincre le mouvement de contestation augmentera dans les jours qui viennent et il est de notre devoir d’empêcher que cela arrive.

  • Les Rifains ont besoin d’une barricade populaire de protestation et de solidarité qui s’étende dans tout le pays et soit composée de milliers de jeunes qui clameront haut et fort dans les rues et les places :
    - Non à la militarisation d’Al Hoceima et ses environs. Non à la répression de la population.

Mobilisons-nous d’urgence pour concrétiser l’idée d’organiser une journée de colère populaire dans tout le pays pour lever le siège de l’État sur le Rif, et élargir la solidarité internationale.

Le secrétariat national
28 mai 2017

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