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L’ ATTEINTE À LA CONCEPTION UNIVERSELLE DE LA CITOYENNETÉ

 

Belhaloumi Abdelrhani

Belhaloumi Abdelrhani

ou la création des sous-catégories en France – Par BELHALOUMI Abdelrhani

Pour la première fois depuis la Charte de 1814, le gouvernement français décide de rédiger seul, par un décret en Conseil d’Etat, un texte proclamant des libertés fondamentales.

Il s’agit d’une proposition de charte présentée en janvier 2010, lors du calamiteux débat sur l’identité nationale en France. Une disposition qui a inscrit une différenciation à vie entre français naturalisés qu’on peut déchoir de leur nationalité, les seuls à avoir des devoirs et l’obligation de signer une charte des devoirs du citoyen, et les français nés français qui en sont exemptés. Ces derniers ne doivent ni signer la dite charte, ni montrer qu’ils connaissent et adhèrent aux principes et valeurs de la République française, à la Déclaration des droits de l’homme du citoyen du 26 août 1789, au Préambule de 1946, ou tout autre texte proclamant les valeurs de la République.

Le principe d’égalité soumet pourtant tous les citoyens, sans distinction d’origine, aux mêmes droits. Principe bafoué dans la réforme constitutionnelle décidée suite aux attentats barbares qui ont frappé la France le 13 novembre 2015, et que je condamne. La déchéance de nationalité des binationaux nés en France est maintenue dans le projet. Ils risquent la déchéance de nationalité s’ils sont définitivement condamnés pour terrorisme ou pour crime contre la nation. Le texte du gouvernement prévoit qu’ils doivent effectuer leur peine et une rétention de sûreté en France et qu’à l’issue de cette peine, ils sont déchus et expulsés. Comme si les pays tiers allaient accepter sur leur sol un terroriste français, né en France, ayant payé ses taxes en France et ayant perpétré des actes terroristes en France.

Passeport françaisC’est un manque de discernement et de considération envers les pays tiers, que de songer à leur confier une personne ayant connu le processus de ‘prisonisation’, des effets psychosociaux catastrophiques liés aux longues peines et la modification de la personnalité. Oui, le comportement social d’un terroriste français et ses syndromes psycho-pathologiques rendent impossible son accueil ailleurs qu’en France. C’est pourquoi, la déchéance n’aura pas d’impact positif sur la lutte contre le terrorisme, mais porte plutôt atteinte au principe constitutionnel d’égalité, l’un des trois à figurer dans la devise de la République française. L’égalité caractérise la représentation française de la vie en société et trouve un multiple « ancrage » explicite dans le corpus constitutionnel. Et donc, les français visés par la déchéance seront mal considérés, caricaturés et représentés comme étant les sous français susceptibles de commettre un attentat. L’égalité n’est pas un principe « déduit » par la jurisprudence constitutionnelle, comme les droits de la défense etc…. l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 fait d’ailleurs partie du  » bloc de constitutionnalité  » auquel le Conseil constitutionnel français confronte les lois qu’il a à examiner, depuis la célèbre décision du 16 juillet 1971. Cet article dispose que « la loi doit être la même pour tous ». Le principe d’égalité n’accepte pas les modulations telle que la déchéance, car elle ferait d’une partie des Français de véritables sous- citoyens en possession d’une carte d’identité française, tant qu’ils n’auront pas commis d’attentat. Ces modulations ne reposent pas sur des critères objectifs. Au regard de l’objectif recherché par le législateur ; à savoir combattre le terrorisme, l’objectif est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation.

Il y’a un autre problème, il s’agit de la ‘libération de la parole raciste’ et l’emploi fréquent de termes liés à l’idéologie néonazie, dans son entreprise raciste visant à déstabiliser la démocratie et à dénigrer les musulmans pour avoir combattu le nazisme. D’où les termes* « islam- iste,=islam terroriste, jihad**– iste=jihad terroriste »* inventés par les néonazis, et utilisés par des médias respectables et dans des discours officiels voire même des lois. Or, si le caractère normatif d’une loi est sujet à caution, ou sa portée ou son intensité sont incertaines, les droits seront menacés. Le droit perd de sa précision en utilisant des termes vagues, démagogiques, sales ou imprécis. Montesquieu n’écrit-il pas lui aussi que « la loi ne doit pas contenir d’expression vagues» ? Remarquez la transformation des termes de la résolution 2178 de l’Onu ; de ‘Combattants terroristes étrangers’ on passe à ‘Jihadistes’. Une résolution qui vise pourtant la Syrie et l’Irak, mais aussi l’Est de l’Ukraine (avion malaisien abattu), la République Centrafricaine, l’Est du Congo, la Birmanie (mouvement Ma Ba Tha du moine Wirathu qui massacre les Rohingyas depuis 1947), et Les combattants qui vont bombarder Gaza et reviennent en Europe bénéficier de la quiétude et l’impunité. Evidemment, Daesh en tant qu’organisation terroriste horrible qui continue à ôter la vie aux innocents partout où elle le peut, doit rester la priorité dans la lutte contre le terrorisme, sans oublier les autres.

Cela dit, peut-on établir une paix*** durable, sans faire la guerre pour avoir la paix, ni profiter de la paix pour préparer la guerre, ni détruire des pays ou les vider de leur population ?

*D’autres extrémistes ont aussi mis au point des termes sales à bannir aussi, tels que Fasco-juifitiste, Radical christianniste, radical croisadiste  etc…

**Ce n’est pas le rôle du législateur ni d’aucun pays de parler du ‘jihad’ dans ses lois et sa communication, pour 3 raisons :

-Le jihad (vient du jouhd : l’effort) est divisé en 2 parties, le jihad majeur qui englobe toute action humanitaire, en faveur de la paix, aller vers l’autre, construire des écoles, aider les pauvres etc… Et  le jihad mineur qui concerne la lutte armée légitime,  comme stipulé dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme le 10 décembre 1948

-Parler de Jihad dans le cas de la Syrie, pays en proie à la guerre civile opposant, un pouvoir totalitaire, des terroristes et une opposition légitime, c’est non seulement une attaque et une stigmatisation de l’Islam, mais surtout une volonté  d’induire l’opinion publique, les jeunes, les repris de justice et les fumeurs de shit candidats à la terreur.  Considérer des actes barbares comme du Jihad relève de la démagogie, de l’ignorance, de la mauvaise foi, de l’idéologie véhiculée par Beivik, et prouve une ignorance complète de l’islam et de son message de paix.

-Une loi qui parle du ‘jihad’ exclut du champ de son application tous les autres terroristes
et les extrémistes violents  de tous bords qui constituent une menace pour la société à leur retour. Il n’y a nulle part dans le Coran ni le mot guerre, ni guerre sainte. (Verset La Vache 208).

Et depuis quand le terrorisme est-il jihad ou le jihad terrorisme ?

***Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. Article 2 (4) de la Charte des Nations Unies

Par BELHALOUMI Abdelrhani

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Les Marocains du Monde exclus de la Chambre des Conseillers

Par Belhaloumi Abdelrhani

Belhaloumi Abdelrhani

Belhaloumi Abdelrhani

Les Marocains du Monde n’ont pas été associés et ni avertis de la tenue de l’élection des 120 membres de la Chambre des Conseillers qui aura lieu le 2 octobre 2015. C’est un scrutin censé être conforme aux dispositions de la Constitution de 2011 et de la loi organique 28/11 y afférent.  Cette dernière stipule que les Marocains Résidant à l’Etranger peuvent présenter leur candidature aux élections de la Chambre des Conseillers au titre des Collèges électoraux auxquels ils appartiennent. Quels collèges ,  où et quand ?.

L’élection des membres de la Chambre des 120 Conseillers (au lieu de 270 avant) a lieu au scrutin de liste, à la représentation proportionnelle selon la règle du plus fort reste.

Ils seront répartis entre les collèges électoraux comme suit:

0 membre pour les MRE

72 membres représentant les collectivités territoriales, élus au niveau des 12 régions du Royaume et 20 membres élus, dans chaque région, par un seul collège électoral composé de l’ensemble des élus des chambres professionnelles (chambres d’agriculture, chambres de commerce, d’industrie et de services, chambres d’artisanat et chambres des pêches maritimes).

8 membres sont élus, dans chaque région, par un collège électoral composé des élus des organisations professionnelles les plus représentatives et 20 membres sont élus, au niveau national, par un collège électoral composé des représentants des salariés.

Le mandat de membre de la Chambre des Conseillers est incompatible avec :

– Les mandats politiques des MRE  dans leur pays de résidence

– la qualité de membre de la Cour constitutionnelle, de membre du Conseil économique, social et environnemental et de président d’un conseil de région. Il est également incompatible avec plus d’une présidence d’une chambre professionnelle, d’un conseil communal, d’un conseil préfectoral ou provincial, d’un conseil d’arrondissement communal ou d’un groupement constitué par des collectivités territoriales

La période réservée à la campagne électorale a commencé le 25 septembre 2015 pour se terminer le 1er octobre 2015.

La loi permet aux MRE de contester ces élections devant la Cour constitutionnelle.

Le même recours est ouvert aux autres candidats, aux walis des régions et au secrétaire de la commission nationale de recensement.

Toutefois, les conseillers proclamés élus restent en fonction jusqu’à ce que la Cour constitutionnelle ait prononcé l’annulation de leur élection.

Lire les autres articles de B.Abdelrhani: https://goo.gl/61sNJX

 

Les débris de la liberté d’expression

Par BELHALOUMI Abdelrhani

Belhaloumi Abdelrhani

Belhaloumi Abdelrhani

Depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en 1789, époque où l’on se déplaçait encore à dos d’âne pour assister aux exécutions publiques à Paris, et que chacun espérait affirmer librement que le « roi est nu » ;  la définition, la censure et l’exercice de la liberté bousculent l’actualité. Il y’a eu une succession de suppressions et de rétablissements de la censure depuis le décret de Napoléon en 1810 en France. Le droit international, lui, impose un seul devoir « positif » aux Etats : l’interdiction de l’incitation à la haine et de la propagande en faveur de la guerre (article 20 du pacte de 1966).  Des milliers de livres, de chansons et mêmes des films sont actuellement interdits en France et dans le monde. La France a saisi les journaux qui évoquaient les actes de tortures et ceux en rapport avec la guerre d’Algérie (1954-62) sous le prétexte d’« atteinte au moral de l’armée ».   L’interdiction des livres « la Question d’Henri Alleg et La Gangrène de Bachir Boumaza », parus en 1958 aux Éditions de Minuit dénonçant la torture en Algérie.  Des chansons ‘Quand un soldat’, de Francis Lemarque, chantée par Yves Montand en 1953, et ‘Au Printemps de quoi rêvais-tu ?’en mai  1968. En 1976, les négatifs du film L’Essayeuse de Serge Korber ont été saisis et brûlés pour « apologie du vice ». Les livres ‘Comment Salman Rushdie a leurré l’Occident’ du Sud-Africain Deedat en 1994 et en 2004 Gillo PontecorvoLa Bataille d’Alger , ont été interdits , mais pas celui de Salman Rushdie. Il y’a eu aussi les caricatures du radical Danois Kurt Westergaard en 2005, membre du parti d’extrême droite du prêtre Soren Krarup,  ténor de ce parti. Il  a réussi un coup d’éclat publicitaire maladroit visant à faire parler de son quotidien et  à booster l’idéologie néo-nazie en Europe. On a aussi eu droit à l’évocation de la déportation des musulmans dans un quotidien italien par un radical. Les néo-nazis, en ont-ils jamais dit autant ? Mais, le raciste VIP (au nom à consonance étrangère, se prenant pour le propriétaire de la France) jamais inquiété dans un pays où un enfant de 8 ans  a été emmené au commissariat pour «apologie du terrorisme» à Nice, a même  été  accueilli avec les honneurs  par une certaine presse. Doit-on accepter tout ce bombardisme de haine qui vise les musulmans dans une Europe dépassée par les vandales de la libertés d’expression?

Et dans ce contexte, peut-on encore parler de liberté de médias en tant qu’extension de la liberté collective d’expression et fondement de la démocratie ? n’ est-elle pas confisquée par un groupe de puissants et fortunés qui la contrôle, en rachetant de grands journaux et en pliant la vérité au gré de leurs intérêts ? Et la liberté de réflexion sur les questions historiques et l’indépendance de l’histoire qui est une conquête de la démocratie, où en est-elle ? Les historiens sont confrontés à l’existence de groupes dominés et ils ne peuvent ignorer que leur discipline a servi et sert très souvent de justification aux dominants. C’est pourquoi, des historiens soucieux de préserver la liberté et l’autonomie pour l’histoire et les historiens, de ne pas mettre leur discipline au service de causes qui peuvent leur échapper dénoncent les lois mémorielles depuis 2005 en France. Des lois, pas toutes de même nature, mais porteuses d’une lecture non consensuelle de faits historiques,  entravant au passage  le travail des historiens  et ayant eu des conséquences fâcheuses pour certains d’entre nous.  Ces lois qui n’ont ni le même contenu, ni les mêmes finalités, posent problème aux historiens,  même si certains textes sont nés de bons sentiments, ils pèsent sur la liberté de réflexion. Pourquoi une loi doit – elle indiquer que les programmes scolaires et de recherche doivent accorder «la place qu’il mérite » à un évènement plutôt qu’à un autre , et  sans demander aux enseignants de porter un jugement négatif ou positif sur ces faits ?. On ne doit pas pouvoir judiciariser ni faire de procès au nom de l’histoire non plus (témoignage aux procès Touvier ou Papon…). Toutes les lois mémorielles n’impliquent pas de retombées judiciaires, mais certaines y incitent. L’histoire ne s’écrit ni ne s’enseigne dans les tribunaux ou au Parlement. L’histoire n’est ni la propagande, ni la religion, ni la morale, ni la politique, ni la justice, ni la mémoire, ni la commémoration. L’enseignement de l’histoire est fondamentalement un dépaysement et s’appuie sur les acquis de la recherche historique. L’histoire explique et tâche de faire comprendre et la mémoire juge, et c’est là toute la différence. Certains historiens ont tenté, sans illusion, d’abroger ces lois dites mémorielles qui représentent des enjeux électoraux importants. Ils ont demandé la réécriture de certains articles de ces lois. Certaines de ces lois créent de nouveaux droits ou de nouveaux délits, et remettent en cause les frontières entre histoire et mémoire.

C’est le cas de la loi Gayssot (1990) contre le négationnisme. Loi qui réprime le déni du génocide des juifs.  Pour les historiens Olivier Pétré-Grenouilleau,  Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet, cette  loi  présente le risque d’établir des vérités historiques. Dans un régime démocratique, il n’y a pas de vérité historique intangible. La loi Gayssot établit pour la première fois dans le droit français le délit de contestation de «vérité historique», et ceci pose problème. C’est une loi d’exception, et doit -elle rester exceptionnelle ?. Elle peut aisément être complétée. Puisqu’elle vise le négationnisme dans son article 9, il faudrait préciser qu’elle concerne tous ceux qui ont des desseins racistes. Inutile de s’embrouiller avec les termes de «vérité historique». Ces historiens estiment qu’il n’y a pas de vérité d’Etat. La vérité historique est une notion extrêmement compliquée et les historiens ne sont pas tous d’accord sur la manière de la démontrer. Certains pourraient répondre aux historiens que l’on prend le risque de voir les néo-nazis se mobiliser pour claironner, si on s’attaquait à la loi Gayssot.  Or, il existe dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse l’article 32, qui vise la diffamation raciale, l’article 33, sur l’injure raciale, l’article 24-6, sur la provocation à la haine raciale, et le 24-3, sur l’apologie de la haine raciale. Sans oublier l’article 1382 du Code civil, qui peut aussi être utilisé. D’ailleurs, avant le vote de la loi Gayssot, ces lois ont permis la condamnation des principaux négationnistes: Paul Rassinier, Maurice Bardèche en 1954, Robert Faurisson par deux fois, en 1981 et en 1990. M. Faurisson a été déclaré coupable de «provocation publique à la discrimination, à la haine et à la violence à l’égard d’un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée». En Autriche aussi, l’écrivain britannique David Irving a été emprisonné pour  négationnisme . La condamnation des génocides et des crimes contre l’humanité commis par les nazis est prévue par le droit français, articles 211-1 et 212-2 du Code pénal. Ces crimes, pour une partie d’entre eux, sont devenus imprescriptibles depuis décembre 1964. Il en va de même pour l’esclavage: il y a intégration dans le droit français des conventions internationales de 1926 et 1956. L’arsenal juridique est là et il a fonctionné. Faut-il rajouter une loi spécifique qui, en même temps dit l’histoire?

la loi Taubira (2001), reconnaissant la traite et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité,  permet aux associations de se porter parties civiles dans des procès pour discrimination, pour diffamation ou injure. L’article premier de la loi Taubira limite le crime contre l’humanité à la seule traite transatlantique, ce qui est plutôt gênant! Et ce n’est pas conforme au titre de cette loi, «tendant à la reconnaissance de la traite négrière et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité». Cela voudrait dire que ne sont pas considérées comme crimes contre l’humanité les traites orientale et interafricaine, qui ne sont pourtant ni moins dommageables ni moins criminelles! Mais, surtout, doit-on donner une place conséquente à la seule traite transatlantique, qui serait seule un crime contre l’humanité? La loi Taubira est également critiquée du fait de son invitation à « accorder à la traite négrière et à l’esclavage la place qu’ils méritent » dans les programmes scolaires, mais pas de place ni au génocide des musulmans de Bosnie ni aux tirailleurs musulmans,  ni aux massacres des musulmans en Birmanie, ni à la destruction de l’Irak et de son patrimoine culturel par Bush en toute impunité. Pour l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, la loi Taubira réduit à tort la traite négrière à une seule forme, la traite occidentale. Cette controverse provient sans doute de ce que, longtemps délaissée, la recherche sur la traite, l’esclavage et leur abolition est encore récente et inachevée. Ensuite, il a été mis en cause et assigné en justice. Pour lui, cela revient à introduire un jugement de valeur dans une discipline, l’histoire, qui est normalement tournée vers la compréhension et l’explication des phénomènes.  

la loi du 29 janvier 2001 reconnaissant le génocide arménien n’a qu’une fonction déclarative? Il s’agit de loi composée d’un seul article reconnaissant le génocide arménien de 1915. Cette loi n’a ainsi qu’une portée symbolique. Mais est-ce le rôle d’une loi de créer du symbolique ?

de même que la loi La loi du 23 février 2005, votée sans passer par le contrôle du Conseil d’Etat. La loi a été adoptée sans que son contenu soit porté à la connaissance des citoyens. une loi, dont l’article 4 a été très contesté pour son ingérence dans l’histoire coloniale, faite par clientélisme pour certains milieux harkis et pieds-noirs, et  faisant l’impasse sur le Code de l’indigénat ou le travail forcé. La gauche ne s’était pas opposée au texte, lors des débats parlementaires un député communiste avait même fait l’éloge de « l’œuvre accomplie en des terres ingrates ». Dans ce cas, l’aspect normatif* de la loi s’est heurté à la liberté de l’historien, provoquant le « soulèvement » d’historiens ne se reconnaissent pas dans cette déformation de l’histoire. Cette loi fixe les droits des harkis.  L’article 4** de cette loi parle du « rôle positif » de la colonisation et prescrit comment enseigner l’histoire de la colonisation, en insistant sur son bilan positif. Une loi qui exprime une conception valorisante de la présence de la France « outre-mer », présence à laquelle le terme de « colonisation » n’est même pas associé. Cette loi met en cause directement les historiens puisqu’elle demande l’implication de l’histoire dans cette lecture positive de la présence coloniale notamment en Afrique du Nord. La mobilisation de quelques historiens a permis de porter à la connaissance de tous les enjeux de cette loi, la portée de la dérive idéologique dans laquelle elle s’inscrit, d’une histoire instrumentalisée pour les besoins des mémoires collectives. Une loi contraire à la neutralité scolaire et au respect de la liberté de pensée. Parce qu’en ne retenant que le «rôle positif» de la colonisation, elle impose un mensonge officiel sur des crimes, sur l’esclavage, sur le racisme hérité de ce passé. Sur des massacres allant parfois jusqu’au génocide, de Sétif (mai-juin 1945) à Madagascar (1947), d’Haiphong (1946) à  la Côte-d’Ivoire (1949-1950 ou à Casablanca (1947), l’armée française a massacré des dizaines de milliers d’hommes et de femmes dont le seul tort était de revendiquer plus de liberté et de liberté d’expression.

La liberté d’expression ‘restreinte’ tout comme l’histoire sont le bien de tous les citoyens. Tout citoyen a le droit (le devoir) d’accéder à la vérité historique. L’historien doit pouvoir chercher librement, le professeur d’histoire enseigner librement, à l’abri de toute pression. Que le politique intervienne sur les questions du passé ou ce qui touche à la mémoire est normal, mais sans franchir la ligne rouge et ce en se mêlant de la recherche et de l’enseignement de l’histoire.

______________________

* Dans son rapport annuel 2005, le Conseil d’Etat indique que «la loi est faite pour   prescrire, interdire, sanctionner… La loi doit donc être normative» 

** le 2e alinéa a été abrogé par décret du 15 février 2006).

LA RADICALISATION EN EUROPE

Par BELHALOUMI Abdelrhani -Bruxelles
Une tentative de décoloniser l’imaginaire de la pensée dominante

Belhaloumi Abdelrhani

Belhaloumi Abdelrhani

La radicalisation  a rongé l’Europe depuis la nuit des temps, les guerres de religion, les colonisations,  les deux guerres mondiales et les  idéologies totalitaires nées dans le creuset de ces évènements. Le terrorisme est né en Europe avec l’IRA  catholique en 1916, l’ETA laïque en 1959, les Brigades Rouges 1970, Blood and Honour 1987, CasaPound , Hitler, Staline, Caecescu, Karadzic, Mladic etc…. Les musulmans ont été les premiers à combattre le fascisme en Lybie  (Quatrième rivage de l’Italie :Quarta sponda), puis les tirailleurs sont venus  se battre pour la liberté de l’Europe et combattre le nazisme en Europe. La radicalisation a causé le génocide juif (la Shoah), le génocide des musulmans à Srebrenica, les massacres  des falaises de Korićani,  de Barimo, d’Ahmići, de Tuzla , de Wola en Pologne , de Baugnez en Belgique et  bien d’autres. L’histoire de l’humanité nous montre que l’extrémisme violent aux facettes multiples, est multi-dimentionnel, et affecte groupes et individus et embrasse toutes les idéologies et religions. Le terrorisme est apparu dans les pays musulmans avec la destruction de l’Irak par Bush en 2003  et le mensonge sur la présence d’armes de destruction massive. Bush a parlé de croisade ’crusade,’  a détruit l’humain, a tenté d’opposer les civilisations  en toute impunité.  C’est l’une des plus grandes catastrophes culturelles de tous les temps : des écoles et bibliothèques détruites et musées saccagés ou bombardés. Le patrimoine de l’Irak, berceau de l’humanité, déjà gravement endommagé par  la 1ère « guerre du Golfe »  de Bush père et par treize années d’embargo, a subi des pertes irréparables  et a ouvert la voie au terrorisme.  La torture pratiquée par la CIA comme le montre le rapport du Sénat américain, a aggravé encore à la situation.  L’idéologie de Bush a eu un impact  négatif sur les musulmans. L’apparition des termes islam-isme (1) (contraction de islam et terrorisme) et jihad(2)-isme  auraient été lancés par un néo-nazi, et  utilisés même par des médias respectables. Médias  qui ont abandonné les termes exacts, précis et objectifs, tels que terroristes, groupes armés ou   résistants ; suivant le cas, sont tombés dans le piège des démagogues.  Car,  la violence commence par la violence des mots. La justice, ne repose t-elle pas sur la justesse des mots ? S’attaquer à une religion  ne peut aider ni  à édifier la paix , ni une culture de paix ni à assurer et pérenniser l’amitié entre les peuples . C’est pourquoi, l’Union européenne doit réagir et vite. L’UE a fait avancer la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme en Europe. Elle a joué un rôle stabilisateur, qui a su transformer la plus grande partie du continent européen, marqué par la guerre, en un continent de paix.  Il est vrai, sans jamais vaincre la radicalisation.  La preuve,  en 2014, au Parlement européen 140 députés  sur 751 sont des populistes, europhobes, islamophobes  ou  des néonazis ayant récolté des millions de voix.  Une vraie menace pour la cohésion sociale, le pluralisme, les Droits de l’Homme,   la démocratie et pour les musulmans  qui ont  combattu les pères du fascisme et du nazisme.  3 exemples pour illustrer cela : 1) le ministre autrichien de l’Intégration Sébastien Kurz  tente de sorti une loi anticonstitutionnelle  sur  l’islam. Un islam arrivé en Autriche au xvie siècle, sous le règne de Soliman le Magnifique, à un moment où ailleurs en Europe, se déroulaient des massacres : celui  de Mérindol perpétré par les troupes royales françaises, de Cholula par les conquistadors espagnols et de Tlatelolco par Antoine II de Lorraine où 20 mille protestants avaient péri. Et juste à côté de l’Autriche,,  Christian II de Danemark décapitait une centaine de Suédois. L’islam a été accepté en Autriche lors du Sultanat des femmes ottomanes  au VII siècle. Une loi accordant un statut à l’islam existe depuis 1912, soit l’année de l’intégration de la Bosnie-Herzégovine à l’Empire austro-hongrois . Carla Baghajati, actuellement  porte parole de la Communauté musulmane d’Autriche (IGGIÖ) se dit inquiète.

2) En 2011 Anders Behring Breivik,  un terroriste norvégien, qu’on a tenté de faire passer pour un loup solitaire,  a abattu 77 personnes  à Oslo.

3) En  2007, le député européen Maciej  Giertych, l’un des fondateurs  du parti d’extrême droite polonaise  (LPR) a utilisé le logo et les infrastructures du Parlement Européen,  a publié , présenté et distribué le livre Civilisations at War in Europe, , en marge d’une session plénière, affirmant que la «civilisation juive» n’a pas sa place en Europe.

Une  Europe qui a confirmé sa détermination à lutter contre Daesh, un groupe terroriste en Syrie et en Irak. C’est le résultat direct de la destruction de l’Irak. Daesh, la quintessence du mal ; une horde de barbares ayant confisqué le nom de l’islam, la religion qui dit que celui qui tue une âme innocente c’est comme s’il avait tué toute l’humanité. Pire, la presse parle  de la présence 2000 Européens dans les rangs de ce groupe barbare. Ce qui nous amène à se poser  la question suivante : à combien doit-on chiffrer le nombre d’européens  ou combattants étrangers  partis rejoindre des conflits finis ou en cours comme les guerres : civile géorgienne ,  d’Abkhazie , en ex-Yougoslavie,  de Slovénie,  en Croatie, de Bosnie ,  du Kosovo ,  civile de Moldavie , en Ossétie du Nord,  d’Abkhazie,   en Ukraine, en Centrafrique, en Birmanie,  à l’Est du Congo  et en Israël? Et à ce propos, la Suisse , Etat dépositaire de la IVe Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, vient de convoquer une conférence sur le Proche-Orient  en réponse à une recommandation de l’Assemblée générale de l’ONU. L’objectif de la conférence étant de réaffirmer la paix et le droit international humanitaire applicable dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est. Quant à la Commission européenne, elle a inauguré depuis 2005 des programmes tels que : le réseau européen de sensibilisation à la radicalisation (RSR), la « Radicalisation Awareness Network » (RAN), le pôle européen de connaissance sur l’extrémisme violent ; l’appui aux programmes de repentance, de désengagement et de sortie de la radicalisation.  Mais, ils n’ont eu qu’un impact limité vu qu’ils  ne s’adressent  qu’à une seule composante de l’Union européenne. Cependant,  l’approche de dé-radicalisation  britannique   est différente. Là,  la Justice  a  carrément abandonné en 2012 les poursuites  contre  John Anthony Downey, ex-terroriste de l’IRA, principal suspect d’un attentat spectaculaire à Londres en 1982, en raison d’une lettre officielle adressée à 200 terroristes en cavale, les « On The Runs », les assurant de ne jamais être poursuivis, dans le cadre secret de l’accord du Vendredi Saint en 1998.  Même Gerry Adams ex-président du Sinn Fein n’a pas été condamné pour le meurtre par l’IRA en 1972 d’une mère de famille.  Et Martin Mc Guiness, ex-terroriste de l’IRA est devenu aujourd’hui vice-Premier ministre d’Ulster.

Or, pour prévenir la radicalisation, la Commission européenne devrait changer le mode de communication  et oser parler de tous les conflits et de tous les « combattants  étrangers » et de toutes les barbaries,  et  lancer un contre –discours  à  travers une campagne européenne à toute la population. Le but étant de s’adresser à tout le monde afin  de promouvoir la paix, la sécurité, la démocratie, la justice et la cohésion sociale au sein de l’Union européenne et sans stigmatisation aucune. N’est-ce pas ?

A propos, que recouvre le mot ‘terrorisme’ ?Pas le temps de
lire cet article ?

 

 

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  • Les extrémistes ont aussi mis au point des termes sales à bannir aussi, tels que

Radical christianniste, radical croisadiste  etc…

  • Ce n’est pas le rôle du législateur ni d’aucun pays de parler du ‘jihad’ dans ses lois

Et sa communication, pour 3 raisons :

  1. Le jihad (l’effort) est divisé en 2 parties, le majeur qui englobe tout travail humanitaire, construction d’écoles, aide aux pauvres etc, Et  le mineur qui concerne la lutte armée légitime,  comme stipulé dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme le 10 décembre 1948
  2. Parler de Jihad dans le cas de la Syrie, pays en proie à la guerre civile opposant, un pouvoir totalitaire, des terroristes et une opposition légitime, c’est non seulement une attaque et une stigmatisation de l’islam , mais surtout une volonté  d’ induire l’opinion publique et les jeunes en erreur.  Considérer des actes barbares comme du Jihad relève de la démagogie, de la mauvaise foi, de l’idéologie véhiculée par Beivik, et prouve une ignorance complète de l’islam et de son message de paix
  3. Une loi qui parle du ‘jihad’ exclut du champ de son application tous les autres terroristes Conservez-le pour le consulter plus tard. Abonnez-vous au Monde.fr
    à partir de 1 € et les extrémistes violents  de tous bords qui constituent une menace à la société à leur retour.

Entre nous

Belhaloumi Abdelrhani

Belhaloumi Abdelrhani

Par BELHALOUMI Abdelrhani – Bruxelles

Dans le dossier des Marocains du monde, tout le monde est unanime sur l’urgence d’avoir une stratégie globale, mettant fin au chevauchement des rôles,  à la multiplicité des intervenants, au manque de cohérence en matière de politique publique et à mettre fin au gaspillage de l’argent public. Actuellement, pour le même dossier  nous avons :

-Le ministère chargé des Marocains de l’étranger  qui doit gérer en plus  la migration, une matière d’habitude gérée par le ministère de l’intérieur en Europe, puisqu’il s’agit de l’établissement d’étrangers sur le territoire national et donc du droit des étrangers..

-la Fondation Hassan II  qui emploi plus de  700 personnes et dont 80% du budget est absorbé par l’enseignement de la culture marocaine en Europe. Elle  a déjà eu du mal à redéfinir sa place en 2002 lors de la création du ministère chargé des MRE.

– Le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger dont on attend  la dissolution, en attendant la mise en application des dispositions des articles 16, 17, 18, 30 et 163 de la constitution, pour enfin  créer un nouveau CCME conforme à la nouvelle constitution.

– Le Comité interministériel dédié aux MRE et placé sous la présidence du Chef du gouvernement.(Bulletin officiel du 18/11/2013-décret 2-13-731)

– le Comité permanent de coordination, pour assurer une concertation entre 2 institution depuis 2012,  créé par M. Maâzouz (ex-ministre des MRE) et M. Aziman , président de la Fondation Hassan II. Et à côté de tout ça, nous trouvons une panoplie de conventions et de traités dont l’efficacité reste à prouver. Exemple : l’accord signé en 2007 entre le Maroc et la Belgique autorisant cette dernière à extrader des détenus marocains ,ayant payé leurs impôts en Belgique et ayant commis des délits en Belgique, pour purger leur peine au Maroc. Justement, la question que se posent  maintenant tous les Marocains et pas que les MRE :

Comment peut-on maintenir 3 institutions  pour s’occuper du même et seul  dossier, celui des MRE, dans un pays connaissant  des contraintes budgétaires et où la Caisse de Compensation a dû arrêter la subvention  aux  carburants en 2014 ?

D’où  l’idée d’un certain nombre de MRE depuis une dizaine d’années,  d’organiser un méga-meeting consacré à la problématique des MRE,  pour mettre en place une nouvelle stratégie les concernant,  discuter des nouvelles propositions émanant de la société civile et enfin sensibiliser l’opinion publique aux difficultés rencontrées  dans les différentes régions du Maroc. Et justement, après des centaines de rencontres depuis 2002 dans différentes villes marocaines  au sujet des MRE,  Il a été décidé en Allemagne lors d’un salon dédié à la Région de l’Oriental  de tenir  la grande rencontre des Marocains du monde dans des localités ayant émis un très grand nombre de MRE, à savoir la commune de Beni Guil et la municipalité de Bouarfa et alentours. En 2011, cet évènement a été reporté vu le référendum sur la nouvelle constitution, puis les élections et la formation du gouvernement. Puis, en 2012, 2013 et 2014 les cabinets des ministres respectifs  chargés des MRE ont invoqué 3 raisons ;

  1. que cet évènement n’a jamais figuré sur leur agenda
  2. et qu’il n’ a pas de budget pour cela
  3. et que la demande par e-mail n’est pas acceptée

Mais, voilà quand même l’ordre du jour de cet évènement qui n’aura pas lieu (le cabinet du ministre actuel a même confirmé la date du 8 août 2014, puis  plus rien) :

-La fusion entre les 3 institutions chargées des Marocains du Monde pour ne garder que le CCME  (pas l’actuel)  tel qu’ officialisé par la nouvelle constitution.

– la garantie pour les MRE d’avoir 10% des sièges dans les Conseils régionaux  et  35 sièges au Parlement . Et ça n’a rien avoir avec la proposition du parti qui s’était d’abord  opposé  à l’entrée des MRE au Conseil économique et social, puis il est venu avec une proposition un peu tardivement.

– une liste indépendante pour MRE lors des prochaines élections avec possibilité de figurer sur les listes des partis pour ceux qui le souhaitent

– la présidence tournante des Agence de développement  MRE/Marocains résidant au Maroc

– la dissolution du CCME avant fin 2014

– la création d’une télévision pour MRE, sous forme de société coopérative responsable  dont le mandat consisterait à faire le lien entre tous les Marocains, dans la transparence et l’innovation, loin de la pagaille  organisée qui règne  jusqu’à présent.

– l’association des banques et de la Royal Air Maroc aux projets des MRE

– l’encouragement des compétences de l’étranger à soutenir le développement du pays

– l’assistance aux groupes vulnérables et défavorisés :  tels que nos chibanis, les sans papiers, les MRE expulsés d’Europe, d’Irak, de Syrie, de Lybie et d’ailleurs

– l’élaboration d’une politique nationale intégrée et prospective de la question migratoire

-le lancement d’une approche historique approfondie susceptible de déceler la complexité du flux migratoire et ses causes…

Evidemment, les attentes et aspirations des Marocains du monde sont nombreuses ; mais commençons par la mise en application des articles de la nouvelle constitution les concernant, pour faire gagner le Maroc.

—-Pour info :

Les MRE de Bouarfa et alentours  attendent l’ouverture de l’aéroport international de cette ville depuis 2004, l’ouverture de l’unique ligne de chemin de fer internationale au Maroc (Bouarfa-Oujda-Oran), le soutien pour la construction à Beni Guil  d’une école  supérieure des sciences de l’Espace, vu l’existence de compétences issues de la localité  et la construction d’une station solaire dans la localité appelée Khnag AL Atoche (barrage Sfisef). ; sachant que les critères exigés par le Plan solaire marocain y sont réunis : énormes réserves en eau, des compétences et du soleil toute l’année. Le soutien de la candidature de l’ex-mine de manganèse de Bouarfa (ayant été exploitée par  la Compagnie minière du Pas– de- Calais, cotée en bourse, à Paris) ,  pour son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, à l’instar des 5 sites miniers du Bois du Cazier belge. Enfin,  l’appel de  l’association Jnane pour le développement  local à Tendrara  demandant  la destruction des stocks de pesticides* périmés entreposés dans des maisons par des fonctionnaires de l’Agriculture depuis 2008. L’annulation de toute la délimitation faite par le Haut  Commissariat  aux Eaux et  Forêts depuis le colloque national sur les forêts à Ifrane en 1996. La délimitation étant  une procédure administrative régie par un cadre juridique réglementaire et procédural bien élaboré. Le problème est que tous les documents destinés à informer la population riveraine et à l’aider à sauvegarder ses droits d’usage légalement reconnus, étaient en langue française.

__________________________

*Le code international de conduite pour la distribution et l’utilisation des pesticides (FAO,1990), stipule ceci : les pesticides périmés doivent être éliminés, et les sols contaminés doivent être traités de la même manière que les pesticides périmés. Ainsi que le code éthique sur le commerce international des produits chimiques ; décision 16/35 du Conseil du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) de mai 1991, chapitre 19, résolution des Nations unies 47/190 déc.1992.

Les Tatars de Crimée

Belhaloumi Abdelrhani

Belhaloumi Abdelrhani

Par BELHALOUMI Abdelrhani

En 2008, les chars russes entraient sur le territoire de la Géorgie, en Ossétie du Sud. Le résultat a été l’amputation d’une partie du territoire géorgien, contre toutes les règles du droit international, et la création des deux républiques fantoches d’Ossétie du sud et d’Abkhazie, en Abkhazie, sur la côte de la Mer Noire (face à la Crimée).

Cette dernière a subit dernièrement une « invasion armée », avec plus de 2.000 soldats russes aérotransportés à Simferopol, capitale de cette république autonome du sud de l’Ukraine, où vivent des Ukrainiens, des Russophones et des Tatars.

Les Tatars* de Crimée sont une population turque vivant dans la région de Crimée d’Ukraine, dans les républiques de l’ancienne Union soviétique, dans les Balkans et en Turquie. Entre le XVe et le XVIIIe siècle, la Crimée était la leur et ils constituaient le khanat de Crimée, allié aux Ottomans, jusqu’à la conquête de leur territoire par la Russie .Une persécution de ce peuple commence alors avec la Guerre de Crimée de 1853 et la loi de 1860-63 et 1874, ce qui a causé un exode (nettoyage ethnique) des Tatars de Crimée vers l’Empire Ottoman (aujourd’hui la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie).

En 1921, Lénine décide de créer la République autonome des tatars de Crimée. Et pendant la Seconde Guerre mondiale, , le 18 mai 1944, toute la population tatare de Crimée a été victime de répression stalinienne et a été déportée en masse, comme une forme de punition collective, en Asie Centrale et dans les régions lointaines de l’Union soviétique. Beaucoup sont morts de maladie et malnutrition. Aujourd’hui, plus de 270 000 Tatars sont retournés en Crimée, luttant pour rétablir leurs vies et réclamer leur nationalité. L’Ukraine qui a recouvré sa souveraineté en août 1991 à l’occasion de l’effondrement de l’Union Soviétique, n’a pas donné la nationalité ukrainienne à tous les Tatars retournés en Crimée, depuis 1989.

La Crimée a alors fait partie de la Russie sous l’URSS et n’a été rattachée à l’Ukraine qu’en 1954. Elle abrite toujours les sous-marins nucléaires de la flotte russe en mer Noire. Pour rappel, la Russie compte 5 flottes (dont la Crimée et la Syrie)
-La flotte du Nord : la région de Mourmansk et Zapadnaya Litsa, font de cette zone la plus nucléarisée de la planète.
– La flotte du Pacifique : principale base à Vladivostok,
– La flotte de la Baltique : basée à St Petersbourg et à Kaliningrad.
– La flotte de la mer Noire : basée principalement en Crimée à Sébastopol
– . Et la flotte de la Méditerranée basée dans le port syrien de Tartous.

La Russie essaie d’effacer
l’humiliant souvenir du naufrage du Koursk, dans la mer de Barentz, le 12 août 2000. Et face à cette flotte, chaque année à Simféropol le 18 mai, autour de l’endroit où devrait s’élever un monument de la déportation tatare (toujours pas construit, faute de volonté des autorités ukrainiennes), on entend raconter l’histoire des Tatars, en présence de milliers de Tatars et Moustafa Djemilev. Ce militant de toujours de la cause tatare a fondé avec Andreï Sakharov le «groupe d’initiative pour la défense des droits de l’homme en URSS». En octobre 1998, au palais des Nations de Genève, Djemilev a reçu des mains du haut-commissaire aux réfugiés, Sadako Ogata, la médaille Nansen récompensant un militant qui s’est voué aux réfugiés.
Et pour conclure, espérons que la paix reviendra à la Crimée au plus vite.

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*Les Tatars (ou, déformé, Tartares) est un nom collectif donné à des peuples turcs d’Europe orientale et d’Asie. La plupart des Tatars vivent au centre et au Sud de la Russie, en Ukraine, en Bulgarie, en Chine, au Kazakhstan, en Roumanie, en Turquie, et au Ouzbekistan. On en dénombrait plus de 8 millions à la fin du XXe siècle. La plupart des Tatars sont musulmans. Enfin les Tatars comptent parmi eux le célèbre joueur de tennis Marat Safin (Russie). Ils forment l’un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus par la République Populaire de Chine.

Ködör ösêse tî Bêafrîka*

Par BELHALOUMI Abdelrhani-Bruxelles

Belhaloumi Abdelrhani

Belhaloumi Abdelrhani

La République centrafricaine (RCA) (ex- colonie française d’Oubangui-Chari) située au carrefour de plusieurs zones fragilisées par des guerres civiles, des années de crise, de conflits, de braconnage, de présence de groupes armés étrangers est en danger. Le Soudan du Sud voisin « au bord du précipice » de la guerre civile, le Soudan, le Cameroun,, le Tchad, le Congo, et la République démocratique du Congo pas stables. La RCA est le pays du ‘par où commencer ?’, appelé aussi depuis le 18e siècle : le pays des 4 malédictions : l’occupation française, le diamant,  le syndrome hollandais(1) et l’enracinement de la culture de rébellion militaire.

Tout a commencé avec le partage de ce pays  entre français et belges en 1885,  de part et d’autre du fleuve Oubangui. Puis, le premier affrontement  en 1889 entre Rabah ou Rabih Azzubayr , le sultan du Bournou (2) et la France sur son chemin pour la conquête brutale de son empire et du Tchad ; avec l’assassinat de  Fadlallah (fils de Rabah),  et  de Mohammed Al Sanussi à l’instigation des Français. L’exploitation du diamant a débuté en 1927(3)avec l’impossibilité pour la population d’avoir accès aux ressources naturelles du pays. Il y’a eu aussi la mort de  Barthélemy Boganda, considéré comme le père fondateur de la République, le 29 mars 1959,  dans un accident d’avion dont les causes n’ont jamais été élucidées. Le pays devient la République centrafricaine le 1er décembre 1958 et proclame son indépendance le 13 août 1960. L’autoritaire David Dacko devient le 1er président de 1960 à 1965 (et 1979 à 1981). En 1965, lors du « coup d’État de la Saint-Sylvestre », Jean-Bedel Bokassa renverse son cousin David Dacko et prend le pouvoir et devient empereur en 1976. En septembre 1979, « l’opération Barracuda », organisée par la France, renverse Bokassa et remet au pouvoir David Dacko qui sera chassé du pouvoir le 1er septembre 1981 par le général André Kolingba. André Kolingba restera au pouvoir jusqu’en 1993. Il lui succède Ange-Felix Patassé de 1993 à 2003, et François Bozizé de 2003 à 2013, aussi 10ans et 2 guerres civiles .Il s’ensuit, début 2013,  la déliquescence de l’armée centrafricaine, des dérives politique et une paupérisation sociale sans précédent dans l’histoire de la République Centrafricaine. Le président, s’est même moqué du peuple en demandant à la population de prier pour obtenir une manne divine. Une journée nationale du jeûne avait été observée fin 2012 sur ordre présidentiel. Les dignitaires actuels du régime affichent avec arrogance leur train de vie opulent en contradiction flagrante avec la réalité marquée par la souffrance et la famine de la population. Le 24 mars 2013, le président Bozizé s’enfuit et Michel Djotodia s’auto-proclame président. La France a réussi à le  pousser à annoncer sa démission le 10 janvier 2014, officiellement c’est la CEEAC (4) réunie à Ndjamena.

On dit que Djotodia ne gouverne que le camp de Roux où se trouve sa villa fortifiée et celles des dignitaires du régime. L’ensemble de la population est considéré en situation de risque grave sur le plan humanitaire dans ce pays enclavé, sans accès à la mer, et partagé entre savanes et forêt équatoriale, avec des frontières arbitraires et poreuses, imposées par les colonisateurs,  et où on retrouve tous les groupes des pays voisins.

La présence parmi les rebelles de la Séléka de Martin Koumtamadji, alias Abdoulaye Miskine, responsable de graves violations des droits de l’Homme, tout comme les milices anti balaka, représente un danger pour le pays. Et là, on s’interroge sur le bien fondé et la durée de l’intervention française ‘l’opération Sangaris’. Une opération qui se fait laborieuse et complexe et peut-être devient-elle  (in)justifiée.

De toute façon , il s’agit d’une mission difficile à laquelle les Français ne sont pas préparés face à l’engrenage des affrontements intercommunautaires et à devoir s’interposer entre les forces d’interposition. C’est le piège centrafricain quand on fait de la géopolitique caviar, en perdant de vue les acteurs locaux.  Les troupes françaises  sont au cœur d’une situation quasi inextricable, et leur présence cristallise la colère des uns et des autres. Les Vingt-Huit pays membres de l’Union européenne prennent le temps jusqu’à  fin janvier 2014 pour étudier une option pour soutenir les opérations africaine et française.  La France, il est vrai, a été partout : Côte d’Ivoire, Libye en 2011,Mali en 2013, projets de frappes militaires contre le régime syrien, durcissement de l’accord international sur le programme nucléaire iranien… Bref, la France est toujours en première ligne, et elle ne voit pas ses limites entant que puissance moyenne affaiblie par ses problèmes budgétaires. Pierre Lellouche, un député français  a dit « …nous sommes devenus les mercenaires gratuits des pays de l’UE ». Malheureusement, la situation en République centrafricaine ne peut trouver une solution militaire, mais une solution politique durable impliquant l’ensemble des pays de la sous-région en vue d’éviter la contagion  et en incluant les groupes armés, comme l’avait fait la France en discutant avec les terroristes des Farc, l’Espagne avec l’Eta et la Grande Bretagne avec l’Ira.

Martin Mc Guiness, ancien combattant de l’Arme républicaine  irlandaise(IRA) a même pu participer à la campagne présidentielle en Irlande du Nord en 2011.

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*en sango

(1)On parle de ‘syndrome hollandais’ pour décrire les effets économiques et sociaux d’une rente économqiue basée sur des ressources naturelles

(2) le Bornou était un empire sahélien remontant au Moyen Âge

(3) Selon un rapport de l’International Crisis Group sur le sujet (De dangereuses petites pierres – les diamants en République Centrafricaine, décembre 2010 Les racines du mal .[Réf.en français :  Gaston Dujarric, La vie du sultan Rabah, Paris (J. André)  1902.  En allemand:  Von Oppenheim, Rabeh und das Tsadseegebiet, Berlin 1902]

(4)La Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC)